Quand un femme dit "non", c'est "non" !

Publié le 16 Octobre 2012

C'était l'un des slogans de la manifestation d'hier soir au coin de la rue de la Paix à Paris, le rassemblement n'ayant pu se tenir devant le ministère de la justice comme prévu...


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 De nombreuses associations féministes et quelques élu(e)s étaient présentes pour dénoncer un déni de justice fait aux jeunes femmes violées de multiples fois à Fontenay et dont le procès des violeurs vient de s'achever à Créteil avec des peines prononcées peut-être moins graves que pour un vol de bicyclette...ou de voiture.

 

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On se demande si en France il ne serait pas plus grave de s'en prendre à la propriété privée qu'aux corps des femmes...


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Les agressions sexuelles contre les femmes ne rencontrent encore trop souvent que ...le silence !
comme nous l'ont magistralement mis en scène les militantes de La Barbe qui avaient troqué leurs postiches contre des sparadraps...

 

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Il est vrai que l'usage abusif qui est fait par la publicité et les médias de l'image du corps dénudé et aguicheur des femmes dans l'espace public tend à imprimer dans certains cerveaux masculins particulièrement faibles l'idée que les femmes sont des objets de consommation disponibles pour la satisfaction de leurs pulsions sexuelles exacerbées.


je vous rappelle les coordonnées de celles qui mettent toute  leur vigilance à traquer les messages publicitaires dégradants pour les femmes - et ils sont nombreux...
www.chiennesdegarde.com/


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Toutes les femmes (ou presque) s'étant trouvées un jour en danger face à une intention, une tentative ou même un viol, devraient s'unir autour de ce combat contre les violences sexuelles. D'autant que mères ou grands-mères, elles trembleront aussi pour leurs filles ou petites-filles dès que celles-ci deviendront femmes - et même avant.

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La barbarie des viols à répétition subis par Nina à Créteil pose des questions fondamentales sur l'état des relations femmes/hommes dans notre pays. Il ne s'agit pas d'actes d'un individu isolé, potentiellement bête et cruel, mais de ceux d'un groupe de mâles en rut sans une once de respect ou d'humanité pour une femme qu'ils ont détruit jour après jour sans un brin de mauvaise conscience ni le moindre remord...

Il ne s'agissait pas de jeunes hommes souhaitant une relation amoureuse avec une femme, mais bien d'animaux déchaînés, capables de labourer à la hâte le même corps les uns derrière les autres... manifestant une volonté de soumettre et d'avilir une jeune fille à leur "toute puissance" mâle. Comment la société qui les a vus naître les a-t-elle accueillis et éduqués, quelles violences leur fait-elle subir pour qu'ils aient de tels comportements ?
Dans les sociétés traditionnelles, le jeune homme s'appliquait à construire sa vie, à marcher dans les traces de son père, à perpétuer les traditions de son peuple, à fonder une famille pour prendre sa place d'adulte dans la société et dans la succession des générations...

Aujourd'hui des milliers de jeunes gens (sur toute la planète) - filles et garçons, sont de fait exclus de la société dans laquelle ils sont nés et où ils peinent à trouver leur place. Une éducation médiocre, pas de travail, donc pas de logement indépendant, et par conséquent pas de possibilité réelle de vivre sa vie, fonder une famille, de prendre sa place dans le groupe social et construire son avenir. Ils ne sont pas épaulés et encadrés par les générations qui les ont mis au monde, ils sont même en conflit ouvert avec elles parfois. Si les filles s'intégreront bon an mal an par la maternité qui pourra être leur seul objectif, les garçons resteront trop souvent sur le carreau et ne sauront plus comment "devenir des hommes" autrement que par un déchaînement d'une violence qu'ils croient "virile" et qui est plein de haine - des femmes, du monde, de soi...

A une autre époque ou en d'autres lieux, leurs énergies juvéniles - et belliqueuses, auraient été canalisées par une guerre, un emploi de mercenaire ou de soudard d'un quelconque groupe armé (qui ne manquent pas aujourd'hui de par le monde, dans des endroits où les cris des femmes sont encore peu entendus)

 

Pour qu'en France ils soient mieux entendus et pris en compte pas des lois soutenues par des mesures pratiques, je vous invite à signer la pétition d'Avaaz
http://www.avaaz.org/fr/rape_impunity_in_france/?byIFqab&v=18704


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Je n'excuse nullement les tortionnaires de ces jeunes filles (ni les autres violeurs), mais il me semble que la question des violences faites aux femmes ne pourra pas être traitée efficacement sans prendre à bras le corps un ensemble de problèmes sociaux et culturels qui passent par une réflexion sur l'éducation, l'usage des images du corps des femmes dans l'espace public (en particulier l'omniprésence de la pornographie qui la légitime et la banalise comme modèle des relations sexuelles entre les femmes et les hommes), la formation et le partage du travail afin que chacun puisse trouver une place respectée et respectable dans le monde dans lequel il est né.
Nous vivons dans une société qui demande aux femmes de faire des enfants auxquels elle ne sait plus toujours proposer un rôle et un avenir décents. Si nous ne sommes plus obligés - et c'est souvent heureux pour les femmes, de perpétuer des modèles traditionnels, encore faudrait-il que nous puissions en inventer et mettre en oeuvre de nouveaux qui fassent appel au meilleur de l'humain, et pas au pire...

Pour conclure, merci à tous les hommes qui étaient là hier soir et manifestaient leur refus de considérer les femmes comme des objets sexuels à soumettre ou à acheter, nous souhaitons longue vie et surtout qu'elle grandisse, à l'association Zéro macho qui milite contre la prostitution.
www.zeromacho.eu/


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C'est en visant l'harmonie entre hommes et femmes que les violences pourront diminuer, pas en édifiant des clôtures entre les deux...

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Et enfin, réfléchissons à l'éducation donnée aux petites filles et apprenons leur à ne pas être soumises et à savoir dire non avec force... au besoin en leur faisant pratiquer des arts martiaux, d'autodéfense au moins - et surtout à ne pas se considérer d'abord sous l'angle du désir masculin, mais comme des êtres humains libres et autonomes.


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Comment des adolescentes peuvent-elles vivre un tel calvaire sans avoir la force de se rebeller ou de fuir, ni avoir autour d'elles des oreilles adultes en lesquelles elles aient confiance pour être entendues et défendues ? Une horreur pareille n'a pas pu avoir lieu si longtemps sans que ça se dise et se sache... Pourquoi personne n'a rien fait ? Pourquoi notre société est-elle si barbare ?

je livre ces lignes de Brecht à votre méditation :

Oh, malheureux !

On fait violence à votre frère, et vous fermez les yeux !

Le blessé pousse un grand cri et vous gardez le silence ?

La brute rôde et choisit sa victime

Et vous dites : il nous épargne, car nous ne manifestions pas de mécontentement.

Quelle est donc cette ville, quels gens êtes-vous donc !

Quand une injustice arrive dans une ville, il faut qu'il y ait une émeute

Et là où il n'y a pas d'émeute, mieux vaut que la ville périsse

Par le feu avant que la nuit tombe !

 

La bonne Âme du Se-Tchouan, Bertolt Brecht

©Arche Éditeur Paris 1975 (traduit de l'allemand par Jeanne Stern)


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Rédigé par Olympe

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