Le sexisme ordinaire, un fléau à combattre...

Publié le 22 Septembre 2011

Oui un fléau...pour beaucoup de femmes, ce sexisme " ordinaire " vécu chaque jour au travail, à la maison ou ailleurs, est une véritable souffrance. D'aucune discrimination on ne devrait pouvoir dire qu'elle est "ordinaire", en tout cas pas au sens de " commun, habituel " qui l'entérine, mais plutôt de " médiocre, vulgaire " qui nous rappelle qu'elle dévalorise au moins autant celui ou celle qui y recoure que celui ou celle qui en est la cible.
Le sexisme a la peau dure, discriminer un individu sur sa couleur ou sa religion est de moins en moins toléré et les actions en justice de plus en plus nombreuses... mais discriminer sur le sexe reste très banal et peu combattu. Que ce soit pour faire "un bon mot", par bêtise, par peur de l'autre ou par jalousie, les hommes recourent encore trop souvent à la dévalorisation des femmes parce que femmes. (et malheureusement les femmes aussi parfois)

Le "Petit traité contre le sexisme ordinaire" publié par Brigitte Grésy chez Albin-Michel en 2009 a le mérite de le débusquer partout, surtout au travail, et de nous proposer des outils pour le combattre, des stratégies pour le désamorcer. Il a aussi le mérite de nous rappeler à quel point il est répandu et combien une alliance des femmes pour l'éradiquer est nécessaire. Ce n'est pas toujours facile de s'opposer à un supérieur hiérarchique qui joue au coq de basse-cour ou à un collègue au sens de la répartie cinglant quand on est timide ou beaucoup plus jeune que l'agresseur. Pourtant c'est d'abord notre refus marqué et intransigeant de ces comportements qui pourra les faire évoluer. Aussi la solidarité est-elle nécessaire pour que de l'union vienne la force, de dire NON, de dire STOP, de dire ASSEZ à tous ces comportements machistes, grossiers et même insultants, parfois subis quotidiennement, même si c'est par d'autres femmes...
Je vous renvoie donc à la lecture de cet essai, mais aussi au site sur lequel vous pouvez déposer vos témoignages et découvrir les actes de sexisme ordinaire qui plombent le quotidien de certaines femmes.

http://www.sexismeordinaire.com/


Si on commençait par ne pas les tolérer (ni les encourager) chez les enfants (et dans la publicité qui y recoure très largement), il deviendrait sans doute plus rares chez les adultes. Ce qui nous rend humain, c'est l'usage que nous faisons (ou pas) de notre esprit, de notre intelligence, de notre sensibilité... nos capacités en la matière ne dépendent pas de notre sexe mais de notre éducation, et peu devrait importer que nous soyons homme ou femme pour être géomètre, soignant, philosophe ou responsable politique... Ce sont nos compétences qui devraient l'emporter et non notre apparence physique ou notre sexe.

Pour revenir à la place des femmes en politique, qui reste à conquérir en France (moins de 20% de femmes à l'assemblée pour voter des lois qui les concernent toutes en tant que citoyennes...), je reviendrai cette fois sur la candidature de Martine Aubry qui vient de s'engager à faire de l'égalité Femmes/hommes un axe fort de sa campagne et un objectif de son mandat si elle est élue. Des femmes engagées de longue date pour l'égalité entre les femmes et les hommes (Françoise Héritier, Martine Storti, Laure Adler...) ont d'ailleurs lancé une pétition sur Médiapart pour soutenir sa candidature aux primaires. Son premier objectif est l'égalité des droits au travail, et surtout des salaires qui restent très inférieurs pour les femmes à travail égal. Nous ne pouvons que nous réjouir de ces engagements, les soutenir et les faire appliquer le cas échéant. Quelles que soient nos orientations politiques, nous devons interpeler les candidat(e)s et les élu(e)s sur ces questions fondamentales. Le rôle du politique est d'améliorer la vie de tous et de renforcer la cohésion sociale du pays, pas de s'accaparer les richesses de la nation ni de la diviser en ghettos ennemis.

Améliorer le sort des femmes n'est pas une aumône à laquelle condescendre, c'est une question de justice élémentaire. Améliorer le sort des femmes, c'est améliorer aussi le sort de leurs enfants le cas échéant. Améliorer le sort des femmes ce n'est pas dépouiller les hommes pour favoriser les femmes, c'est mettre davantage d'égalité et de justice au coeur de notre société. Les femmes ne doivent pas attendre des hommes qu'ils améliorent leur sort,(ils ne le font que contraints et forcés, dans la plupart des cas, ils ont toujours plus urgent à faire...) elles doivent prendre les choses en main elles-mêmes et agir sur tous les leviers qui leur permettront de changer les choses : l'éducation, le  politique, le syndical, l'associatif... mais aussi dans le champ du privé en y mettant en pratique les règles qu'elles voudraient voir appliquer dans le champ social... Le partage des tâches et le respect et l'égalité dans la liberté, ça s'apprend tout petit... On ne peut pas élever les garçons en les exemptant des corvées, des responsabilités ou des tâches ménagères, leur donner le pouvoir et leur demander ensuite de renoncer à de si confortables privilèges, ni de savoir cuire un oeuf ou repasser une chemise si on ne leur a jamais appris...

A ce propos, je ne peux que vous encourager à participer aux assises 2011 sur

 

«L'éducation à l'égalité entre les sexes»

 

organisées en octobre 2011 par l'INSTITUT ÉMILIE DU CHÂTELET (inscription gratuite sur :

 

http://www.institutemilieduchatelet.org/Assises/Assises2011.html

 

* 3 octobre - L’éducation à l’égalité commence dès la naissance

* 10 octobre - L’éducation à la sexualité, une égalité à construire

*17 octobre - On ne naît pas scientifique,  on le devient

*24 octobre - Éducation à l’égalité dans le monde du travail

 

IEC Assises affiche

 

On y va, et on en reparle !



Rédigé par Olympe

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