Publié le 10 Mars 2012

N'oublions pas de nous en préoccuper activement aussi les 365 autres jours de cette année 2012 !
Cette semaine si riche en événement dans la capitale française m'a donné envie d'un billet, et c'est en ouvrant mon courrier en ce 10 mars que j' ai trouvé mon premier sujet. Une grande enveloppe contenait un pagne du 8 mars, offert par une amie revenant du Burkina Faso où elle est engagée dans une association qui aide au développement d'une commune (Armanioc : http://www.armanioc.fr/). Chaque année dans quelques pays de cette région de l'Afrique, il est une tradition d'imprimer des pagnes (pièces de tissu qui seront utilisées pour tailler différents vêtements féminins) à l'occasion du 8 mars. Un slogan est choisi, lié à l'émancipation des femmes,  un logo dessiné, donnant lieu parfois à des concours auprès des étudiants, et imprimé sur des tissus multicolores qui seront portés fièrement par les femmes en cette journée. C'est d'ailleurs un devoir pour les hommes d'offrir ce fameux pagne à leurs épouses, et ceux qui ne s'en acquitteraient pas sont même raillés méchamment. " Donner la vie sans périr ", le slogan des cette année nous rappelle la cruelle injustice encore à combattre qui fait qu'en Afrique, pour de très nombreuses femmes, donner la vie c'est mettre la sienne en danger...  Si les luttes des femmes sont bien universelles, elles sont très différentes d'un pays à l'autre en fonction des régimes politiques et de la situation économique des pays, de leurs traditions et du niveau d'éducation des femmes encore trop nombreuses à être privées de la plus élémentaires alphabétisation.Pagne8mars2012BF.jpg
 


Mais en Afrique comme ailleurs, le 8 mars devient pour certains l'occasion d'un folklore ou de faire du business, édulcorant plus ou moins gravement les situations locales quand à l'émancipation et au respect des droits des femmes. Je vous livre ce commentaire du "Fou", lu sur un site burkinabé (http://lepays.bf/?PAGNE-DU-8-MARS)

(...)

Et le 8-Mars commence d’ailleurs à trop signifier pagne, fêtes et bamboula. Regardez, en 2011, l’attention était focalisée sur le pagne. Est-ce que, franchement, la préoccupation … préoccupante de la femme burkinabè se résumait à la couleur que devait prendre son habit le jour du 8-Mars ? Pourtant, c’est ce qui courait sur toutes les langues. Et voilà encore que cette année, on parle de l’uniformité de la couleur de ce si célèbre tissu. Je me demande même si on s’intéresse au thème qui est écrit dessus et si elles sont nombreuses les femmes qui porteront ce pagne sans savoir qu’il y a une anomalie dessus. Oui, le thème qui est gravé a été coupé. Dans « Donner la vie sans périr », on a coupé « : Quel est la place de l’homme ? » Oubli ? Malentendu ? C’est vrai que c’est une journée pour la femme, mais ce n’est pas une raison pour mettre l’homme à la poubelle ! Bref, autant de choses qui montrent qu’il ne faudrait pas réduire la journée du 8-Mars au pagne. Je soutiens ces femmes qui ont fait le choix de ne pas en porter. Le pagne n’est pas comme la ceinture de Superman. Il ne suffit pas de le porter pour que tous les problèmes de la femme disparaissent. La preuve, des femmes sont battues par leur mari ce jour-là, souvent avec le pagne sur elles ; des fillettes sont excisées, certaines sont jetées de force dans les bras de vieux vicieux, des vieilles femmes sont chassées de leur foyer parce qu’elles auraient eu de l’appétit pour l’âme de gens, des jeunes filles sont exploitées sexuellement dans les villes, d’autres le sont sur les affiches publicitaires, et ce n’est pas fini. Le combat de la femme burkinabè aujourd’hui devrait donc aller au-delà du souci de trimer dur toute l’année pour pouvoir s’acheter un pagne ou tirer le couteau contre son mari pour aller danser « djandjoba » dans les maquis. Il faut réfléchir et agir. Et cela ne doit pas se cantonner à une seule Journée. Pendant 365 jours, il faut stigmatiser un des nombreux problèmes de la femme et se donner pour objectif d’y trouver solution. Ce problème doit courir sur toutes les langues, animer les gargotes, être l’objet de causeries au marché, remplacer les calomnies, les commérages et les bagarres inutiles. Et à la fin de l’année, on fait un bilan. Tenez, je propose qu’on commence par l’exclusion des femmes accusées de sorcellerie. Je ne dis pas de ne pas fêter. Mais tel un élève en classe d’examen, on ne va au cinéma que quand on a fini ses devoirs et on n’arrose un diplôme que quand on l’a obtenu.

Le Fou


Je ne sais pas qui se cache derrière ce pseudonyme, mais si c'est un homme, il nous donne l'espoir que la culture de l'égalité est en marche partout et qu'elle grandira si partout nous prenons soin de la faire croître et s'épanouir tel le plus bel arbre de notre jardin...


C'est bien cette question de l'égalité femme/homme qui était au coeur des débats ce mercredi 7 à la Cigale à Paris, où 45 associations féministes avaient invité les candidats à l'élection présidentielle à venir s'exprimer sur ces questions. Ils ne sont que 4 à avoir relevé le défi lors d'une soirée magistralement organisée où l'importance des questions soulevées étaient reprise par des artistes aux textes engagés comme Dialem dont je vous conseille de découvrir les chansons (http://www.dialem.fr/)

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ou la mutine Agnès Bihl que vous connaissez peut-être déjà (agnes-bihl.fr/).

Menée sans coup férir par Chloé Ponce-Voiron (dont vous pourrez voir le spectacle "Eves" en Avignon cette année encore (http://www.larevueduspectacle.fr/A-ecouter%C2%A0-Chloe-Ponce-Voiron-Eve-au-pays-des-machos-episode-1_a221.html) la soirée fut à la fois festive et sérieuse.

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Jean-Luc Mélenchon a le premier essuyé le feu des questions auxquelles il a répondu avec brio, plutôt à l'aise avec un sujet qu'il a tout de même ramené d'abord à une question de classe sociale, les femmes étant majoritaires dans les emplois peu qualifiés et peu rémunérés et occupant plus de 80% des emplois à temps partiel, souvent subi et rarement choisi. Il s'engage à rétablir un ministère du droit des femmes, comme l'ont également promis ses challengers Eva Joly, François Hollande et Philippe Poutou. On pouvait mesurer leur côte de popularité médiatique au nombre de photographes agglutinés au bord de la scène, presque déserte pour le dernier orateur qui a répondu avec simplicité et sans illusion aux questions de la jeune féministe qui l'interrogeait - si Mélanchon concluait par un "rendez-vous à l'Elysée", Poutou précisait quand à lui qu'il n'y serait jamais...

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Merci à ces 4 candidats d'avoir accepté cette invitation déclinée par les autres candidats. Il serait bon que ces questions qui dessinent pourtant le visage de la société française soient au coeur du débat (emploi, salaires, évolution de carrière, retraites, mais aussi éducation, formation, modes de garde, libre accès pour toutes à la contraception et à l'avortement, respect des préférences sexuelles et des choix de vie, parité dans la vie sociale et publique...)

Pour celles et ceux qui veulent creuser ces questions, plongez-vous dans la lecture et l'analyse du manifeste publié à cette occasion. Si certaines questions font débat, semblent difficiles à appliquer ou à financer, elles ont le mérite d'être posées, ce qui est le préalable à ce qu'elles soient pensées...

 

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Enfin nous étions nombreux à la Nation le soir du 8 mars pour marcher vers la Bastille, derrière différentes bannières et au son de slogans divers réclamant plus de justice et l'égalité pour les femmes.
Dont les Chiennes de garde, et je termine avec cette photo d'Annie-Claire car mon prochain billet portera sur le "publisexisme" et le récent livre sur ce sujet qui décortique la liaison souvent masochiste entre les femmes et la publicité !

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Rédigé par Olympe

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Publié le 21 Février 2012

Pour peu qu'on prête l'oreille à ce qui se passe dans le monde, qu'on tente aussi de garder ouverts nos yeux sur la vie des autres, loin, différents, chaque jour nous apporte des informations dérangeantes sur le sort des femmes en regard des droits de l'homme (presque) partout brandis mais si peu respectés.

 

Si l'une des fonctions de l'art est d'interroger notre humaine condition, le travail entrepris autour de celle des femmes devrait m'occuper encore longtemps. Le poids souvent écrasant des stéréotypes, dans toutes les civilisations, conditionne les femmes à des rôles qui les privent de presque tout développement personnel et entravent leur liberté d'être humain autonome. Réifiées et contrôlées en tant qu'épouses et mères ou exibées en tant qu'objets sexuels à consommer, la voie qui permet d'éviter ces écueils reste étroite et difficile, inacessible encore à la grande majorité des filles qui naissent aujourd'hui.

 

Les rôles sexués restent distribués et contrôlés dès la naissance, nous les perpétuons parfois sans même nous en rendre compte.

A celles et ceux qui s'intéressent à l'éducation par l'image des enfants sur ces questions, je recommande

 

" FILLES d'ALBUMS -les représentations du féminin dans l'album "   de Nelly Chabrol Gagne, édité par L'atelier du poisson soluble.

 

Et ceux qui ont envie de se questionner plus largement sur la place et l'usage de l'image des femmes sont invités à rencontrer et écouter ce choeur de femmes,

actuellement visible dans les rues de Roanne et 12 lieux de la ville

 

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  esplanade du cinéma

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  hall de l'hôpital

& piscine...

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mais également à la bibliothèque du 1er à Lyon jusqu'au 10 mars

 

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et du 6 au 20 mars à la mairie du 2ème à Paris

 

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RV sur radio Libertaire à Paris le 29 février dans l'émission "Femmes libres " de Nelly Trumel à 18h30,

 

ou écoutez l'interview du 18 février autour de ce travail sur le site d' Un matin tout neuf, de Brigitte Patient sur France Inter...

 

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Rédigé par Olympe

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Publié le 20 Novembre 2011


La multitude croissante des pages mises en ligne, encombrant la webosphère et nos petits cerveaux de buzz et d'informations sans intérêt me conduit régulièrement à m'interroger sur la validité de la poursuite de ce blog...

Réagir pour réagir me semble inopportun, et pourtant un faisceau d'informations reçues hier me donne envie de les mettre en relation.
D'abord une amie qui me demande ce que je pense de cette jeune fille culottée, au sens de la répartie bien aiguisée, qui ne s'est pas laissée démonter par les remarques d'un "humoriste", un fils à papa prénommé Nicolas... Pas motivée pour aller écouter ce qui faisait soi-disant du bruit dans le Landerneau des moins de...20 ans ? je suis tout de même allée jeter un coup d'oeil qui m'a atterrée... cette jeune femme me semble juste normale, c'est l'agression qu'elle a subie qui est insupportable.

Parce que cette jeune Mathilde avait osé lui dire dans un français courtois que son livre l'avait déçue, il "pète un plomb" (dixit les sites consultés)... et lui répond (avec humour, dixit le même site) "Qu'est ce que tu veux que je te dise, ma grande... Tu as une belle gueule, mais tu es une connasse...

Alors, tu vas prendre ton micro de merde, tu te le fous dans le cul et tu fous le camps !"

"Tu es comme toutes les p.... tu as envie de passer à la télé !"

Elle lui répond alors :
"Je ne sais pas qui est le plus p... entre vous et moi !"

Je suis atterrée qu'une telle violence verbale, arrogante et vulgaire soit admise quotidiennement sur les chaînes de télévision ou de radio. Elle n'augure aucun progrès dans la lutte contre les violences faites aux femmes dont on parle tant en cette fin de mois de novembre, pour mieux les laisser prospérer ensuite.(Je ne crois pas que notre preux chevalier du rire se serait adressé à un homme en utilisant les mêmes termes). Parce que c'est souvent par le langage que les violences commencent, un langage qui humilie et dévalorise. Qu'on puisse considérer comme de l'humour des échanges aussi vils et dégradants (pour celui qui s'exprime ainsi) doit faire retourner Raymond Devos dans sa tombe. Cet amoureux de la langue, la filant avec finesse jusqu'au énième degré a laissé place à de vils paltoquets dépourvu d'éducation qui se glissent dans le moule médiocre de la petite lucarne jusqu'au naufrage de leur talent - quand ils en ont.

Les insultes ne peuvent que bien rarement passer pour de l'humour, encore moins quand elles sont proférées en public. Cela ne tient pas tant à la grossièreté du langage mais au fait qu'elles visent à blesser et déstabiliser un interlocuteur jugé déplaisant ou jalousé, en prouvant aussi que celui qui les éructe a perdu son sang froid ou n'a pas acquis le minimum de cette politesse qui rend possible (et agréable) la vie en société... Les attaques personnelles sont devenues la pain quotidien des humoristes, c'est plus facile de faire rire en se moquant de l'apparence de quelqu'un qu'en jonglant avec les mots ou en faisant (réellement) preuve d'esprit...
Mais on croise tous les jours des enfants "mal élevés", qui se permettent tous les abus de langage ou de comportement avec "l'autre" qu'ils considèrent toujours comme leur étant inférieur et redevable...

Ces considérations me renvoyaient à un débat d'une toute autre tenue entre Renaud Camus ("Décivilisation"-essai) et Claude Habib ("Un sauveur" -roman) entendu le matin même dans l'émission Répliques où nos deux auteurs débattaient du thème proposé par Finkielkraut "Malaise dans la civilisation", en évoquant justement la question du langage et de la maîtrise de la langue chez les jeunes - sa possible dégradation renvoyant à une tout aussi probable dégradation de notre sentiment d'humanité.

http://www.franceculture.fr/emission-repliques-malaise-dans-la-civilisation-2011-11-19

Serions-nous en voie de déshumanisation ? Ce genre de buz et les faits divers odieux devraient nous conduire à nous demander dans quel monde nous avons envie de vivre, et comment nous pourrions bien le construire avec les jeunes générations (et les plus âgées aussi)...
Faute de savoir quels modèles et quelles valeurs nous avons envie de partager et transmettre, nous pourrions générer des monstres, égarés dans un monde incohérent, hostile et violent ou la jouissance se trouverait d'abord dans la souffrance et le mépris de l'autre...

Pourtant le succès populaire des Intouchables montre que ce qui nous fait du bien dans la rencontre avec l'autre c'est d'abord d'y éprouver de la justice et du respect - voire de l'amour en cas d'affinités électives. Mais pas de la compassion ni de la charité.(absentes du film) Ni surtout cette violence gratuite (physique ou symbolique) qui s'exhibe sur tous les écrans devant lesquels on visse les enfants dès le berceau. Il ne s'agit pas de la nier, mais pourquoi la valoriser autant si on souhaite vraiment la réduire dans les rapports sociaux - en particulier envers les femmes ? Elle crée de l'angoisse et de la peur chez les spectateurs - surtout les plus jeunes abandonnés seuls devant une junk tv. Elle diffuse l'idée qu'on vit dans un monde ultraviolent et qu'il faut donc se préparer à devenir soit agresseur soit agressé, et puis revendiquer l'ordre plutôt que la liberté, les caméras et les prisons (qui se construisent à tour de bras en ce moment en France) plutôt que la solidarité et l'éducation.
Je reviendrais sur cette question des femmes et de l'insécurité - ou du moins du sentiment qu'elles en ont (une enquête très éclairante a été publiée récemment).

Pas de "happy end" dans le film, Philippe ne guérit pas par miracle et Driss ne devient pas Pgd de LVMH... mais ils ont construit leur amitié sur le respect de leurs différences qu'ils utilisent pour se renforcer l'un l'autre, se faire grandir en humanité et en tolérance, au lieu de les opposer.
L'argent achète beaucoup de choses mais il ne rend pas toujours heureux et jamais immortel, et la vitalité de Driss reste plus enviable que la fortune de Philippe !
Les images de la banlieue sont sobres, plutôt justes. Elles suggèrent que l'injustice qui touche ses populations les plus fragiles et les moins diplômées - hormis la laideur des lieux où elles sont obligées de vivre, c'est le chômage des jeunes garçons (qui atteint 40% dans certains quartiers) et le poids terrible que cette inactivité forcée fait reposer sur les épaules des femmes, des mères qui s'épuisent à faire des ménages sans réussir à offrir un bel avenir à leurs enfants. Finalement on en revient toujours au courage des femmes !

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Rédigé par Olympe

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Publié le 26 Octobre 2011

Revenons aujourd'hui sur ces questions des violences faites aux femmes. Tous ces moments de la vie quotidienne où la force est usée contre le droit, la contrainte à la place du consentement ou de la négociation, l'intimidation pour contrer la liberté d'être, de s'exprimer, de faire valoir ses droits, de choisir, d'aller et venir...

Mais ne nous y trompons pas et interrogeons-nous aussi plus globalement sur la violence (banalisée, légitimée ?) des rapports sociaux. Il semble illusoire de ne s'attaquer qu'à une partie du problème auquel les femmes servent aussi d'exutoire...
(cf le Dictionnaire de la violence  de Michela Marzano qui vient de sortir aux Puf/quadrige)

Les plus fort ont toujours utilisé la contrainte envers les plus faibles, les armes "modernes" ont permis à ceux qui les détenaient de s'approprier les territoires de ceux qui ne pouvaient les défendre efficacement. Dans notre société qui glorifie la performance individuelle et l'avoir plutôt que l'entraide et l'être, l'humain reste un prédateur sur les plus faibles (" T'as des bottes mon pote, elles me bottent...") - et donc souvent l'homme sur la femme qui lui est généralement physiquement inférieure. La plupart des hommes qui mettent des "raclées" à leurs femmes n'y reviendraient pas s'ils craignaient des représailles à la hauteur de leur sauvagerie. De même le maître sur l'esclave, le colon sur le colonisé et parfois l'adulte sur l'enfant. Le sentiment d'impunité galvanise certaines formes de violence ou de torture.
Mais justement, dans les démocraties modernes, les femmes ont le droit pour elles, même s'il leur faut beaucoup de courage pour aller affronter un agresseur au tribunal, tant elles craignent souvent une vengeance de sa part ou de celle de son entourage (sa bande, sa famille...). C'est un des domaines dans lequel elles ont particulièrement besoin d'êtres soutenues et accompagnées afin que triomphe le droit le plus souvent possible et que reculent les actes de violence impunis.
            C'est le propre des démocraties d'œuvrer à faire passer le droit et la justice avant la force, la corruption et la contrainte, et de défendre l'égalité de tous devant ces droits, même si l'on a encore trop souvent l'impression que les puissants sont "plus égaux" que les faibles, les riches que les pauvres, les hommes que les femmes...

Un long chemin reste à parcourir vers cette égalité qu'un humanisme universaliste appelle de ses vœux.
Revenons d'ailleurs un moment sur les assises de l'éducation à l'égalité entre les sexes qui viennent de se terminer à l'Institut Emilie du Châtelet sur les questions liées à la petite enfance, la sexualité, les femmes et la science, l'égalité au travail.
Elles furent passionnantes et je vous engage à en consulter les communiqués et débats sur le site de l'institut :

http://www.institutemilieduchatelet.org/Assises/Assises2011.html

Il apparaît qu'aujourd'hui encore, et dans tous les domaines, les violences physiques ou symboliques (comme le dénigrement ou l'assujettissement du féminin dès la petite enfance ou plus tard à l'école puis dans l'entreprise - le harcèlement, les salaires inférieurs et la précarité) sont un frein puissant à l'émancipation des femmes et à leur égalité avec les hommes dans tous les domaines de la vie sociale ou privée.


STOPViolences2011blog


Alors que s'annonce déjà "la journée contre les violences faites aux femmes" du 25 novembre, je vous invite à en faire, avec les hommes et les femmes qui vous entourent, un objet de réflexion et d'action quotidiennes pour les faire reculer. Mettons le plus souvent possible la parité au coeur de nos débats, de nos échanges, de nos actions...


Pour augmenter la prise de conscience collective de ce fléau et des actions à mener pour le combattre, de nombreux collectifs appellent à manifester le 5 novembre prochain :

manif5nov

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Rédigé par Olympe

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Publié le 26 Septembre 2011

26 septembre, journée mondiale de la contraception...

p2Encore un domaine où l'on piétine en France, voire même régresse, pourtant il nous concerne tous. Mettre un enfant au monde ne devrait plus être vécu comme une fatalité ou une catastrophe. Au niveau mondial le constat est encore pire. La majeure partie des femmes n'a pas accès à la contraception et subit ses maternités avec plus ou moins de bonheur - et trop souvent de malheur, bénéficiant rarement d'un suivi médical minimum autour de la grossesse et de l'accouchement qui la met encore trop souvent en danger de mort. Et beaucoup d'hommes ne s'en préoccupent même pas, associant fertilité et virilité et laissant les femmes assumer dans leurs corps les conséquences de leurs désirs "irrépressibles" et "impérieux".


Aujourd'hui le planning familial, parent pauvre d'une santé publique attaquée de toutes parts par ceux qui visent de gros profits privés, est insuffisamment soutenu par l'Etat et trop peu présent auprès des jeunes et des femmes des milieux les plus défavorisés.

Certes on peut trouver toutes les informations nécessaires dans les bibliothèques ou sur internet (sur le site doctissimo par exemple), encore faut-il être en mesure d'y accéder, de les comprendre et de les mettre en pratique. Et pour cela la médiation humaine reste indispensable.
Les jeunes ont besoin d'entendre des adultes s'exprimer clairement sur ces questions en leur rappelant leurs droits respectifs. (et défaire certaines rumeurs qui peuvent circuler chez les ados...) Non le corps des femmes n'est pas un bien de consommation comme un autre pour les hommes - même si la publicité encourage l'imaginaire masculin à naviguer dans ces eaux troubles où sont manipulés les ressorts du désir et du plaisir pour engendrer de la consommation addictive... (et contre laquelle nous devrions bien plus souvent protester vigoureusement, avec les chiennes de garde par exemple. )

http://www.chiennesdegarde.com/

Avec une omniprésence dans la vie quotidienne qui la rend agressive, la publicité contribue aussi, plus ou moins profondément, à l'élaboration de notre imaginaire et de notre vision du monde.
Si nous acceptons que les femmes y soient sans cesse représentées comme des objets sexuels dont on peut jouir à bon droit et sans limite, ou au moins que l'image de leurs corps (souvent très dénudés et parfois malmenés) soit utilisée pour associer une pulsion sexuelle à une pulsion consumériste pour du fromage ou une voiture... ne nous étonnons pas que nous ayons parfois du mal à faire progresser le respect de notre altérité et de notre intégrité physique.

Si nous acceptons que les radios qui colonisent les oreilles, et l'esprit, des adolescents (NRJ, Skyrock...), leur disent quotidiennement, qu'avec quelques claques bien senties ils amèneront leurs copines à se soumettre à leurs désirs, n'espérons pas qu'ils  considèrent un jour les femmes comme des alter-ego ! (cf article du journal Politis ) Si certains objectent qu'ils font de l'humour et que vous êtes quiche de vous en offusquer, proposez-leur de faire le même humour en remplaçant le groupe "femmes" dans leur humour par celui de "noirs", d'"arabes" ou de "juifs"... Cela ferait sans doute sauter le standard de la Halde... http://www.halde.fr/Missions-et-pouvoirs,11013.html

Qu'attendons-nous pour contrer le racisme quotidien contre les femmes ? Non, nous ne sommes pas obligé(e)s de rire de ce sexisme ordinaire... La noblesse de l'humour est de faire appel au second degré, hors nous avons affaire à des fanfarons qui ne dépasseront jamais le premier degré, celui qui confond souvent l'humour avec la méchanceté, celui qui se repaît d'attaques contre ceux qui sont différents, en position de faiblesse, minoritaires, en dehors de la norme...

J'ai sans doute l'air de m'égarer un peu dans cet article, mais je crois qu'on ne peut pas séparer les problèmes les uns des autres et les extraire de la complexité du monde dans laquelle ils sont enchâssés.  
La contraception est une révolution majeure du XXème siècle pour l'émancipation des femmes, elle implique qu'elles peuvent accéder à une maitrise de leur corps pleine et entière en vue d'une sexualité épanouissante, ce que la société patriarcale a encore beaucoup de mal à accepter, la notion de sexualité sous-entendant encore très largement la mise à disposition du corps des femmes pour le plus grand plaisir des hommes (et très rarement celui des femmes, ne nous y trompons pas), mise à disposition encouragée, encadrée ou interdite par le pouvoir masculin et récupérée par le système marchand...

Que ce soit par le biais des religions ou de cette marchandisation croissante du corps des femmes (légale ou illégale) que représentent dans ses aspects les plus violents l'industrie de la pornographie ou le trafic prostitutionnel et leurs épiphénomènes, c'est (presque)toujours les hommes qui maîtrisent - par la persuasion ou par la force - le corps et la sexualité des femmes, c'est eux qui disent le droit ou font appliquer leurs propres règles en ce qui concerne la vie sexuelle des femmes, même si ces règles sont contraires à leur santé, à leur liberté ou à leur bonheur ...("civil" ou "arme de guerre", la question du viol demanderait un article à elle seule.)

La contraception reste bien un combat fondamental pour l'émancipation des femmes, et que celles et ceux qui en ont la disponibilité n'hésitent pas à rejoindre le planning familial et prendre part à ses actions d'information et de soutien sur le terrain, mais ce combat ne peut être mené en dehors de celui qui vise l'émancipation des femmes dans une société qui ferait respecter le droit à l'égalité de tous les individus qui la compose, et dans tous les aspects de la vie sociale (travail, santé, éducation...). C'est bien un combat politique, un projet de société à défendre...
(la fermeture de services de gynécologie ou de centres d'IVG rend l'accès à l'avortement de plus en plus difficile aujourd'hui en France, cet été le planning parisien a du accompagner plus de  70 femmes à l'étranger faute de place en temps et en heure...). Une politique de planning familial ambitieuse et dotée de moyens devrait viser à rendre la Maternité heureuse pour toutes les femmes vivant sur le territoire...

Je termine en vous recommandant le très bel article de Nancy Huston sur le site de Libération, il alimentera vos réflexions sur ce sujet du droit des femmes à disposer de leurs corps..

http://www.liberation.fr/societe/01012361259-il-y-a-deux-ans-disparaissait-une-fille-de-joie

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Rédigé par Olympe

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