Publié le 26 Septembre 2013

Un tribunal Pénal pour la RDC

Avec Maître Rety et 51 autres marraines - dont Geneviève Fraisse, Andrée Michel, Gisèle Halimi Rama Yade, Françoise Héritier, Susan George ou Thérèse Clerc, nous avons lancé une pétition demandant la création d'un Tribunal pénal international pour la RD Congo afin d'éradiquer les viols comme arme de guerre en RDC. Viols qui sont accompagnés d'actes de barbarie innommables visant à la destruction complète des femmes qui les subissent.

Il existe déjà deux tribunaux créés par le Conseil de sécurité des Nations unies (l'un pour le Rwanda et l'autre pour l'ex Yougoslavie). Les deux ferment leurs portes en 2014. Nous demandons que le tribunal pour la RDC soit créé en succession du Tribunal pour le Rwanda siégeant à Arusha.

http://www.change.org/fr/p%C3%A9titions/pour-un-tribunal-p%C3%A9nal-international-pour-la-rdc-en-succession-du-tpir-qui-ferme-en-2014

Afin de vous pouvoir relayer à votre tour cette pétition pour qu'elle obtienne gain de cause, vous êtes invités à venir rencontrer les marraines et les porteurs du projet le

Samedi 5 octobre 2013 à 13 heures

Salle Jean Dame

17 rue Léopold Bellan, 75002 Paris

Metro sentier-bourse

Les violences faites aux femmes restent à la base de tous les processus de domination, et parmi les plus difficiles à faire reconnaître dans de trop nombreux pays qui les tolèrent voire les encouragent en ne poursuivant pas leurs auteurs ou en les dédouanant de leurs actes, voire en punissant même parfois les femmes qui en sont victimes - obligées d'épouser leurs violeurs ou condamnées pour "adultères" ou "débauche". Prafois elles ne peuvent même pas faire enregistrer leurs plaintes. Les femmes restent trop souvent considérées par les hommes comme des "biens" à s'accaparer, à vendre ou à échanger, des êtres inférieurs dont le statut légitime qu'on pense à leur place et qu'on décide de ce qui est bon pour elles. La soumission à la volonté masculine restant leur première obligation, elles payent parfois très cher toute volonté d'émancipation ou de rébellion. Ou tout simplement de liberté de pensée et d'expression qui attire menaces ou violences comme un triste fait divers nous l'a récemment rappelé en France.

Je viens souvent ici vous entretenir de ce qui se passe ici ou ailleurs et le temps me manque cruellement pour faire écho à toutes les questions ou événements importants sur le front féminin.

Au rang des bonnes nouvelles, deux libérations, celle d'Amina en Tunisie, et celle de Nasrin Sotoudeh en Iran, cette avocate des droits humains dont j'avais déjà eu l'occasion de parler ici, qui croupissait dans les geôles iraniennes depuis 2010.

Nous pouvons aussi nous réjouir de la publication en France du rapport parlementaire de Maud Olivier - députée d e l'Essonne : " Pour lutter contre le système prostitueur" , et espérer qu'une proposition de loi abolitionniste sera présentée puis adoptée et mise en oeuvre. A l'échelle mondiale, la prostitution est l'une des premières violences faites aux femmes, sous prétexte d'un rapport marchand "consenti".

Je conclurai ce court billet avec le rappel de la lutte des "femmes de réconfort", ces coréennes réquisitionnées par l'armée japonaise et mises à la disposition de ses soldats pendant la dernière guerre mondiale. Depuis 1992, tous les mercredis, les survivantes manifestent devant l'ambassade du Japon qui refuse de reconnaître ce crime de guerre...

L'une d'entre elle était à Paris la semaine dernière, une manifestation de soutien a eu lieu sur l'esplanade des droits de l'homme.

Il faut que justice leur soit rendue, aux yeux du monde entier, afin que dans tous les pays où sévissent des conflits aujourd'hui, le corps des femmes ne continue pas à être une prise de guerre ou le "réconfort "du combattant - revendiqué aujourd'hui pour des combattants syriens... Violer une femme c'est lui faire la guerre, vouloir la détruire, la nier dans son altérité et dans son humanité comme on veut détruire ses ennemis.

On aimerait voir se développer dans le monde une culture de paix, si les humains apprenaient enfin à se faire l'amour, ils en oublieraient sans doute de se faire la guerre, encore faudrait-il que la sexualité soit vécue comme un échange entre deux alter-égaux et non comme un rapport de domination ou la satisfaction d'un désir égoïste ou d'une pulsion "irrépressible"...

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Rédigé par Olympe

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