We want sexual equality !

Publié le 13 Mars 2011

Really ?

Prouvons-le, au quotidien, en réfutant aimablement, mais fermement, tout ce qui l'empêche, la réfute ou la tourne en dérision. Pour nourrir vos réflexions, je vous propose un film à voir en famille, et un livre, plus théorique, dont le sérieux et la justesse ne peuvent qu'affiner et faire progresser nos analyses sur le sujet.

Commençons donc par le film de Nigel Cole,  We want sexual equality, dans lequel il met en scène un fait historique, une grève d'ouvrières dans leur atelier d'une usine Ford en Angleterre à la fin des années 60. A cette époque il était non seulement habituel mais tout à fait légal et accepté par tous (et toutes) de payer les femmes moitié moins que les hommes pour le même travail... Leurs salaires étaient dits "d'appoint", ce qui permettait de maintenir en position de faiblesse celles qui les recevaient. Même qualifiées, on les plaçait au plus bas niveau de la grille de salaires... Jusqu'au jour où elles se révoltent, fermement, en faisant une grève à laquelle aucun homme ne croyait au début, et que certains syndicalistes hommes vont même tenter de casser pour défendre ce qu'ils pensent être les intérêts non pas des ouvriers dans leur ensemble, mais des ouvriers de sexe masculin. On voit bien comment l'oppression du système capitaliste dominant trouvait son compte à maintenir des inégalités entre les hommes et les femmes, à les séparer en deux classes ouvrières bien distinctes aux intérêts apparemment antagonistes...les revendications concernant  les femmes étant toujours subordonnées aux avancées des conditions de travail des hommes, autant dire toujours remises aux calendes grecques, frappées d'invisibilité ou d'inopportunité par l'urgence et la primauté des combats masculins... Les menaces de délocalisation clairement proférées par le PDG de Ford n'intimideront pas la ministre en charge du dossier qui fera dans un premier temps réévaluer le salaire des ouvrières et dans un second temps voter une loi sur l'égalité des salaires en Angleterre.

Les délocalisations sont venues, plus tard, et les travailleurs d'Asie et d'ailleurs ont encore bien des luttes à mener pour obtenir des conditions de travail décentes, que nous peinons à maintenir en Europe...

 

wwse.jpg


Ce qui m'a frappé dans le film de Cole, c'est la solidarité féminine indéfectible qui règne entre toutes les protagonistes : les ouvrières, la ministre, et la femme du jeune cadre "supérieur" de Ford qui traite sa femme (universitaire) comme une bonniche un peu simplette... Peut-être un peu survalorisée pour les besoins du film, je m'interroge sur son existence dans le monde d'aujourd'hui qui a bien du mal à motiver de grandes luttes collectives revendiquant égalité ou justice... (défense des services publics par exemple) Les divisions de classe ont changé de formes mais n'ont pas disparu. Je m'interroge quand je vois le nombre de jeunes africaines (surtout) qui sont amenées à confier leurs propres enfants dans leurs pays d'origine pour venir s'occuper des nôtres... ça me rappelle l'époque des nourrices... les stratégies individuelles évitant de s'impliquer dans les causes collectives (création de crèches ou de modes de garde efficace... il manquerait environ 320 000 places de crèche par an en France... et pour porter remède au problème aujourd'hui on se propose d'augmenter le nombre d'enfants par adulte encadrant, et de baisser l'exigence de qualification au recrutement...Et pourquoi ne prend-on pas de sérieuses mesures pour obliger les entreprises à ouvrir des crèches en leur sein ? L'aide, pourtant substantielle, que l'état leur octroie depuis 2004 pour s'installer ne semblant pas assez motivante. Cela permettrait pourtant d'améliorer considérablement les conditions de vie des parents salariés et l'articulation entre vie professionnelle et vie privée - pour les hommes comme pour les femmes...

Pour revenir aux différences de salaires, elles sont encore de 17,5% en moyenne dans l'ensemble de l'Union Européenne. (cf http://www.eurosduvillage.eu/Egalite-femmes-hommes-ou-en-est-l,4687.html )

C'est un injustice criante qui devrait nous mobiliser toutes jusqu'à sa disparition...

D'autant qu'elle se répercute avec force sur nos perspectives de retraite !

 

Celles et ceux qui veulent approfondir leur analyse de la question de l'égalité entre les sexes liront avec profit (et bonheur) La controverse des sexes de Geneviève Fraisse (puf quadrige 2001).

Nous sommes identiques aux hommes en tant qu'êtres humains doués de raison, mais différentes d'eux par notre sexe - comme ils sont différents de nous par le leur. Cette différence n'est pas fondée à instituer une hiérarchie, sauf quand c'est la loi du plus fort qui la justifie, celle du barbare qui ne sait pas user de sa raison pour résoudre les conflits, mais seulement de sa force "virile" (?)... Les religions du livre ont également revendiqué la soumission des femmes aux hommes (et donc justifié une domination masculine qui s'est répandue avec elles), instaurant une inégalité de fait qui a contribué à freiner l'émancipation des femmes pendant des siècles. Aujourd'hui la laïcité de la société me semble être la condition première de la mise en œuvre d'une réelle égalité entre tous les humains. Indispensable, mais non suffisante...

Il n'y a pas d'égalité concrète sans une liberté inconditionnelle des femmes. Et cette liberté reste très largement entravée par une domination masculine qui s'emploie toujours largement à contrôler le corps des femmes ou à en user selon son bon plaisir. (cf la situation du droit à l'avortement et à la contraception en Europe - et dans le monde)         

Aussi, bien que les choses aient sans conteste beaucoup progressé depuis  40 ans et que les femmes aient légalement accès aujourd'hui à presque toutes les professions, de nombreux combats restent à mener pour que ces droits se traduisent dans les faits par une réelle égalité des parcours professionnels, des salaires et des retraites !

Rédigé par Olympe

Repost 0
Commenter cet article