Publié le 26 Mars 2011

Je m'inquiétais récemment de la situation actuelle de la solidarité féminine... j'en ai rencontré un magnifique exemple à Auch où je vous invite à découvrir l'exposition

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Non pas d'une forme de solidarité "aveugle" qui soutiendrait n'importe quelle action ou propos sous prétexte qu'ils émanent d'une femme, mais celle qui réchauffe le coeur et l'âme et se nourrit  de réflexions, d'engagements et de passions communes. Je soulignerai ici aussi que c'est le travail de Philippe qui a rendu possible cette double exposition et que c'est lui qui a suscité et fait converger toutes les énergies nécessaires à la mise en oeuvre de ce projet gersois.

 

Je tiens donc à remercier ici les membres du planning familial d'Auch pour leur disponibilité autour de mon exposition dans leur ville. Elles accueilleront quotidiennement les visiteurs à l'espace Cuzin et recevront les classes en apportant à celles et ceux qui le désirent des outils pour nourrir une réflexion autour de la mixité et de l'égalité.

A signaler l'action qu'elles viennent de mener avec succès contre la mise ne place d'un concours de "mini miss" dans le Gers. Je reviendrai ultérieurement sur tous ces médias mis en place pour lobotomiser les filles dès leur plus jeune âge...généralement avec la complicité de leurs mères !

Pour contacter nos amies gersoises du MFPF, sachez qu'elles sont pour le moment hébergées par la fédération du Gers de la Ligue de l'enseignement et que vous pouvez les joindre au 06 70 60 77 18.

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Rédigé par Olympe

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Publié le 16 Mars 2011

J'ai appris hier que le Collectif National pour les Droits des Femmes a décidé de faire de l'année 2011 une année d'actions pour l'égalité de salaires entre les femmes et les hommes.

Pour lire leur déclaration d'intentions, suivre, soutenir ou organiser des manifestations pour faire avancer nos droits et ceux de nos filles, consultez leur site

http://collectifdroitsdesfemmes.org/spip.php?page=article&id_article=297

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Rédigé par Olympe

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Publié le 13 Mars 2011

Really ?

Prouvons-le, au quotidien, en réfutant aimablement, mais fermement, tout ce qui l'empêche, la réfute ou la tourne en dérision. Pour nourrir vos réflexions, je vous propose un film à voir en famille, et un livre, plus théorique, dont le sérieux et la justesse ne peuvent qu'affiner et faire progresser nos analyses sur le sujet.

Commençons donc par le film de Nigel Cole,  We want sexual equality, dans lequel il met en scène un fait historique, une grève d'ouvrières dans leur atelier d'une usine Ford en Angleterre à la fin des années 60. A cette époque il était non seulement habituel mais tout à fait légal et accepté par tous (et toutes) de payer les femmes moitié moins que les hommes pour le même travail... Leurs salaires étaient dits "d'appoint", ce qui permettait de maintenir en position de faiblesse celles qui les recevaient. Même qualifiées, on les plaçait au plus bas niveau de la grille de salaires... Jusqu'au jour où elles se révoltent, fermement, en faisant une grève à laquelle aucun homme ne croyait au début, et que certains syndicalistes hommes vont même tenter de casser pour défendre ce qu'ils pensent être les intérêts non pas des ouvriers dans leur ensemble, mais des ouvriers de sexe masculin. On voit bien comment l'oppression du système capitaliste dominant trouvait son compte à maintenir des inégalités entre les hommes et les femmes, à les séparer en deux classes ouvrières bien distinctes aux intérêts apparemment antagonistes...les revendications concernant  les femmes étant toujours subordonnées aux avancées des conditions de travail des hommes, autant dire toujours remises aux calendes grecques, frappées d'invisibilité ou d'inopportunité par l'urgence et la primauté des combats masculins... Les menaces de délocalisation clairement proférées par le PDG de Ford n'intimideront pas la ministre en charge du dossier qui fera dans un premier temps réévaluer le salaire des ouvrières et dans un second temps voter une loi sur l'égalité des salaires en Angleterre.

Les délocalisations sont venues, plus tard, et les travailleurs d'Asie et d'ailleurs ont encore bien des luttes à mener pour obtenir des conditions de travail décentes, que nous peinons à maintenir en Europe...

 

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Ce qui m'a frappé dans le film de Cole, c'est la solidarité féminine indéfectible qui règne entre toutes les protagonistes : les ouvrières, la ministre, et la femme du jeune cadre "supérieur" de Ford qui traite sa femme (universitaire) comme une bonniche un peu simplette... Peut-être un peu survalorisée pour les besoins du film, je m'interroge sur son existence dans le monde d'aujourd'hui qui a bien du mal à motiver de grandes luttes collectives revendiquant égalité ou justice... (défense des services publics par exemple) Les divisions de classe ont changé de formes mais n'ont pas disparu. Je m'interroge quand je vois le nombre de jeunes africaines (surtout) qui sont amenées à confier leurs propres enfants dans leurs pays d'origine pour venir s'occuper des nôtres... ça me rappelle l'époque des nourrices... les stratégies individuelles évitant de s'impliquer dans les causes collectives (création de crèches ou de modes de garde efficace... il manquerait environ 320 000 places de crèche par an en France... et pour porter remède au problème aujourd'hui on se propose d'augmenter le nombre d'enfants par adulte encadrant, et de baisser l'exigence de qualification au recrutement...Et pourquoi ne prend-on pas de sérieuses mesures pour obliger les entreprises à ouvrir des crèches en leur sein ? L'aide, pourtant substantielle, que l'état leur octroie depuis 2004 pour s'installer ne semblant pas assez motivante. Cela permettrait pourtant d'améliorer considérablement les conditions de vie des parents salariés et l'articulation entre vie professionnelle et vie privée - pour les hommes comme pour les femmes...

Pour revenir aux différences de salaires, elles sont encore de 17,5% en moyenne dans l'ensemble de l'Union Européenne. (cf http://www.eurosduvillage.eu/Egalite-femmes-hommes-ou-en-est-l,4687.html )

C'est un injustice criante qui devrait nous mobiliser toutes jusqu'à sa disparition...

D'autant qu'elle se répercute avec force sur nos perspectives de retraite !

 

Celles et ceux qui veulent approfondir leur analyse de la question de l'égalité entre les sexes liront avec profit (et bonheur) La controverse des sexes de Geneviève Fraisse (puf quadrige 2001).

Nous sommes identiques aux hommes en tant qu'êtres humains doués de raison, mais différentes d'eux par notre sexe - comme ils sont différents de nous par le leur. Cette différence n'est pas fondée à instituer une hiérarchie, sauf quand c'est la loi du plus fort qui la justifie, celle du barbare qui ne sait pas user de sa raison pour résoudre les conflits, mais seulement de sa force "virile" (?)... Les religions du livre ont également revendiqué la soumission des femmes aux hommes (et donc justifié une domination masculine qui s'est répandue avec elles), instaurant une inégalité de fait qui a contribué à freiner l'émancipation des femmes pendant des siècles. Aujourd'hui la laïcité de la société me semble être la condition première de la mise en œuvre d'une réelle égalité entre tous les humains. Indispensable, mais non suffisante...

Il n'y a pas d'égalité concrète sans une liberté inconditionnelle des femmes. Et cette liberté reste très largement entravée par une domination masculine qui s'emploie toujours largement à contrôler le corps des femmes ou à en user selon son bon plaisir. (cf la situation du droit à l'avortement et à la contraception en Europe - et dans le monde)         

Aussi, bien que les choses aient sans conteste beaucoup progressé depuis  40 ans et que les femmes aient légalement accès aujourd'hui à presque toutes les professions, de nombreux combats restent à mener pour que ces droits se traduisent dans les faits par une réelle égalité des parcours professionnels, des salaires et des retraites !

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Rédigé par Olympe

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Publié le 9 Mars 2011

Au vu du nombre de visiteurs et surtout de visiteuses croisés cet après-midi à la galerie des bibliothèques (de la ville de Paris) au 22 rue Malher dans le 4ème arrondissement de cette même ville, l'information a déjà très bien circulé.

Je rappelle donc à ceux qui n'ont pas encore pris le temps de s'y rendre qu'il ne leur reste plus que 4 jours pour suivre ce parcours en images qu'Annie Metz et Florence Rochefort nous ont concocté en faisant un énorme travail de sélection dans le fonds, très riche et encore trop méconnu, de la bibliothèque Marguerite Durand.

 

Heureusement surprise par la jeunesse et l'attention d'un bon nombre de visiteurs, j'ai pu découvrir les photographies originales (que ceux qui ne pourront voir l'exposition peuvent consulter dans le beau catalogue édité pour l'occasion) qui nous racontent tout un pan de l'histoire des femmes depuis un peu plus d'un siècle. Que ce soit leurs luttes ou leurs succès, ils disparaissent la plupart du temps sous la " grande histoire " toujours écrite à la gloire des hommes et surtout, de leur point de vue, de celui des vainqueurs et des possédants... Le temps qui passe ne laissant qu'un mince dépôt à la surface de la mémoire humaine, l'écriture de l'histoire et sa production de documents restent encore un enjeu de pouvoir essentiel. Même si les historiens ont ouvert de nouveaux champs d'exploration ces dernières décennies en adoptant des points du vue rarement pris en compte précédemment, on aimerait que l'histoire des femmes ne reste pas un sous chapitre plus ou moins considéré. La plupart des réussites féminines importantes sont éclipsées par des réalisations masculines - même si elles sont de moindre valeur... (intellectuelles, scientifiques, créatrices, sportives...) Pourquoi devons-nous sans cesse rappeler que nous ne sommes pas une "minorité " et que nous devons participer à égalité et à part entière à tous les moments de la civilisation des humains ?

Dans les années 70, les femmes ont fait irruption dans la vie publique en chantant et en dansant. Ce qui n'enlevait rien de la gravité de leurs combats et revendications - pour de meilleures conditions de travail, de salaires, le droit à l'avortement, l'autonomie morale et matérielle des femmes, le choix de sa sexualité, la dépénalisation de l'homosexualité et la liberté de procréer - ou pas, la pénalisation du viol et de toutes les violences faites aux femmes...

 

Les années 2010 ne sont plus animées par le vent de liberté soufflé par les années 60 et leurs bouleversements sociaux pleins d'espoirs nouveaux, espérons cependant que les femmes d'aujourd'hui sauront s'emparer pleinement d'un droit pour lequel des générations de femmes d'hier se sont battues pied à pied face à des hommes qui leur déniaient le droit à une citoyenneté pleine et entière. Le droit de vote, dont les luttes sont bien retracées dans l'exposition.

Levons-nous pour prendre la place qui nous revient dans les choix politiques du monde qui dessinent aujourd'hui notre vie de demain et celle de nos enfants. Ne laissons plus les hommes nous écarter des champs du pouvoir, souvent par des petites compromissions du quotidien qui nous détournent artificiellement des enjeux sociopolitiques vitaux. Laissons-les garder les enfants, préparer les repas et faire la lessive non pour aller faire un shopping ou un jogging, mais pour nous mêler de ce qui nous regarde, la marche du monde ! Investissons en masse la vie de la cité pour faire advenir une vraie parité, et surtout veillons à ne pas cautionner ceux qui font actes de misogynie ou professions de foi de phallocratie. Il y a encore aujourd'hui des humains qui perdent la vie pour faire advenir la démocratie dans leur pays et avoir le droit de vote, le droit de choisir le contrat social qu'ils souhaitent voir mis en oeuvre chez eux. Nous, nous laissons mourir la démocratie en mésusant d'un droit si chèrement conquis par nos aîné(e)s... Revitalisons notre intelligence politique et nos utopies sociales afin que politique et féminin demain ne prenne pas le visage de celle qui se voit déjà en haut de l'affiche...

 


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Rédigé par Olympe

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Publié le 8 Mars 2011

un " marronnier " pour les médias qui la mitonne à la sauce aigre-douce, cette journée des femmes a fêté son centième anniversaire sans prendre une ride ! malheureusement...

Si nous sommes nombreuses de par le monde à avoir acquis le droit de vote au cours du siècle écoulé, l'émancipation, l'éducation et la liberté de construire sa vie en fonction de goûts et d' aspirations qu'on apprend à cultiver et à développer restent l'apanage d'une infime minorité d'entre nous.

La majorité des femmes de la planète sont les bêtes de somme d'une agriculture de subsistance, les fourmis qui s'activent inlassablement dans les usines (ou sur les trottoirs) d'Asie ou d'ailleurs pour des salaires de misère et les plus grands profits d'un petit nombre, et les mères assignées à vie aux inachevables tâches domestiques dont on les accable dès l'enfance à l'écart des pulsations du monde. Esclave ou du moins servante, dans tous les cas reproductrice et soumise à une domination masculine plus ou moins violente et archaïque, l'avenir des femmes reste le plus souvent dessiné par des pinceaux masculins qui leur barrent le chemin du pouvoir ou du prestige social qu'ils continuent à accaparer très largement.

Surtout dans les pays occidentaux où elles avaient largement accès à l'éducation, des femmes ont lutté activement depuis plus de 40 ans maintenant pour faire évoluer leurs droits et leur accès à l'autonomie, au savoir et à la liberté. Etudier, travailler, aimer, enfanter ou pas, vivre tout simplement sans être soumise à une tutelle masculine, n'allait pas de soi avant 1968. La société de l'époque maintenait ses membres dans un carcan de traditions qu'une jeunesse étouffée et une classe ouvrière en colère ont fini par briser.

 

Une fois de plus je voudrais rappeler aux plus jeunes (et à celles et ceux qui ont la mémoire qui flanche...) de se plonger dans l'histoire des mouvements féministes de ces dernières décennies, d'une part pour mesurer le travail réalisé, d'autre part pour évaluer celui restant à faire et les conditions de possibilité de sa réalisation. Rien ne nous sera offert, il nous faudra tout conquérir.

Deux outils sont à votre disposition que je vous recommande vivement :

" Encore elles ", le documentaire de Josiane Szymanski et Constance Ryder, maintenant disponible en dvd - qui sera diffusé sur France Ô le mercredi 9 mars à 20h30,

et les vidéos du congrès international Le féminisme à l’épreuve des mutations géopolitiques qui s'est tenu les 3,4 et 5 décembre 2010, à Paris, et que vous pouvez découvrir sur :

http://re-belles.over-blog.com/pages/Le_Congres_International_Feministe_en_video-4688942.html

 

La société occidentale a connu de profondes mutations depuis 40 ans, mais le moins qu'on puisse dire c'est qu'une bonne partie de l'impertinence, de la liberté matérielle et intellectuelle, et du pouvoir sur elles-mêmes conquis de hautes luttes par nos aînées a été rabotée par les injonctions de la propagande publicitaire qui après nous avoir encouragées à nous libérer des chaînes domestiques tente avec un certain succès de nous attacher avec celles d'une séduction obligatoire et obsessionnelle qu'on nous conseille vivement et par tous les moyens de cultiver dès l'enfance.

(cf " La sexualisation précoce des filles ", Pierrette Bouchard, Natasha Bouchard & Isabelle Boily, éditions Sisyphe - Montréal 2006)

 

En instaurant un culte de l'apparence qui survalorise l'image de la femme séductrice au détriment du développement des qualités humaines ou intellectuelles de chacune, les (très) jeunes filles sont en permanence encouragées à se poser dans une situation de dépendance morale (et aussi matérielle) face aux hommes dont elles cherchent à s'attirer les regards et les faveurs à tous prix - quitte à en devenir les victimes !

Tous les accessoires et artifices possibles de la séductrice sont savamment mis en scène dans les magazines, jeux, films, publicités et émissions destinées aux fillettes... Il s'agit de capter un pouvoir d'achat de plus en plus important et de conditionner le plus tôt possible leur future consommation de femme. Et pour cela on a donc vu se développer ces dernières années une très inquiétante sexualisation précoce des petites filles. Non seulement on leur vole une part de leur enfance en les plongeant dans des  préoccupations pour lesquelles elles ne sont pas mûres et face auxquelles elles n'ont pas toujours la possibilité d'exercer un esprit critique qui leur permette de dire " Non " à certaines injonctions, mais on transforme les plus fragiles en objets sexuels soumis et plus ou moins consentants en masquant ou en dévalorisant à leurs yeux les chemins plus exigeants d'une véritable émancipation.

 

Bien sûr c'est aux parents et aux éducateurs d'être vigilants et de protéger les enfants des marchands du temple - ou des écrans - pour lesquels ils ne sont que des cibles - sinon des proies. Mais c'est aussi aux législateurs de freiner l'appétit de ces marchands en les tenant (un peu) éloignés des jeunes cerveaux disponibles...(et malléables). La société marchande est beaucoup plus intrusive aujourd'hui qu'il y a 40 ans, elle s'immisce dans chaque repli de notre vie privée avec tous les outils dont elle s'est dotée pour être plus efficace et auxquels elle fait en sorte que nous ne soyons jamais soustraits (tv, internet, téléphone et écrans divers...) N'hésitons pas à interpeller les femmes politiques sur ces questions cruciales puisque les hommes (politiques) en sont encore à se demander qui va garder les enfants...

 

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Ne nous endormons pas sous les lauriers de nos aînées, poursuivons un combat qui n'a rien perdu de son actualité et de son urgence, et soyons solidaires de toutes les femmes qui se lèvent pour réclamer leur liberté, sur l'autre rive de la Méditerranée ou ailleurs...

 


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Rédigé par Olympe

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