Femmes, levez-vous... partout, la coupe est pleine !

Publié le 30 Avril 2013

En cette veille de premier mai, c'est avec ces mots d'Olympe de Gouges que j'avais envie de réagir devant l'avalanche de mauvaises nouvelles concernant les femmes, un peu partout sur la planète et à différents titres, mais toujours au mépris de leurs droits et du respect de leur intégrité physique et/ou morale.

Que ce soit le libéralisme tout puissant - surtout dans les pays dits "émergents" , qui cause régulièrement des catastrophes comme dans la banlieue de Dacca au Bangladesh où 380 morts et des centaines de disparus viennent de payer de leurs vies l'insatiable goût du lucre de multinationales qui travaillent pour leurs actionnaires et souvent contre leurs fournisseurs voire même leurs clients. Des marchands de fringues occidentaux étaient clients de cette sweat-shop et promettent de dédommager "les victimes" (comme à Bopal ?) afin de se refaire une virginité devant leurs clientes.

Notre première responsabilité est là, celles qui ont la liberté et le pouvoir d'achat, cesser de consommer ce qui est produit "ailleurs" par l'exploitation sauvage de femmes pauvres (et d'hommes) nées sous d'autres latitudes... Dès qu'une marque voit son chiffre d'affaires baisser de façon significative (seuil de 15%), elle modifie ses comportements mis en cause (pour mieux connaître les pratiques sociales, managériales, financières ou autres de vos marques préférées, rv sur http://fr.transnationale.org , vous ne pourrez plus dire que vous ne saviez pas qu'elles se comportaient comme des voyous).

Souvent aussi les ONG demandent notre soutien pour faire bouger les choses, comme Peuples solidaires avec cette pétition pour pousser Samsung à améliorer les conditions de travail des ouvrier(e)s dans ses usines chinoises...

Vous êtes ravis de votre androïd ? faites un geste pour soutenir ceux qui les fabriquent !

Je signe l’Appel Urgent

Transnationales.org dispose de peu d'informations sur la famille Miuccia qui possède la marque Prada sur laquelle je voudrais revenir maintenant. Si les femmes les plus démunies sont soumises à des travaux sous payés au mépris du respect de leurs droits les plus élémentaires (les portes des usines mal ventilées et mal sécurisées sont souvent bouclées ou gardées par des hommes armés, contrôles abusifs qui multiplient les morts en cas d'accidents), les femmes des pays "développés" sont soumises par le matraquage publicitaire omniprésent. Elles doivent à tous prix cultiver le consumérisme et l'obsession de leur apparence qui les conduira à multiplier les achats de vêtements, "accessoires", cosmétiques, chirurgies esthétiques ou magazines en faisant la promotion... Manipulé à l'infini leurs corps reste, encore et toujours, le nerf de la guerre. Et à ces injonctions plastiques, celles qui dérogent sont punies, dévalorisées ou mises à l'écart. Comme au Japon où cette employée de Prada a été licenciée par la marque en question. L'affaire est résumée sur le site de change.org qui héberge la pétition pour défendre Rina

Rina était responsable des ventes de Prada au Japon. Lorsque son patron lui a ordonné de licencier plusieurs employées parce qu'elles étaient "vieilles, grosses, laides, répugnantes" ou qu'elles "n'avaient pas le look Prada", Rina a protesté et a été congédiée. Prada la poursuit maintenant en justice et lui demande plus de 500.000 euros pour avoir nui à l'image de la marque.

Cliquez ici pour signez la pétition d'Ayako demandant à Prada de retirer sa plainte contre Rina Bovrisse.

Suite aux cas de discriminations qu'elles ont observés au sein de l'entreprise, Rina et d'autres employées ont décidé de déposer une plainte contre Prada pour "discrimination basée sur l'apparence" et "harcèlement" des employées de sexe féminin. Mais en 2012, un juge de Tokyo a déclaré que ces discriminations étaient "acceptables pour une marque de mode de luxe", et qu'une employée avec un salaire élevé devait pouvoir supporter un certain niveau de harcèlement.

Prada demande maintenant à Rina plus d'un demi-million d'euros pour avoir dénoncé ces discriminations.

Ayako, une citoyenne japonaise a lancé une pétition pour aider Rina, car pour elle, cette situation est inacceptable. Elle pense que si nous permettons à une société comme Prada de harceler des personnes comme Rina, beaucoup d'autres femmes auront peur de signaler les discriminations dont elles sont victimes.

Ayako veut montrer à Rina qu'elle n'est pas seule. Cliquez ici pour signer sa pétition demandant à Prada de ne plus harceler Rina et d'abandonner les poursuites à son encontre.

Après les désastres d'un monde qui ne pense la valeur qu'en terme financier, je termine avec le très inquiétant rapport du groupe genre du Réseau euro-méditerranéen des droits de l'Homme sur le sort des femmes et fillettes syriennes, victimes d'abus et de violences insoutenables au coeur d'un conflit qui s'éternise.

27 avril 2013

Le Réseau Euro-Méditerranéen des Droits de l’Homme (REMDH) suit avec beaucoup d’inquiétude et de préoccupation les violations graves des droits des femmes et des filles en Syrie, en particulier celles qui ont été déplacées à l’intérieur du pays, et les réfugiées dans les pays limitrophes.

D’après les témoignages recueillis auprès de militantes de défense des droits humains, les Syriennes que ce soit en Syrie ou dans les camps de réfugiés subissent viols, mariages forcés ou de « plaisir » y compris de mineures, crimes d’honneur suite à des violences sexuelles après des incarcérations et des tortures dans les geôles syriennes. Ces crimes se passent dans le silence le plus total que ce soit de la part de l’Etat syrien, des pays voisins et des institutions internationales. Ils sont perpétrés par l’armée ou les services de renseignement syriens, par des milices armées mais aussi par des ressortissants de différents pays, qui viennent acheter des mineures dans les camps de réfugiés. Les petites filles et les femmes de tout âge sont victimes de toute forme de sévices, de l’assassinat au kidnapping à la répudiation. Les défenseuses des droits humains sont particulièrement visées.

A ces atrocités s’ajoutent les conditions extrêmement précaires des femmes qui assument très souvent seules la responsabilité de leurs enfants (les maris, les pères, les frères sont soit détenus, soit disparus, soit décédés). Elles manquent de tout : de soins médicaux, de médicaments, de nourriture, d’eau, d’électricité, ne bénéficient d’aucun traitement pour éviter des grossesses non désirées ou d’éventuelles maladies transmises suite aux violences sexuelles.

Face à cette situation très alarmante, le Réseau Euro-Méditerranéen des Droits de l’Homme condamne les violences contre les femmes dans toutes les circonstances. Le REMDH appelle à cesser les violences et les abus sexuels à l’encontre des femmes et des enfants, en particulier des filles, lors du conflit armé et dans les camps de réfugiés.

Le REMDH exige de la Syrie mais aussi des pays accueillant les réfugiées syriennes, l’application de leurs engagements internationaux concernant les droits humains. Il demande à la communauté internationale de faire respecter les résolutions des Nations Unies en particulier la déclaration des Nations Unies sur l’élimination de la violence à l’égard des femmes du 20 décembre 1993, la convention des Nations Unies sur l’élimination de toutes les discriminations à l’égard des femmes (CEDEF/ CEDAW) du 18 décembre 1979 et son protocole facultatif et la convention des Nations Unies sur les droits de l‘enfant du 20 novembre 1989[1].

Le REMDH incite la Syrie et les Etats concernés ainsi que la communauté internationale à prendre toutes les dispositions nécessaires pour mettre fin au conflit syrien et à prendre des mesures pour:

- mettre fin aux violations graves et répétées des femmes et des filles syriennes;

- agir d’urgence afin d’améliorer de façon durable la situation des femmes et des enfants réfugiés ou déplacés, sur le plan humanitaire et économique ;

Le REMDH souligne la responsabilité de tous les Etats afin que soient menées les enquêtes indispensables sur ces violations et pour mettre fin à l’impunité. Les auteurs responsables de ces crimes relatifs aux violences sexuelles contre les femmes et les filles comme le viol, les abus sexuels les mariages forcés doivent être poursuivis.

Le REMDH demande à ce que les femmes qui sont ou ont été victimes de violences puissent porter plainte devant les tribunaux ou la cour pénale internationale dans des conditions compatibles avec leur dignité et que leur protection soit assurée.

Enfin, le Réseau Euro-Méditerranéen pour les Droits de l’Homme demande à ce que des moyens soient mis en œuvre pour la mise en place de programmes permettant la reconstruction, la réinsertion économique, sociale et psychologique des survivantes de ces violences, en particulier les petites filles.

[1] Ainsi que la convention des Nations Unies sur la torture et autres traitements inhumains et dégradants du 10 décembre 1984, la déclaration des Nations Unies sur la protection des femmes et des enfants en situation d’urgence et dans les conflits armés du 14 décembre 1974, en particulier son paragraphe 4, la résolution du Parlement Européen du 1er juin 2006, les textes établissant la cour pénale internationale adoptés en juillet 1998 et particulièrement les articles 7 et 8 et suivants, qui définissent le viol, l’esclavage sexuel, la prostitution forcée ou toute autre forme de violence sexuelle comme des crimes contre l’humanité, des crimes de guerre si ces actes sont systématiquement perpétrés ou pas durant des conflits internationaux ou nationaux.

Plus que jamais, notre monde a besoin de femmes solidaires, rebelles et debout pour défendre l'universalité des droits humains - et ceux des femmes en particulier, plus souvent bafoués.

Aussi je vous invite à rejoindre les manifestations du 1er mai qui rassembleront demain partout en France, autour des différentes questions évoquées ci-dessus...

Manifestation du 1er mai à Paris

Départ 15h Place de la Bastille en direction de Nation
Bastille > rue du Faubourg-Saint-Antoine > Nation

Les syndicats seront suivis des associations (Femmes Solidaires, LDH...) puis des partis politiques

Rédigé par Olympe

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