Bougez pour l'IVG

Publié le 18 Janvier 2015

Bougez pour l'IVG

40 ans ! La loi légalisant l'IVG en France a 40 ans aujourd'hui et plusieurs manifestations s'en faisaient l'écho en France ce samedi, dont la rencontre "Bougez pour l'IVG" à la mairie du 4e à Paris, organisée par les FEM (féministes en mouvements) qui rassemblent une quarantaine d'associations.

Afin de défendre le droit à l'IVG en Europe, attaqué par plus d'un million de conservateurs européens pétitionnaires, pensez à signer la "contre" pétition sur :

https://secure.avaaz.org/fr/petition/gouvernements_dEurope_Nous_voulons_le_droit_a_lavortement_pour_toutes_les_femmes_dEurope

Lors de l'ouverture de la journée, en présence d'Hélène Bidard (en charge des droits des femmes à la ville de Paris), Anne Hidalgo puis Pascale Boistard ont rappelé leur attachement et leur engagement pour une loi qui, en permettant aux femmes de disposer de leurs corps en maîtrisant leur fécondité, leur a donné des outils pour cultiver leur liberté et fait advenir la possibilité d'une plus grande égalité entre les hommes et les femmes. Toutes les femmes nées après 1960 ont pu (théoriquement) en bénéficier, contrairement à leurs aînées qui devaient subir des grossesses non désirées ou mettre leurs vies en péril pour les interrompre, tout en se mettant hors la loi. En gardant à distance les injonctions des religions, c 'est l'espace de la laïcité qui permet aux femmes de revendiquer pleinement l'universalité de leurs droits fondamentaux, toujours entravés par les pouvoirs religieux qui freinent encore trop souvent les projets de lois à l'échelle internationale, afin de conserver leur emprise sur le corps des femmes - et par la même de contrôler leurs vies en même temps que leurs esprits.La journée sera dédiée aux journalistes de Charlie assassinés, Charlie Hebdo qui avait soutenu les femmes dans le combat pour l'avortement à l'époque.

Ce n'est que lorsqu'elles prennent pleinement conscience que le privé est politique et qu'elles seules peuvent être les actrices de leur libération, que les femmes, dans tous les pays du monde, se mettent en mouvements pour conquérir leurs droits, face à des résistances masculines plus ou moins féroces.

Concernant le droit à l'IVG, le déroulement de la journée en fera un état des lieux en demies-teintes.

Conduits par Françoise Picq, quatre duos d'échanges entre deux générations de militant-e-s nous rappelleront l'historique du droit à l'avortement en France, un droit encore tout neuf qu'il convient de préserver afin de ne pas le voir régresser ou même disparaître.

Le premier rassemblait deux militantes du MPF et d'OLF (Osez le féminisme)

C'est avec un certain retard sur les pays anglo-saxons que la France va commencer à permettre aux femmes de planifier la naissance de leurs enfants. Dans la France d'après guerre qui voulait remplacer ses forces vives décimées par 6 années de conflit, il était encore interdit de parler de contraception et d'avortement. N'oublions pas que Marie-Louise Giraud, une des dernières femmes condamnées à mort et exécutées en France, le fut sous le régime de Vichy pour avoir été une "avorteuse". Dans un grand nombre de pays aujourd'hui - sinon toujours en droit du moins en fait - contraception et avortement restent matériellement inaccessibles au plus grand nombre.

C'est d'abord sous le nom de "Maternité heureuse" que les femmes se sont associées en 1956 pour prendre leur destin procréatif en mains, après les premières expériences d'accouchement prophylactique - dit "sans douleur" - par le docteur Lamaze en 1952 à la clinique des Bluets (Métallos). En refusant "d'enfanter dans la douleur" comme les y enjoignait la Bible (et les hommes, médecins compris) depuis des siècles, les femmes françaises (et certains médecins éclairés qui les y aideront) ouvriront une brèche dans le pouvoir de l'église qui leur dictait une soumission totale aux dogmes religieux sur ces questions. En 1960, l'association deviendra la mouvement pour le planning familial (MPF) et en 1961, les lieux d'accueil recevant les femmes et les couples ont permis à leurs "hôtesses" de mesurer l'immense ignorance d'un grand nombre d'individus concernant le fonctionnement de leur propre corps - en matière de sexualité et de reproduction.

Alors que l'IVG est autorisée dès 1967 au Royaume-Uni, il faudra attendre 1971 pour qu'ait lieu la première manifestation le réclamant en France, où d'ailleurs la contraception ne sera autorisée qu'à partir de 1972 (date des premiers décrets d'application de la loi Neuwirth votée en 1967). Ce n'est qu'en 1973 que le MPF entrera dans la lutte pour le droit à l'avortement que pratiquaient alors de plus en plus de médecins de façon clandestine, afin de lutter contre les avortements "sauvages" qui coutaient la vie ou mutilaient des milliers de femmes chaque année. Dans Le deuxième sexe, Simone de Beauvoir donne l'estimation de 500 000 avortements pratiqués de toutes sortes de façons en France en 1938.

Le manifeste des 343 femmes ayant déclaré publiquement avoir avorté - dans le nouvel observateur en 1971- et le procès de Bobigny en 1972 (d'une adolescente et de sa mère qui l'avait aidée à avorter suite à un viol) vont avoir un énorme retentissement dans la société française qui, depuis mai 68, multipliait les revendications pour plus d'égalité de classes et de libertés individuelles. Suite à la mort de Pompidou, la question de l'avortement va passer du ressort de la justice à celui de la santé.

Les revendications des femmes (et des hommes) qui manifestent et militent inlassablement deviennent incontournables et Valéry Giscard d'Estaing confiera le dossier à sa ministre de la santé, Simone Veil, afin qu'elle conduise un projet de loi qui rencontrera l'opposition de la droite (catholique) la plus conservatrice. Et si elle emportera finalement le vote des députés le 17 janvier 1975, ce ne sera pas sans avoir essuyé quolibets, insultes et campagnes de diffamation. La loi est d'ailleurs adoptée "à l'essai" pour 5 ans, ce qui est tout à fait inédit, et il faudra la vigilance des féministes pour qu'elle soit adoptée définitivement par la suite. Dans les années 80, apparaitront d'ailleurs des commandos "anti-IVG" très ancrés à droite et plus ou moins violents (prières de rue à proximité des centres d'IVG, pressions sur les candidates à l'IVG, enchaînement à des grilles d'hôpitaux...) La loi a été régulièrement attaquée par les fractions les plus conservatrices de l'assemblée nationale (Marine Le Pen a parlé "d'avortement de confort" dont elle prônait le déremboursement par la sécu), il aura fallu attendre 2014 pour que la notion de détresse soit ôtée du texte de loi et que l'on reconnaisse enfin aux femmes françaises le droit absolu à décider d'avoir un enfant si elles veulent, et quand elles veulent - sans avoir à se justifier.

Droit qui leur est encore contesté par certains, et rendu souvent difficile d'accès par des politiques publique de plus en plus austères en matière de santé, qui conduiront à la fermeture d'un grand nombre de centre pratiquant l'IVG en France ces dix dernières années et à l'affaiblissement du MPF et de sa mission d'éducation à la sexualité, de prévention et d'information - en particulier auprès des jeunes.

Trois autres duos se succéderont : MLAC (mouvement pour la liberté de l'avortement et de la contraception)/ Femen, puis 2 médecins pratiquant des IVG aujourd'hui, et enfin deux représentants de mutuelles, nous permettront de mesurer à la fois la stigmatisation encore fréquente des candidates à l'IVG, les difficultés rencontrées dans le parcours médical, les obstacles matériels à l'IVG en France et l'importance des politiques mutualistes en matière de santé publique.
Nous mesurerons aussi avec les Femen à quel point le corps des femmes reste un enjeu politique et combien l'exhibition de sa nudité dérange encore lorsqu'elle sert des revendications libertaires et plus des intérêts mercantiles. Si les Femen sont régulièrement poursuivies en justice, les prières de rue des intégristes et autres activisme anti-ivg restent souvent tolérés et rarement poursuivis malgré que nul ne peut obliger une femme à poursuivre une grossesse (délit d’entrave loi n°93-121 du 27/01/1993 dite "loi Neiertz").

Avant de passer aux échanges de deux jeunes militantes d'OLF et du MPF avec Marisol Touraine, Chloé Ponce-Voiron continuera avec talent à nous faire rire des pérégrinations d'une candidate à l'avortement. Il faut dire que dans un pays où c'est légal et pris en charge médicalement, l'avortement n'est plus un drame - contrairement à ce que vivent encore des millions de femmes dans le monde comme nous le verrons par la suite.

C'est d'ailleurs bien ce qui est demandé à la ministre, de veiller à ce que soit assurée cette mission de service public qui doit permettre à toutes les femmes d'avorter gratuitement et sereinement sur tout le territoire français. Deux questions sont soulevées : la sécurité et la protection de l'anonymat pour les mineures, et la demande de suppression du délai de carence de 7 jours encore en vigueur.

Après la pause déjeuner, les 3 jeunes femmes de "Sois belle et Tais Toi pas" nous offriront un moment de Slam-Chanson-Stand up autour de l'IVG et du droit à disposer de son corps. Un sujet difficile qu'elles traitent avec talent, humour et poésie...

Animée par Monique Dental (du réseau Rupture), la table ronde " Qui a peur de la liberté des femmes ? " verra Fiametta Venner nous rappeler les méthodes mises en œuvre par les responsables religieux pour s'opposer aux droits des femmes, en particulier à l'avortement et à la contraception : lobbying, alliances inter-religieuses à l'Onu, discours accusateurs ou moralisateurs, violence, désinformation, détournement du vocabulaire "des justes" de la dernière guerre mondiale au profit des opposants à l'IVG.


Annie Sugier (cofondatrice de la Ligue internationale du droit des femmes) développera ensuite le poids de ces alliances contre les libertés des femmes au niveau international. Alors qu'on estimait à plusieurs dizaines de millions les avortements clandestins pratiqués dans le monde chaque année, la CEDAW (The Convention on the Elimination of All Forms of Discrimination against Women) sera adoptée en 1979 à l'ONU, en intégrant les revendications des luttes des années 70.On peut se demander si elle pourrait encore être votée aujourd'hui ! Sa ratification et son respect restent à obtenir dans bon nombre de pays qui renâclent à sa mise en œuvre et se retranchent derrière traditions ou croyances locales pour réfuter l'universalité du droit des femmes à disposer de leur corps. L'église catholique s'est dès 1968 prononcée contre la contraception et l'IVG par la bouche de Paul VI, dans un texte écrit par un cardinal polonais qui deviendra par la suite le pape Jean-Paul II, et qui mobilisera dès 1994 les cardinaux dans la lutte contre l'IVG - à grand renfort d'articles dans la presse, de mensonges ou de menaces... L'église catholique n'hésitera devant aucune alliance avec certains pays musulmans comme l'Arabie saoudite ou l'Iran pour bloquer les conférences sur le droit des femmes. Ils réussiront à faire adopter un compromis historique d'où il ressort que l'IVG n'entre pas dans la planification des naissances et dépend donc des lois nationales et non des instances internationales. En Europe le RV a aussi été manqué en 1999, en ne faisant pas mention de l'IVG dans la charte des droits fondamentaux des européen-ne-s adoptée en 2000 et entrée en vigueur en 2007 dans le traité européen. Gageons que s'il avait concerné directement les hommes, il y serait !

Que ce soit au Caire, à Pékin, ou en Europe, l'alliance des conservatismes continue à freiner très sensiblement l'émancipation des femmes et la reconnaissance de l'universalité de leurs droits.

Martine Storti poursuivra cette table ronde par une analyse des « procès » faits aujourd'hui au féminisme, accusé par certains de tous les maux de la société ( fin de la différence des sexes, destruction de la famille, perte de repères des hommes, féminisation et donc avachissement de la France, triomphe du matriarcat etc.) Si Eric Zemmour est l’une des incarnations de ce discours caricatural, Martine Storti a insisté sur le fait que la mise en cause du féminisme n’était pas seulement le fait des anciens et habituels traditionalistes ou conservateurs. Elle peut émaner aussi d’intellectuels ou de courants se réclamant de la gauche ou en étant issus, ainsi d’ailleurs que l’a montré en 1974 la polémique autour des ABCD de l’égalité. Il convient donc d’être vigilant de riposter à ceux qui finissent par mettre en cause, voire à récuser l’émancipation des femmes, au prétexte qu’elle serait pour certains occidentale et néo-impérialiste, complice et actrice du néolibéralisme économique et financier pour d’autres. Riposte d’autant plus nécessaire dans ce moment historique où dans de très nombreux pays la soumission des femmes est un marquage identitaire et un enjeu politique.

Le collectif contre le masculinisme IDF conclura d'ailleurs ces interventions par une mise en lumière des actions de lobbying et de lutte contre le droit des femmes des groupes masculinistes à l'œuvre aujourd'hui, que ce soit contre l'IVG ou pour le droit d'intervenir sur la grossesse, pour les droits des pères, par la négation des violences masculines ou la critique des "paternités imposées" et la lutte contre la recherche en paternité.

Avec "Partout elles se bougent pour l'IVG", nous ferons un (rapide) état des lieux du droit à l'IVG dans différents pays.
Au Mali avec Maimouna Dioncounda Dembélé, où il est encore interdit sauf indications thérapeutiques. Si le nombre des femmes qui subissent des mutilations génitales est estimé à 85%, et à 100% celui de celles qui subissent au moins une des 20 violences faites aux femmes répertoriées au Mali (mariage précoce, viol, harcèlement etc), le droit à disposer de son corps sera encore un long combat pour les femmes dans un pays où les actions pour l'IVG ou la contraception (soutenues par Amnesty international) ne regroupent qu'un petit nombre de participant-e-s alors que les instances des pouvoirs traditionnels rassemblent les gens par milliers.

Ibtissame Betty est venue du Maroc pour nous parler de son mouvement "MALI" (mouvement alternatif pour les libertés individuelles) encore bien peu soutenu par une population conservatrice en matière de droit des femmes et d'émancipation des individus. L'IVG est interdit, l'éducation sexuelle inexistante et les libertés individuelles sont sévèrement encadrées par le pouvoir en place et soumises aux pressions religieuses.

Olga Gonzalez (association Aquelarre en Colombie) brossera ensuite le tableau du droit à l'IVG en Amérique centrale et latine où il n'y a que Cuba et l'Uruguay qui l'autorisent. Certains pays le pénalisent même très sévèrement comme le Salavador où l'emprisonnement peut dépasser 30 ans (même en cas de fausse-couche accidentelle si elle est suspectée d'être volontaire) Partout ailleurs les femmes luttent, manifestent et avortent clandestinement au prix de leur vie ou de leur santé, face à des gouvernements qui, même de gauche, restent soumis au lobbies religieux, et/ou aux opinions réactionnaires.


Ensuite Hazal Atay et Leticia Zenevich exposeront une initiative intéressante : "Women on waves", un bateau battant pavillon néerlandais qui peut effectuer des avortements dans les eaux internationales après avoir fait escale dans les ports de pays interdisant l'avortement, comme l'Irlande par exemple. Dans les faits cela se révèle parfois compliqué, mais cela permet au moins d'introduire le débat. Enfin Geneviève Garrigos nous exposera l'engagement d'Amnesty International pour le droit à l'IVG (pétitions en ligne dans le cadre des actions "Mon corps, mes droits")

https://campaigns.amnesty.org/fr/campaigns/my-body-my-rights

Suite à ces interventions, Isabelle Alonso reviendra avec humour et gravité sur les événements de ces 40 dernières années en France, où les femmes ont bénéficié du droit à l'avortement, un droit qu'il faudra défendre pied à pied pour que les générations à venir puissent encore l'exercer et avoir un enfant si elles veulent et quand elles veulent... Elle termine son intervention en nous chantant sa version de la Marseillaise qui devient une ode à la maternité choisie et ...heureuse !

Enfin la dernière table ronde animée par Françoise Morvan reviendra sur le droit à l'avortement en Europe. Entourée de Viviane Teitelbaum qui présente les activités du Lobby européen des femmes, d'Irène Donadio de la Fédération internationale du planning familial qui nous présentera la campagne "I decide" qui vise à rassembler 1 million de signature pour le droit au choix de la maternité :http://www.ippf.org/idecide

de Siobhan Sorgo qui exposera le cas des irlandaises que l'on laisse encore mourir en défendant la vie du foetus envers et contre tout - même en cas de viol, de Kata Kevehazi qui évoquera les reculs vécus par les hongroises en matière d'IVG depuis la chute du communisme, et de Pilar Aguilar (initiatrice du film : El tren de la libertad") qui reviendra sur les combats des femmes espagnoles pour préserver leur droit à l'IVG contre un gouvernement conservateur dont certains de ses membres sont issus du franquismes ou inféodés à l'Opus Dei. Droit que l'immense mobilisation des féministes françaises et européennes a contribué à sauvegarder !

En conclusion, le droit à l'avortement doit devenir un droit fondamental des Européennes et être reconnu partout ailleurs. Il ne peut exister de liberté ni d'égalité f/h sans liberté et droit à disposer de son corps. Dans leurs revendications pour desserrer l'étau de la domination masculine, les femmes du monde entier s'appuient sur les droits acquis par les femmes les plus avancées en matière de liberté et d'égalité f/h et la France reste un phare vers lequel se tournent leurs regards quand les vents se font mauvais dans leurs pays. Nous devons non seulement défendre et faire progresser le droit à l'IVG des européennes, mais soutenir tous les mouvements d'émancipation des femmes dans le monde. Tant que toutes les femmes ne seront pas libres nous devrons nous battre, tant que des femmes seront opprimées nous devrons craindre de possibles régressions des droits acquis là où ils semblent irréversibles ! Un droit qu'on n'utilise pas est un droit qui meurt... cela vaut aussi pour la démocratie.

Pour poursuivre cette réflexion, je vous invite à lire "L'événement" d'Annie Ernaux, qui donne une compréhension intime et sobre de la façon dont peut être vécue un avortement lorsqu'il doit être clandestin...mais aussi de découvrir "Le choix", la nouvelle BD des Frappier sur l'avortement.

Bougez pour l'IVG

Rédigé par Olympe

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Catherine Combes 26/01/2015 11:35

Super compte rendu qui souligne à quel point ce combat n'est jamais gagné... Et je m'associe au commentaire sur Charlie. Mon grand regret, comme le disait Benoite Groult, c'est qu'il n'y ait jamais eu de "Charlotte hebdo"L'humour, l'impertinence, l'insolence peuvent aussi être des armes redoutables contre la bêtise meurtrière de ce monde machiste même si c'est risqué !!!

Annie Sugier 18/01/2015 13:56

Je suis intervenue lors de cette conférence, mais j'ai surtout écouté et apprécié la force et l'héroïsmes des femmes ( et des quelques hommes) qui dans des sociétés conservatrices (car appliquant des lois religieuses) pénalisent l'avortement. Je crois que nous avons franchi lors de ces rencontres un pas important : comprendre que l'enjeu n'est plus national mais international et d'abord européen. Comme l'a dit l'intervenant espagnole, c'est la mobilisation internationale qui a fait reculer le gouvernement de son pays. Tous les pays sont attachés à leur image, nos manifestations leur ont fait honte. Pour faire bouger les NU il faut d'abord faire bouger l'Europe.

annie sugier 18/01/2015 17:51

Je viens de relire cet excellent compte rendu à propos duquel j'ai écrit le commentaire plus haut, mais je réalise qu'il manque quelque chose: c'est l'accent mais sur la laïcité: j'ajouterais ceci:En introduction la représentante des FEM a rappelé notre solidarité avec Charlie qui a constamment soutenu les combats féministes pour la liberté de l’avortement :

“ Alors nous dédions cette rencontre à Charlie en nous souvenant de leur “Une” au moment de la sortie du manifeste des 343 en faveur de l'avortement en 1971”.

“En nous souvenant qu’ils sont morts pour la liberté et pour dénoncer ceux qui voudraient réintroduire la loi religieuse, le délit de blasphème, et la soumission du corps des femmes à un destin biologique. Ils ont redonné des couleurs au combat laïque”.

Anne Hidalgo a quant à elle affirmé avec force son attachement à la laïcité, inséparable du combat des femmes pour la liberté de disposer de leur corps.

Le sketch d’Isabelle Alonzo était tout aussi fort et laïque, ainsi que nombre de nos interventions.