Paroles de femmes...

Publié le 10 Mai 2010

 

Les "paroles de femmes " sur lesquelles je voudrais revenir aujourd'hui ne sont pas celles d'Annie Leclerc - lue il y a bien longtemps déjà et que j'aurais aimé rencontrer pour ce projet...Elle a contribué à ma réflexion de jeune fille sur la condition féminine à la fin des années 70. Ce sont des paroles enregistrées, lues ou entendues récemment. Toutes, elles convergent vers un point nodal, une tâche aveugle dans notre société, le respect de l'intégrité des femmes, de  leur liberté de se penser et de se dire, et celle - encore trop souvent illusoire, de voir leurs droits et leur humanité respectés !

Je commencerai avec des paroles de femmes entendues vendredi dernier au Cabaret Sauvage à Paris. Dans ce joli lieu posé sur le bord du canal de l'Ourcq se sont rassemblées plusieurs centaines de femmes et quelques dizaines d'hommes pour une soirée de gala du Fonds pour les Femmes en Méditerranée. Créé en 2007, ce fonds " a pour mission d’organiser des programmes en faveur de l’émancipation des femmes qu’elle soit d'ordre juridique (pour l’égalité des droits entre hommes et femmes), économique et politique (pour la reconnaissance et la valorisation de leur implication dans le développement de la société) ou sociale (pour l’accès à l'éducation, au travail, au contrôle des naissances, à la liberté de choisir sa vie...) ". L'ensemble des fonds collectés lors de cette soirée sera affecté aux projets qui ont pour objectif la lutte contre les violences faites aux femmes (déclarée en France grande cause nationale 2010).  

En préambule, après une allocution de Wassyla Tamzali, les organisatrices - dont la présidente du fonds Fawzia Baba Aissa et sa directrice Caroline Sakina Brac de la Perrière ont apporté des témoignages sur la situation des femmes dans le bassin méditerranéen et rappelé les événements dramatiques qui se sont produits récemment à Hassi Messaoud où des femmes ont été violentées parce qu'elles travaillent et vivent seules dans cette ville pétrolière fortifiée.

Ensuite, présentées par Souad Belhaddad, des artistes issues de différents pays méditerranéens se sont succédées sur la scène du Cabaret sauvage, qui les accueillait gracieusement, pour nous offrir un moment de pure beauté et d'enchantement qu'on aurait voulu partager avec le monde entier afin de vérifier si oui ou non, la musique adoucit bien les moeurs... Nul doute en tous cas qu'elle les humanise et les embellit !

 

 

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Après avoir assisté à une création de la jeune artiste Salsa qui a dansé voluptueusement une ode à la liberté du corps féminin, nous avons a pu entendre la musique et les voix magnifiques et émouvantes de Nassima (qui donnera bientôt un concert de musique arabo-andalouse à l'IMA), d'Angelique Ionatos & Katerina Fotinaki, puis de Souad Massi et enfin celle de Samia Diar dont les rythmes dansants et la mélodie entraînante ont propulsé de nombreuses femmes devant la scène pour clore cette soirée en mouvements. Lori La Armenia nous a également entraînées en Andalousie en scandant les pas d'un flamenco incisif et volontaire sur la musique troublante et syncopée d'un duo de guitaristes espagnols. La compagnie Tour de cirque nous a interprété un extrait d'une pièce de Dario Fau au comique grinçant et la compagnie Pas d'ici (venue de la Drôme) a ponctué la soirée d'intermèdes de jonglage. Une très belle soirée où les voix des femmes nous chantaient l'amour et la poésie. Ceux de la nature et de la vie, de la musique et de la danse, de la liberté d'aimer et de vivre sa vie... on était bien loin de la barbarie des hommes dont il sera question prochainement avec d'autres paroles de femmes lues et enregistrées !

Pour en savoir davantage sur le Fonds pour les Femmes en Méditerranée, les soutenir ou les solliciter, consultez leur site : http://www.medwomensfund.org/fr/

Rédigé par opium

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