Liberté : (n. f.) pouvoir d'exercer sa volonté en agissant ou en n'agissant pas.

Publié le 26 Juillet 2010

Décidément, Benoîte (Groult) reste mon fil rouge en ce moment... Je vous conseille " Le féminisme au masculin " chez Grasset. Très édifiant. A part Poullain de la Barre, Condorcet, Stuart Mill et Fourier ces derniers siècles ont compté fort peu d'hommes vraiment féministes, mais des légions d'écrivains, de philosophes, de scientifiques et d'hommes politiques d'une misogynie crasse. (en passant par Rousseau, Proudhon ou Auguste Comte...)  A bien y réfléchir, il n'est guère étonnant que nous soyons encore si éloignées d'une réelle émancipation des femmes quand générations après générations, hommes et femmes ont été formés à partir de pensées et d'idéologies pour la plupart extrêmement sexistes (qui allaient du refus de l'instruction - ou uniquement celle qui apportait de l'agrément aux maris - au refus du droit de vote pour la moitié féminine de la population, en passant par toutes les inepties sur le cerveau ou la physiologie des femmes, la laideur de son sexe et la débilité de son organisme...). Ces pensées se sont disséminées à tous les niveaux de la société, contribuant à l'ancrage des stéréotypes les plus stupides et tenaces encore parfois en vogue aujourd'hui pour certains - et trop souvent repris par la publicité qui s'en délecte pour faire rire ou sourire - mais surtout acheter - en segmentant autant que possible les panels de consommateurs. L'une d'entre vous m'a confié sa colère et son désarroi en voyant récemment dans un supermarché qui prépare la rentrée, un rayon cartables filles et un autre cartables garçons... Il ne s'agit plus de transporter le plus efficacement son matériel scolaire mais bien déjà de rendre au plus tôt les filles superficielles et coquettes, si possible "femmes sandwiches" faisant au plus vite la promotion de " leurs marques préférées " qui se chargent de leur occuper l'esprit dès le plus jeune âge. Elena Gianini Belotti écrivait déjà il y a 40 ans - dans Du coté des petites filles :

"Si la sensibilité et l'indépendance sont indispensables à la manifestation et à la réalisation de la créativité, il devient impossible à la plupart des petites filles de la préserver, justement parce leur élan spontané vers une indépendance équivalente à celle des garçons vient se briser lorsque commence un type d'éducation qui a précisément pour objet principal la dépendance. A cela s'ajoute une incitation continuelle à détourner leur attention des problèmes politiques, intellectuels, sociaux, artistiques,etc... pour s'occuper de problèmes contingents, mesquins, insignifiants, opération qui restreint automatiquement l'horizon culturel des petites filles. Pour donner libre cours à la créativité, il est nécessaire d'avoir suffisamment accès à notre patrimoine culturel, il faut posséder l'indépendance intellectuelle, la liberté de critiquer, de refuser, et de se détacher des valeurs reçues pour en aborder de nouvelles : il faut être fort."

(p 235, Editions des femmes 1977)

Rassurez-vous, ça n'a pas beaucoup changé ! Un demi siècle de féminisme actif a déplacé quelques montagnes que le marketing, telle une Pénélope félonne, se charge de repousser pour son plus grand profit.

Pour en revenir à cette liberté...de critiquer, de refuser... c'est d'elle que je voulais vous parler au départ !

 

 

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Je vous livre les paroles de Tata Milouda enregistrées récemment... et ne saurais trop vous recommander d'aller la découvrir sur you tube, et la voir sur scène si elle passe près de chez vous (vous pouvez peut-être aussi l'y faire inviter !). A 60 ans, Milouda est une leçon de courage, d'espoir, de liberté et de joie de vivre. Après avoir appris à lire et à écrire à 45 ans passés, elle commence une deuxième vie de slameuse pour communiquer sa joie d'exister enfin et de vivre en liberté. Elle nous rappelle aussi que la liberté ne se donne pas, elle se prend ! Faisons en sorte d'en donner le goût aux filles, et surtout de lutter inlassablement pour que toutes les petites filles du monde apprennent à lire et à écrire ! C'est le b.a.ba de l'émancipation féminine.

 

La liberté

 

Quand j'étais jeune, quand j'étais jeune

J'étais dans un jardin abandonné

J'étais comme une fleur fanée

J'étais comme une rose endormie

Un jour, j'ai surgi

Parmi des centaines de milliers,

parmi des centaines de milliers

de fleurs endormies, encore endormies.

Quand j'étais jeune femme dans mon village,

j'étais prisonnière sans prison,

j'étais condamnée sans la justice,

j'étais enfermée sans prison.

Mais j'avais rêvé, j'avais rêvé de la liberté.

J'avais rêvé de ma liberté

A toi la liberté, est-ce que tu as calculé

combien je t'attendais ?

A toi ma liberté

Est-ce que tu sais combien j'ai prié,

combien j'ai pleuré, pour que tu viennes chez moi ?

Des autres vers moi !

La liberté c'est tellement très joli très fort et très dur.

La liberté c'est tellement...

très joli, très fort.

A toi ma liberté,

je te remercie pour tout ce que tu m'as donné.

Je suis contente ravie et fière

de réussir ma liberté.

J'ai chanté pour libérer ma liberté

et j'ai dansé pour libérer ma liberté

et j'ai slamé pour libérer ma liberté.

J'ai chanté pour libérer ma liberté

et j'ai dansé pour libérer ma liberté

et j'ai slamé pour libérer ma liberté

la liberté ma liberté

la liberté ma liberté

ma liberté ma liberté

Rédigé par opium

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