8 mars, journée internationale de lutte pour l'émancipation des femmes...

Publié le 10 Mars 2012

N'oublions pas de nous en préoccuper activement aussi les 365 autres jours de cette année 2012 !
Cette semaine si riche en événement dans la capitale française m'a donné envie d'un billet, et c'est en ouvrant mon courrier en ce 10 mars que j' ai trouvé mon premier sujet. Une grande enveloppe contenait un pagne du 8 mars, offert par une amie revenant du Burkina Faso où elle est engagée dans une association qui aide au développement d'une commune (Armanioc : http://www.armanioc.fr/). Chaque année dans quelques pays de cette région de l'Afrique, il est une tradition d'imprimer des pagnes (pièces de tissu qui seront utilisées pour tailler différents vêtements féminins) à l'occasion du 8 mars. Un slogan est choisi, lié à l'émancipation des femmes,  un logo dessiné, donnant lieu parfois à des concours auprès des étudiants, et imprimé sur des tissus multicolores qui seront portés fièrement par les femmes en cette journée. C'est d'ailleurs un devoir pour les hommes d'offrir ce fameux pagne à leurs épouses, et ceux qui ne s'en acquitteraient pas sont même raillés méchamment. " Donner la vie sans périr ", le slogan des cette année nous rappelle la cruelle injustice encore à combattre qui fait qu'en Afrique, pour de très nombreuses femmes, donner la vie c'est mettre la sienne en danger...  Si les luttes des femmes sont bien universelles, elles sont très différentes d'un pays à l'autre en fonction des régimes politiques et de la situation économique des pays, de leurs traditions et du niveau d'éducation des femmes encore trop nombreuses à être privées de la plus élémentaires alphabétisation.Pagne8mars2012BF.jpg
 


Mais en Afrique comme ailleurs, le 8 mars devient pour certains l'occasion d'un folklore ou de faire du business, édulcorant plus ou moins gravement les situations locales quand à l'émancipation et au respect des droits des femmes. Je vous livre ce commentaire du "Fou", lu sur un site burkinabé (http://lepays.bf/?PAGNE-DU-8-MARS)

(...)

Et le 8-Mars commence d’ailleurs à trop signifier pagne, fêtes et bamboula. Regardez, en 2011, l’attention était focalisée sur le pagne. Est-ce que, franchement, la préoccupation … préoccupante de la femme burkinabè se résumait à la couleur que devait prendre son habit le jour du 8-Mars ? Pourtant, c’est ce qui courait sur toutes les langues. Et voilà encore que cette année, on parle de l’uniformité de la couleur de ce si célèbre tissu. Je me demande même si on s’intéresse au thème qui est écrit dessus et si elles sont nombreuses les femmes qui porteront ce pagne sans savoir qu’il y a une anomalie dessus. Oui, le thème qui est gravé a été coupé. Dans « Donner la vie sans périr », on a coupé « : Quel est la place de l’homme ? » Oubli ? Malentendu ? C’est vrai que c’est une journée pour la femme, mais ce n’est pas une raison pour mettre l’homme à la poubelle ! Bref, autant de choses qui montrent qu’il ne faudrait pas réduire la journée du 8-Mars au pagne. Je soutiens ces femmes qui ont fait le choix de ne pas en porter. Le pagne n’est pas comme la ceinture de Superman. Il ne suffit pas de le porter pour que tous les problèmes de la femme disparaissent. La preuve, des femmes sont battues par leur mari ce jour-là, souvent avec le pagne sur elles ; des fillettes sont excisées, certaines sont jetées de force dans les bras de vieux vicieux, des vieilles femmes sont chassées de leur foyer parce qu’elles auraient eu de l’appétit pour l’âme de gens, des jeunes filles sont exploitées sexuellement dans les villes, d’autres le sont sur les affiches publicitaires, et ce n’est pas fini. Le combat de la femme burkinabè aujourd’hui devrait donc aller au-delà du souci de trimer dur toute l’année pour pouvoir s’acheter un pagne ou tirer le couteau contre son mari pour aller danser « djandjoba » dans les maquis. Il faut réfléchir et agir. Et cela ne doit pas se cantonner à une seule Journée. Pendant 365 jours, il faut stigmatiser un des nombreux problèmes de la femme et se donner pour objectif d’y trouver solution. Ce problème doit courir sur toutes les langues, animer les gargotes, être l’objet de causeries au marché, remplacer les calomnies, les commérages et les bagarres inutiles. Et à la fin de l’année, on fait un bilan. Tenez, je propose qu’on commence par l’exclusion des femmes accusées de sorcellerie. Je ne dis pas de ne pas fêter. Mais tel un élève en classe d’examen, on ne va au cinéma que quand on a fini ses devoirs et on n’arrose un diplôme que quand on l’a obtenu.

Le Fou


Je ne sais pas qui se cache derrière ce pseudonyme, mais si c'est un homme, il nous donne l'espoir que la culture de l'égalité est en marche partout et qu'elle grandira si partout nous prenons soin de la faire croître et s'épanouir tel le plus bel arbre de notre jardin...


C'est bien cette question de l'égalité femme/homme qui était au coeur des débats ce mercredi 7 à la Cigale à Paris, où 45 associations féministes avaient invité les candidats à l'élection présidentielle à venir s'exprimer sur ces questions. Ils ne sont que 4 à avoir relevé le défi lors d'une soirée magistralement organisée où l'importance des questions soulevées étaient reprise par des artistes aux textes engagés comme Dialem dont je vous conseille de découvrir les chansons (http://www.dialem.fr/)

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ou la mutine Agnès Bihl que vous connaissez peut-être déjà (agnes-bihl.fr/).

Menée sans coup férir par Chloé Ponce-Voiron (dont vous pourrez voir le spectacle "Eves" en Avignon cette année encore (http://www.larevueduspectacle.fr/A-ecouter%C2%A0-Chloe-Ponce-Voiron-Eve-au-pays-des-machos-episode-1_a221.html) la soirée fut à la fois festive et sérieuse.

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Jean-Luc Mélenchon a le premier essuyé le feu des questions auxquelles il a répondu avec brio, plutôt à l'aise avec un sujet qu'il a tout de même ramené d'abord à une question de classe sociale, les femmes étant majoritaires dans les emplois peu qualifiés et peu rémunérés et occupant plus de 80% des emplois à temps partiel, souvent subi et rarement choisi. Il s'engage à rétablir un ministère du droit des femmes, comme l'ont également promis ses challengers Eva Joly, François Hollande et Philippe Poutou. On pouvait mesurer leur côte de popularité médiatique au nombre de photographes agglutinés au bord de la scène, presque déserte pour le dernier orateur qui a répondu avec simplicité et sans illusion aux questions de la jeune féministe qui l'interrogeait - si Mélanchon concluait par un "rendez-vous à l'Elysée", Poutou précisait quand à lui qu'il n'y serait jamais...

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Merci à ces 4 candidats d'avoir accepté cette invitation déclinée par les autres candidats. Il serait bon que ces questions qui dessinent pourtant le visage de la société française soient au coeur du débat (emploi, salaires, évolution de carrière, retraites, mais aussi éducation, formation, modes de garde, libre accès pour toutes à la contraception et à l'avortement, respect des préférences sexuelles et des choix de vie, parité dans la vie sociale et publique...)

Pour celles et ceux qui veulent creuser ces questions, plongez-vous dans la lecture et l'analyse du manifeste publié à cette occasion. Si certaines questions font débat, semblent difficiles à appliquer ou à financer, elles ont le mérite d'être posées, ce qui est le préalable à ce qu'elles soient pensées...

 

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Enfin nous étions nombreux à la Nation le soir du 8 mars pour marcher vers la Bastille, derrière différentes bannières et au son de slogans divers réclamant plus de justice et l'égalité pour les femmes.
Dont les Chiennes de garde, et je termine avec cette photo d'Annie-Claire car mon prochain billet portera sur le "publisexisme" et le récent livre sur ce sujet qui décortique la liaison souvent masochiste entre les femmes et la publicité !

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Rédigé par Olympe

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