Publié le 29 Mai 2014

“Deux jours, une nuit” (prix du jury oecuménique à Cannes)

La sobriété cinématographique des frères Dardenne nous emmène une fois de plus loin, très loin, de ce qui informe le cinéma dominant : le poids des effets spéciaux , l'utilisation de rythmes trépidants, de violences physiques avec leur flots d'hémoglobine, de vedettes glamour - aux muscles saillants pour les messieurs, et bien sûr de quelques scènes de sexe plus ou moins crues pour attirer un large public. Rien de tout cela dans leur film ! Ils ne vendent pas du rêve formaté, ne cherchent pas à jouer avec nos pulsions ni à nous distraire du monde dans lequel nous vivons, mais ils nous invitent plutôt à le penser au travers du parcours d'un très beau personnage féminin qu'ils n'ont nul besoin de déshabiller pour justifier sa présence à l'écran.

Marion Cotillard, tout en retenue dans le rôle de Sandra qu'elle habite subtilement sans lui ravir la vedette, doit reprendre son travail après 4 mois d'arrêt pour dépression. Elle apprend par une collègue que le patron de l'entreprise a mis son poste sur la balance face aux primes des salariés. Poussés - voire harcelés et désinformés par un contremaître malveillant - ils ont voté pour leurs primes et son licenciement. Juliette, indignée par cette manoeuvre, fait venir Sandra pour convaincre le patron d'organiser un nouveau vote à bulletin secret le lundi matin. Sandra dispose alors du week-end pour aller voir ses collègues chacun à leur tour et défendre sa place dans l'entreprise. Même si elle a été déclarée "guérie" de sa dépression, la perspective de perdre son emploi la fragilise et lui fait avaler des cachets tout au long du film pour trouver la force d'éviter la rechute et conserver sa dignité - ne pas s'effondrer en larmes devant des collègues qu'elle ne juge pas mais qui défendent leur prime avec des raisons qui leur sont propres - qu'elles soient vitales ou assez futiles. Bien sûr il y a ceux qui la soutiennent - ceux pour qui c'est une question de solidarité, de justice sociale, d'amitié... Il y a ceux qui font preuve d'empathie et réfléchissent à ce qu'implique ce marché de dupes imposé par l'employeur. L'entreprise a tourné avec une personne de moins, ils ont fait des heures supplémentaires qui permettent aux mieux lotis de consommer davantage et aux autres de garder la tête hors de l'eau, fut-ce au prix de sa noyade à elle. Mais il y a les autres aussi... Aura-t-elle la capacité de convaincre la majorité de ses collègues pendant le week-end et la chance de conserver son emploi dans cette Belgique qui, si elle apparaît assez pimpante sous le soleil, voit sa population ouvrière souffrir des mêmes maux que les autres européens ? La souffrance de Sandra est palpable, elle a l'impression de quémander sa place dans l'entreprise, de voler leur prime à ses collègues, elle se sent coupable au lieu de mettre en question un système inique. Souvent au bord de l'effondrement tant l'énergie qu'exige cette quête est intense, elle est soutenue inlassablement par Manu, personnage masculin exemplaire, aimant et respectueux qui n'utilise jamais sa masculinité pour se mettre en position dominante par rapport à sa femme en détresse, et qu'on peut mettre en parallèle avec la violence de certains autres personnages masculins du film qui y jouent leur idée de la virilité. Ils rejouent dans leurs couples ou familles les schémas de domination mis en place dans le monde du travail.

Les différents protagonistes de cette histoire qui sont confrontés à ce dilemme se révèlent lors des rencontres avec Sandra. Souvent ils en apprennent aussi sur leurs proches amenés à se prononcer sur le choix. Ils sont plus ou moins capables de lui faire face, de simplement lui parler. Cette tragédie n'est pas imposée par "les dieux" ou par la nature, mais découle de décisions prises par les décideurs économiques dont les modes de gestion sont de moins en moins remis en question par les responsables politiques - alors qu'ils sont confrontés à leurs conséquences dramatiques dans la vie de leurs concitoyens. Le rôle du politique est d'organiser des modes de vivre ensemble qui contribuent au bien-être du plus grand nombre possible et à la stabilité sociale et économique d'un pays ou d'une région, de peser du côté de la justice dans les rapports de forces en présence, et pas de défendre des intérêts économiques privés et volatiles qui ne visent que la maximisation de leurs profits et ne se sentent aucune ou peu de responsabilité humaine et sociale, alors qu'ils attendent de leurs salariés une disponibilité et une flexibilité illimitées. La flexibilité est un terme choisi de la novalangue managériale qui renvoie à la servilité voire ou servage qui est bien proche de l'esclavage dans les pays où le droit du travail est inexistant ou piétiné. L'OIT a adopté à l'unanimité en 2008 sa nouvelle déclaration de foi, une belle « Déclaration sur la justice sociale pour une mondialisation équitable », mais aucune loi ne s'oppose au commerce avec les nombreux pays qui n'appliquent pas ses recommandations ou bafouent les droits humains les plus élémentaires - en mettant en péril les progrès sociaux de pays ayant visé la justice sociale à un moment de leur développement (comme la France avec le front populaire puis le conseil national de la résistance).

Aujourd'hui les 86 personnes les plus riches du monde (au moins 90% d'hommes) détiennent autant de richesses que la moitié la moins riche de la population mondiale (environ 3,6 milliards de personnes dont 1,5 milliard vivent dans la grande pauvreté, en majorité des femmes)... Ce ne sont pas les richesses qui manquent aujourd'hui, mais leur répartition qui pose problème.

Lors du tournage les frères Dardenne ne pouvaient pas savoir quelle actualité sociale aurait leur film - même s'ils pouvaient être certains qu'il en aurait une. Aujourd'hui ce sont les salariés de l'usine de la Seita à Carquefou qui se battent pour leurs emplois et leur survie. Ils occupent l'usine depuis quelques jours en retenant les cadres de la direction.
Après avoir appris en mars, par une fuite, le projet de fermeture de leur usine, ils ont subi des pressions de leur hiérarchie pour augmenter le rendement, elle a même dépêché des huissiers pour contrôler leur travail - des pressions telles qu'aujourd'hui une centaine de salariés sont en arrêt maladie. Détenue aujourd'hui par la britannique Imperial Tobacco qui a déjà supprimé un millier d'emplois en France en 2008 lors de sa prise de direction, la Seita va devoir subir un nouveau démantèlement qui verra un tiers de ses emplois disparaître dans ses sites français (+ de 300), au profit d'une relocalisation en Pologne où seront créés 130 emplois. Parallèlement la fermeture de l'usine de Nottingham mettra 540 personnes au chômage. Arguant de la baisse de la consommation et des lois anti-tabac dans les pays développés, Imperial Tobacco veut faire des économies en Europe pour augmenter ses profits - 500 millions de bénéfice en 2013 pour 12 milliards de cigarettes vendues. Les marchés des pays émergents leur promettent l'explosion de ces bénéfices s'ils savent convaincre les populations qui améliorent leur niveau de vie de se mettre à fumer, le plus jeune possible. C'est l'enjeu dans des pays où la loi ne protège pas les citoyens des méfaits du tabac, ni en les informant sérieusement, ni en limitant la publicité, ni en prenant en charge les soins des malades... Et comme toujours l'annonce de ces centaines de licenciements a été accompagnée le même jour d'une hausse de 0,7% de l'action Imperial Tobacco à la Bourse de Londres.

Une Europe sociale et solidaire reste à construire, où l'égalité femme/homme soit une réalité qui permette au plus grand nombre d'unir leurs forces et leur intelligence, et de collaborer pour inventer un autre avenir à leurs enfants que celui que leur promettent certaines multinationales et les fronts de la haine qui se multiplient en Europe. Pour mieux comprendre l'histoire, la complexité, les enjeux et les conséquences d'une économie mondialisée au profit d'un très petit nombre d'individus, je vous recommande la très instructive (et non moins agréable) lecture de ce roman graphique de Michael Goodwin et Dane E. Burr :

Economix

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Rédigé par Olympe

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Publié le 14 Mai 2014

Il y a un mois, une bande de terroristes islamistes sans foi ni loi enlevait brutalement plus de 200 lycéennes nigérianes, non seulement pour avoir des esclaves à leur disposition mais pour porter un coup qu'elle espère fatal à la société civile nigériane et à ses institutions - surtout à l'éducation des enfants. Devant l'incapacité de leur gouvernement à leur ramener leurs filles, les parents se sont tournés vers la communauté internationale en réclamant leur retour (Bring back our girls !) et petit à petit un mouvement de colère s'est propagé à travers le monde, les médias ont commencé à parler de cette infamie partout et des manifestations sont organisées.

Hier soir un rassemblement a eu lieu au Trocadéro à Paris, à l'appel de très nombreuses associations. Le moins que l'on puisse dire c'est que le compte n'y était pas vu l'importance de l'enjeu.(Il faut dire qu'une première manifestation "people" s'y était déjà tenue le matin attirant les médias)

L'éducation et la connaissance sont les principaux vecteurs de l'émancipation humaine. En développant la liberté et la capacité de penser par soi-même, elles permettent une meilleure compréhension du monde, la prise en main de son destin individuel et collectif, et une remise en question des pouvoirs qui tentent d'enfermer l'esprit humain dans des croyances qui vont lui dicter (tous) ses comportements et le priver parfois de tout libre-arbitre et de toute rationalité- qu'ils soient religieux ou politiques.

Il n'y a pas si longtemps encore en France un député se proposait d'interdire d'apprendre à lire aux filles pour mieux les conditionner dans un rôle de mère et d'épouse soumises à une domination masculine qui veillait à ses prérogatives en s'appuyant sur la religion. Si Poullain de Barre expliquait déjà en 1673 - dans « De l’égalité des deux sexes » - que les différences entre les femmes et les hommes trouvaient leur origine dans le conditionnement de la culture, on voit qu'aujourd'hui encore l'abc de l'égalité n'est toujours pas acquis par tous et reste à enseigner dès le plus jeune âge...

Pour que cet idéal de liberté et d'égalité porté par l'universalité des droits humains continue à croître et embellir et ne régresse pas, défendons partout et pour tous cette connaissance qui libère et oblige tous les pouvoirs autoritaires à disparaître ou à se réformer pour devenir compatibles avec une démocratie vivante et féconde... A l'échelle mondiale le chemin est encore long, il passe d'abord par l'égalité entre les filles et les garçons dans le droit à l'éducation et celui de disposer librement de sa vie - encore trop largement dénié aux femmes.

Le retour de toutes ces lycéennes dans leurs familles - et l'aide de la communauté internationale pour les soigner, les éduquer et les protéger après cet enfer qui pourrait les condamner aux yeux de leur communauté - est un signal très fort pour combattre tous les obscurantismes à l'oeuvre aujourd'hui, en Europe comme ailleurs !

Soutenez cette action en signant la pétition qui va bientôt atteindre un million de signatures et en donnant des moyens financiers aux organisations sur le terrain.

https://www.change.org/fr/p%C3%A9titions/plus-de-200-jeunes-filles-ont-disparu-au-nigeria-portez-leur-secours-bringbackourgirls

Pour aller plus loin sur cette question, j'ajoute le communiqué suivant du réseau abolition 2012 :

COMMUNIQUE DE PRESSE

Abolition 2012

Emotion et mobilisation à deux vitesses !

200 nigérianes à vendre par Boko Haram...

Des milliers vendues sur nos trottoirs au profit des clients prostitueurs français !

François Hollande doit faire preuve de cohérence au sommet africain de samedi.

Paris, le 13 mai 2014

La France et la communauté internationale sont aujourd'hui mobilisées pour porter secours aux 223 adolescentes enlevées et séquestrées au Nigeria par le groupe Boko Haram. Nous nous en félicitions ! Mais nous tenons à rappeler que sur notre propre territoire, et dans une quasi-indifférence, des milliers de jeunes femmes nigérianes sont tenues en servitude sexuelle par des réseaux internationaux les ayant achetées et revendues pour alimenter le marché prostitutionnel français.

Alors que la France a proposé l'organisation d'un sommet des dirigeants africains à Paris portant sur la sécurité au Nigeria, il serait bon et cohérent que le Président de la République commence par y annoncer que la France prendra désormais toutes ses responsabilités pour lutter contre l'esclavage sexuel des jeunes femmes nigérianes en condamnant tout achat d'un acte sexuel. Le marché prostitutionnel français, alimenté au profit des clients prostitueurs français, porte en effet une immense responsabilité dans l'enlèvement, l'achat et la revente, chaque année, de milliers de jeunes nigérianes par les réseaux de trafiquants internationaux.

Des milliers de jeunes femmes nigérianes exploitées violemment sur les trottoirs français

Chaque semaine, les associations de soutien aux personnes prostituées rencontrent de jeunes femmes nigérianes, parfois mineures, toujours profondément isolées, vulnérables et réduites à la prostitution par des réseaux parfaitement organisés. Ces réseaux les achètent au Nigéria, les conditionnent au prix de violences massives et d'emprise psychologique vaudoue, puis les transfèrent en France et les exploitent sur les trottoirs de nos villes.

Une exploitation qui rapporte 15 millions d'euros en France selon la DCPJ

Le phénomène est tellement massif que la Direction Centrale de la Police Judiciaire a publié en juin 2011 une note spécifique à ce sujet. La police française y précise que les jeunes femmes nigérianes sont victimes de violences physiques et de privation de nourriture tandis que leurs familles sont menacées au pays. Elle rappelle aussi que le seul proxénétisme nigérian en France rapporte 15 millions d'euros à ses auteurs.

http://www.leparisien.fr/faits-divers/prostitution-le-spectaculaire-boom-des-reseaux-nigerians-07-07-2012-2081271.php

Rendons-leur leurs filles ! Bring back our girls !

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Rédigé par Olympe

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Publié le 25 Avril 2014

Quand je vous invitais à lire l'article de médiapart dans le précédent billet, la liste féministe pour les élections européennes n'avait pas encore vu le jour.

C'est la résistance diffuse des conservateurs européens de tous poils - politiques et religieux - devant l'exigence d'une égalité femme/homme dans tous les domaines, à mettre en oeuvre dès le plus jeune âge et à inscrire dans la loi, qui a conduit 160 féministes à se réunir début avril pour débattre de la possibilité de créer une liste féministe pour les élections européennes.

Dans un bel élan d'enthousiasme malgré le très court laps de temps restant avant les élections du 25 mai prochain, la majorité des présent-e-s a souhaité s'investir dans l'aventure. Venu-e-s pour la plupart du monde associatif et militant, elles ont décidé de conjuguer leurs efforts pour faire entendre qu'il n'y aurait pas d'Europe sociale et solidaire sans une égalité femme/homme sans compromissions économiques ou religieuses. Une égalité qui piétine en France depuis quelques décennies malgré un certain nombre d'avancées législatives - dont la parité qui permet de lever certains verrous et de contrer les résistances misogynes.

Si la France s'est dotée d'une première loi pour l'égalité des salaires dès 1972, celle-ci n'est toujours pas effective. Elle est souvent contournée par une sous-estimation symbolique de tout travail effectué par une femme. En conséquence, les métiers dits "féminins" (touchant essentiellement au soin à la personne, à l'éducation, à l'entretien et au secrétariat et effectués souvent à plus de 90% par des femmes) sont sous-payés par rapport aux emplois majoritairement "masculins" de niveau de qualification ou de compétence équivalent.(industrie, bâtiment etc). Parallèlement, quand les femmes investissent certains domaines jusque là majoritairement masculins, ils sont dépréciés - tant symboliquement que matériellement. (enseignement, santé, justice...)

On parle encore de qualités "naturelles" des femmes pour tous ces travaux absolument indispensables et souvent vitaux qu'elles font gratuitement dans la sphère privée, et non pas de compétences - dont on oublie qu'elles les ont souvent acquises par l'éducation différenciée donnée aux petites filles par rapport aux petits garçons (comportements appris grâce aux livres, aux jeux, aux films et aux modèles imposés aux enfants par les adultes et la propagande publicitaire qui les cible différemment pour segmenter les marchés de l'enfance et de l'adolescence, en renforçant les stéréotypes sexistes).

La patience, l'écoute, l'empathie, la modération, la délicatesse, l'attention aux besoins de l'autre sont des qualités humaines qui s'apprennent tout petit et qu'on attend généralement des filles alors que l'on tolère ou encourage davantage l'impatience, l'agitation, l'agressivité voire la violence ou la volonté de puissance chez les petits garçons.

C'est donc dès la crèche que l'égalité s'apprend, une égalité qui permette de développer le meilleur de chacun en lui laissant ouvertes toutes les options de jeux et d'apprentissages, puis de choix professionnels et sociaux, en fonction de ses goûts et aptitudes. Mais cette égalité remet tellement en question les vieux schémas de domination masculine qui imprègnent encore profondément l'ordre social qu'elle est contestée par une frange de population manipulée par quelques un-e-s qui prônent le retrait de l'école en guise de protestation envers l'Abcd de l'égalité récemment mis en place à la maternelle. Visiter leurs sites internet donne une idée de l'ampleur de la désinformation voire même de la calomnie mises en œuvre pour convaincre les parents.

Un des choix politiques urgent est donc d'assurer à tous les enfants un accès à des services de la petite enfance de grande qualité. Il faut donc ouvrir des crèches et former sérieusement toutes les personnes amenées à s'occuper des enfants. (et pas augmenter le nombre d'enfants par assistante maternelle pour gonfler le nombre de place en diminuant la qualité du service. Il serait bon aussi de changer le terme qui suggère qu'une femme assiste - presque naturellement - une autre femme et non pas qu'un-e professionnel-le effectue un service pour une famille. Pourquoi pas "Auxiliaire de la petite enfance" ? ).

Cet accueil des jeunes enfants est la condition sine qua non pour faire progresser l'emploi des femmes (surtout quand elles sont mères ou souhaitent le devenir) et l'égalité professionnelle - avec des progressions de carrière, des promotions, des responsabilités et des salaires équivalents. Enfin c'est par un aménagement et une réduction du temps de travail accessibles et partagés par les deux parents qu'on peut espérer voire progresser l'égalité dans le partage des tâches domestiques encore à 80% à la charge des femmes, et l'éducation des enfants. (partage des congés d'éducation, accès aux RTT etc).

Sans une volonté très forte de changement, les femmes continueront à être très majoritaires dans la population pauvre en France (70%), en Europe et dans le monde - surtout quand elles sont seules avec des enfants. Elles continueront à subir davantage le temps partiel, à toucher de plus petits salaires, des indemnités de chômage réduites et des pensions de retraite très inférieures à celles des hommes (aujourd'hui 42% de moins) tout en étant condamnées à la double voire la triple journée. En effet, les femmes représentent aujourd'hui 75% des 4,3 millions d'aidants familiaux qui assistent bénévolement un proche dépendant.

La question de la dépendance est un second chantier auquel l'état doit s'attaquer au plus vite afin de créer un service social qui ouvre un droit d'assistance aux personnes dépendantes, avec des solutions modulables sous conditions de ressources.

La volonté sociale de l'état après la seconde guerre mondiale a été pensée autour de la famille patriarcale et de la mère de famille dépendante d'un mari qui lui ouvrait des droits. Aujourd'hui un état qui a une volonté de justice sociale (et non de "providence" qui est bien une conception à consonance religieuse) se doit de mettre en place des services et des droits pour chacun, sans qu'ils dépendent d'un assujettissement à autrui. Ces droits et services doivent viser à compenser les inégalités sociales de fait - souvent liées à la naissance et à la fortune - et permettre une communauté d'intérêt qui rende possible un vivre ensemble plus harmonieux et pacifique.

C'est au niveau européen qu'il faut aujourd'hui construire la qualité du tissu social en harmonisant les droits par le haut. Les féministes pour une Europe Solidaire nous proposent de construire une Europe de l'égalité et de la solidarité qui passe par le partage et la collaboration entre les femmes et les hommes et s'efforce de ne laisser personne au bord du chemin, une Europe qui ne compte plus sur "les qualités naturelles" des femmes pour réparer ses injustices ou pallier à ses carences, une Europe qui ne les spolie pas du droit à disposer de leur corps et qui les protège de toutes les formes de violences. Une Europe qui reste à dessiner avec les hommes qui mettent l'équité, la liberté et la justice (sociale) au coeur de leurs préoccupations et de leurs combats !

Je vous invite à les découvrir, à les soutenir et même à les rejoindre sur

http://www.feministespouruneeuropesolidaire.eu/

et à les rencontrer lors des manifestations du 1er mai (consulter le site pour connaître les heures et lieux de RV)

Enfin celles et ceux qui veulent approfondir ces questions peuvent lire "Le féminisme pour changer la société", publié par Attac et la fondation Copernic, coordonné par Christiane Marty, un ouvrage concis qui vient de sortir aux éditions Syllepse.5€

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Rédigé par Olympe

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Publié le 21 Mars 2014

Les manifestations liées au 8 mars sont déjà derrière nous, et pour la plupart, les questions liées à l'émancipation des femmes et à leurs droits sont déjà oubliées jusqu'à l'année prochaine.

En surface ou souterraines, elles restent pourtant centrales dans les choix de toutes les organisations sociales et politiques - qu'elles s'appuient sur la démocratie et la laïcité ou s'enracinent dans diverses traditions locales ou croyances religieuses qui leur assignent places et comportements - parfois dits "naturels".

Partout dans le monde, les femmes luttent pour leur émancipation et pour obtenir des droits équivalents à ceux des hommes, elles réclament le respect non seulement de leur intégrité physique mais aussi de leurs droits humains fondamentaux à l'éducation, à la santé, à la sécurité et à la liberté.

Autour du 8 mars, Arte a déployé une très belle programmation questionnant le sort des femmes d'ici et d'ailleurs, multipliant les reportages, les documentaires et les fictions venus des 5 continents. Nous avons eu le plaisir de voir ou revoir "L'étrangère", le très poignant film de Feo Aladag, ainsi qu'un passionnant reportage sur les feuilletons turcs et leur diffusion dans l'espace méditerranéen et moyen-oriental. Il démontrait la force de l'exemple et comment de beaux personnages de femmes qui se battent pour faire valoir leurs droits donnent du courage et de la détermination à des femmes dont l'ouverture sur le monde se tient parfois entièrement dans l'espace de leur petite lucarne. Ces feuilletons, dont les scénaristes sont souvent des femmes - lucides et déterminées - abordent des sujets encore trop souvent tabous : le viol, le mariage forcé, la virginité, le divorce, le travail des femmes... Ils suscitent de la réflexion et du dialogue et montrent aussi des personnages d'hommes aimants et respectueux qui conduisent certaines à oser demander le divorce ou porter plainte contre des conjoints violents, mais aussi à imaginer des relations nouvelles avec des hommes débarrassés des vieux schémas patriarcaux ... (Rappelons qu'en Turquie, 3 femmes décèdent chaque jour des suites de violences conjugales ou masculines, et en France une tous les deux jours...). L' influence de ces feuilletons démontrée par de nombreux témoignages individuels et des manifestations collectives pourrait nous amener à nous interroger sur la qualité et les messages sous-jacents des images que nos sociétés occidentales produisent et diffusent largement auprès des jeunes et des moins jeunes et qui sont tout aussi importantes dans la construction de l'image de soi, de celle de l'autre sexe et des relations femmes/hommes que chacun est amené à se forger dans la société où il vit.

Un autre documentaire passionnant diffusé par Arte, "Forbidden voices", nous présentait 3 femmes - Yoani Sanchez (Cuba), Farnaz Seifi (Iran) et Zeng Jinyan (Chine) - qui affrontent des gouvernements totalitaires pour défendre les droits humains - en particulier ceux des femmes - et la liberté d'expression, d'opinion et d'information grâce à leurs blogs. Entre censure, interdiction, intimidation, arrestation et emprisonnement ou exil, elles sont courageuses et lumineuses ! Elles devraient nous inspirer pour faire avancer des droits que nous considérons trop souvent comme acquis alors qu'ils sont en permanence fragilisés et remis en question sous différents prétextes de nature économique ou idéologique.

Le rejet d'un nouveau rapport européen visant la promotion de l'égalité femmes/hommes a conduit plusieurs associations féministes à publier une tribune sur Médiapart, que je vous invite à lire...

http://blogs.mediapart.fr/edition/les-batailles-de-legalite/article/180314/quand-une-europe-garantie-sans-conservateurs

(un différent sur la question de la prostitution a conduit 25 députés Verts à s'abstenir, ce qui a permis aux partis conservateurs et d'extrême-droite de remporter le vote)

Alors que des échéances électorales nationales et européennes nous amèneront prochainement à donner nos voix à des responsables politiques, je vous invite toutes et tous à tenir compte de leurs positionnements sur ces questions et à les interpeller sur leurs engagements en matière d'égalité de droits et de salaires, de promotion des modes de garde, d'accès à l'éducation, au logement, à la santé, aux droits reproductifs et aux responsabilités des femmes (respect ou instauration de la parité dans toutes les instances consultatives ou décisionnaires...). On ne peut ériger une société plus juste et plus harmonieuse en dépréciant ou en ignorant les besoins et aspirations de la moitié de ses membres.

L'égalité femmes/hommes devrait être le socle d'une société humaine qui de l'échelle locale à la dimension mondiale vise la lutte contre les inégalités et l'éradication d'une pauvreté entretenue par des rapports de domination des puissants (économiquement, militairement ou politiquement) sur les populations les plus faibles et les plus démunies - très souvent illettrées (dont une grande majorité de femmes et d'enfants). La pression qui s'accroit de toutes parts sur notre planète rend illusoire toute volonté des pays les plus riches de se barricader derrière des frontières implacables avec les humains mais perméables aux catastrophes écologiques à venir et aux trafics en tous genres (d'humains, de biens et de capitaux...). Il est de plus en plus urgent d'inventer de nouveaux rapports humains - socio-culturels, économiques, écologiques et politiques, car ceux qui dominent aujourd'hui pourraient bien nous conduire au désastre.

Pour cela écoutons et soutenons les femmes en résistance et leur magazine actuellement en danger..

Je reproduis ici leur appel à soutien !

Abonnez-vous, soutenez-les ! Quand je vois les montagnes de superficialité qui encombrent les kiosques et diffusent une vision réifiante des femmes, je suis désolée de voir que leur intelligence et leur combattivité peinent autant à être mis en valeur et reconnues !

UN MOIS POUR SAUVER LE MAGAZINE "FEMMES EN RESISTANCE"

Et si ... les médias donnaient une autre image des femmes ?
... elles se trouvaient au premier plan dans plus de 20 % des infos ?
... les femmes étaient présentées autrement que comme des mères, des épouses,
des fashionistas ou des victimes ?
... les militantes, les cheffes d'entreprise, les physiciennes... avaient enfin droit au chapitre ?
... d'autres modèles étaient donnés à nos adolescent-e-s ?..

C'est pour mettre en lumière ces femmes, dans leur diversité, que l'association Femmes ici et ailleurs a lancé FEMMES EN RESISTANCE, un trimestriel d'informations qui ouvre d'autres champs des possibles. Ce magazine citoyen laisse une grande place à des reportages photos exclusifs et à des actus originales d'ici et d'ailleurs.

Cette publication unique risque pourtant de s'arrêter net.

Attaquer les stéréotypes dans l'information est une vraie mission d'intérêt général. Trop engagé/trop féministe pour certains, trop spécialisé pour d'autres... Il faut du temps pour rencontrer, expliquer et arriver à lever ces obstacles.

C'est ce que l'équipe de Femmes en résistance tente de faire depuis plus d'un an. Contrairement à de très nombreux médias, la revue ne reçoit plus aucune subvention. Indépendante, l'association n'a plus la trésorerie nécessaire.

Pour sauver le magazine, une solution collective existe...

Cette publication unique risque pourtant de s'arrêter net.

Attaquer les stéréotypes dans l'information est une vraie mission d'intérêt général. Trop engagé/trop féministe pour certains, trop spécialisé pour d'autres... Il faut du temps pour rencontrer, expliquer et arriver à lever ces obstacles.

C'est ce que l'équipe de Femmes en résistance tente de faire depuis plus d'un an. Contrairement à de très nombreux médias, la revue ne reçoit plus aucune subvention. Indépendante, l'association n'a plus la trésorerie nécessaire.

Pour sauver le magazine, une solution collective existe...

- Devenez actrice-teur de ce projet.

- Engagez-vous pour que cette info existe.

- Recevez cette actualité différente. ... pour 1,65 € par mois

L'association a besoin de 900 marraines/parrains, réuni-e-s dans le "Collectif Femmes en résistance".

Le système est simple, il évite le renouvellement d'abonnement et il peut être interrompu à tout moment.

Vous pouvez rejoindre ce Collectif en acceptant un prélèvement bancaire mensuel de 5 €.

Le coût réel n'est que de 1,65 € : l'association étant reconnue d'intérêt général, vos dons vous permettent de bénéficier d'une réduction d'impôt de 66 % de la somme versée, dans la limite de 20 % de votre revenu imposable.

Chaque trimestre, les marraines et parrains sont les premier-ère-s à recevoir le magazine dans leur boite aux lettres !

Pour rejoindre ce Collectif, sauver le magazine et garantir son indépendance, merci de renvoyer le bulletin (à télécharger ici), avec votre RIB, à l'association.

Le temps est compté. Il reste un mois à l'association pour rassembler ces marraines et parrains.

Si l'objectif de 900 personnes n'est pas atteint, aucun prélèvement ne sera mis en place.

Mobilisons-nous pour un magazine d'information différent,

qui libère les femmes des stéréotypes.

Nathalie Cayuela, Présidente

Nathalie Poirot

Association Femmes ici et ailleurs

20, rue de la Rize – F-69003 Lyon / Tél. : +33 (0)4 37 43 02 35

Courriel : contact@femmesenresistancemag.com

http://www.femmesenresistancemag.com

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Rédigé par Olympe

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Publié le 26 Janvier 2014

Le nouvel ordre sexuel

Dans Mythologies (que nous pouvons lire et relire tant il alimente avec intelligence nos réflexions sur le monde contemporain en les enracinant dans les processus socio-historiques récents) Roland Barthes nous parlait déjà du divorce accablant de la connaissance et de la mythologie. " La science va vite et droit en son chemin mais les représentations collectives ne suivent pas, elles sont des siècles en arrière, maintenues stagnante dans l'erreur par le pouvoir, la grande presse et les valeurs de l'ordre."

Il y a déjà plus de 50 ans que la science, par l'intermédiaire de la biologie et de la médecine, a permis aux femmes de maîtriser leur fécondité en mettant au point la pilule contraceptive qui sépare la sexualité de la reproduction, et presque 40 ans que la loi française autorise les interruptions médicalisées de grossesse (rappelons qu'avant cette date, et dans les pays où l'avortement est interdit, les interruptions de grossesse clandestines causent des milliers de décès) . Ce qui devrait apparaître comme un immense progrès pour l'humanité - devenue capable de maîtriser sa procréation et d'en faire un acte de volonté désirante et lucide et non plus de la subir - éventuellement comme une punition divine ou une servitude naturelle, est encore combattu par des forces réactionnaires et archaïques. Sans doute parce que cette liberté nouvelle s'adresse d'abord aux femmes auxquelles elle permet de choisir leur vie et non plus de la subir sous domination masculine. Nombre d'hommes se sentent plus ou moins consciemment touchés dans leur puissance virile en autorisant les femmes à décider elles-mêmes de leur vie alors que depuis si longtemps elles se trouvaient sous leur domination parfois totale - que ce soit par le mariage, le viol ou la prostitution. De plus, nul ne leur demandait généralement de compte sur les grossesses accidentelles dont ils pouvaient abandonner le fardeau, l'angoisse et l'opprobre sur les femmes, jusqu'à ce que la science mette au point les tests ADN - auxquels ils sont encore nombreux à ne pas devoir se soumettre.

A ce propos, celles et ceux qui ne l'auraient pas encore vu, peuvent découvrir le très beau et poignant film "Sarajevo, mon amour" de Mirjana Karanovic, Ours d'or à Berlin en 2006.

Après le rejet par le parlement européen en décembre dernier de la proposition de loi de la députée du parti socialiste portugais Edite Estrela - présidente la commission pour les droits de la femme et l'égalité des genres - qui réclamait, pour les femmes, un accès généralisé à la contraception et à des services d'avortement sûrs, nous voyons l'hypocrisie et l'obscurantisme se réveiller un peu partout en Europe et nous faire craindre des régressions pour les droits des femmes. Cette vague conservatrice déferle sur l'Europe au détriment de la volonté d'émancipation qui donne à chaque être humain la possibilité de développer toutes ses qualités et ses compétences dans le respect de sa sensibilité et de sa personnalité - qu'il naisse fille, garçon ou intersexué (les variations chromosomiques sont plus fréquentes que ne le pensent certains, et ne devraient vouer personne à l'opprobre).

On voit aussi en ce moment une fraction conservatrice voire réactionnaire de la société française s'ingénier à combattre les travaux sur le genre qui conduisent à des revendications pour plus d'égalité entre les hommes et les femmes. Une pensée magique et des stéréotypes archaïques sont conjugués pour interdire l'accès aux femmes à une liberté égale à celle des hommes dans la société - que ce soit dans leur profession et leur choix de vie sociale et amoureuse. La "nature" leur dictant une place depuis la nuit des temps, elles ne sauraient en bouger sans remettre en question l'ordre social.

Cette émancipation de l'humain se construit dès la petite enfance, et passe d'abord par l'apprentissage de ce que l'on peut appeler l'ABCD de l'égalité - tel que les écoles maternelles commencent à le mettre en oeuvre, et contre lequel certains mouvements traditionnalistes tentent de s'opposer - au nom d'une pseudo naturalité et complémentarité des deux sexes qui nie toute la complexité de la nature psychique et psychologique de chaque être humain.

http://www.cndp.fr/ABCD-de-l-egalite/accueil.html

Le "moi" sexué et genré se construit en fonction du milieu familial et culturel où l'enfant naît et interagit. Pour y réfléchir sereinement je vous invite à lire le livre de Serge Hefez, "Le nouvel ordre sexuel - pourquoi devient-on fille ou garçons ?" - le livre de poche n° 33 107. Construire un nouvel ordre sexuel est l'enjeu de notre civilisation, une civilisation qui s'enorgueillirait de ne laisse personne au bord de la route ou l'autre côté du mur, ou derrière des barreaux. Il n'est pas sûr que l'ordre mondial prenne cette direction actuellement !

Serge Hefez permet à la fois de dépassionner le débat et d'en comprendre les enjeux, ce qui n'est pas toujours le cas des débats médiatique consacrés à ces questions. L'auteur nous permet de saisir clairement la complexité de chaque construction humaine en faisant appel aussi bien à la physiologie, à la psychanalyse, à la biologie ou à l'histoire pour nous rappeler combien certains stéréotypes et préjugés relatifs à la place des hommes et des femmes dans la société sont liés à un espace social et culturel - géographique ou historique.

La question de l'égalité entre tous les humaines - quel que soit leur sexe - dans tous les aspects de la société, est un enjeu majeur de l'avenir de l'humanité et non pas un problème annexe qui serait réglé quand des problèmes majeurs seraient maîtrisés. Une autre lecture de ces problèmes peut nous amener à postuler que si tous les pouvoirs étaient partagés par les femmes et les hommes - que les décisions économiques, sociales et culturelles les concernant tous les deux étaient prises en commun, partout le monde en serait transformé.

Si chaque être humain avait la possibilité de s'exprimer et d'être reconnu avec sa force et sa faiblesse, sa sensibilité, sa créativité et son intelligence, ses peurs et ses doutes, et non pas de se transformer en caricature de guerrier inaltérable et tout puissant ou en mère dévouée ou en femme soumise ou séductrice, le monde serait peut-être un peu moins à feu et à sang au propre et au figuré !

Pour défendre le droit femmes à disposer de leur corps comme un enjeu majeur de notre civilisation,

je vous invite tous et toutes à manifester le samedi 1er février.

à la fois en soutien aux espagnoles, mais aussi pour nous-mêmes car tout ce qui a été fait peut être défait, là-bas comme ici. L'égalité femmes/hommes est une réalité encore trop fragile à l'échelle mondiale, elle a besoin d'être protégée fermement et encouragée fortement dans les pays où elle est mise en œuvre (et dans les autres aussi).

Pour terminer sur une note plus joyeuse je vous invite à découvrir le très bel album de Catel, autrice de bandes dessinées, qui vient de recevoir le prix Artemisia pour sa bio-graphie de Benoît Groult, "Ainsi soit Benoîte Groult". Catel nous avait déjà livré une biographie d'Olympe de Gouges, cette fois-ci elle a choisi de nous offrir la biographie d'une grande féministe vivante ! C'est en la côtoyant pendant deux ans et avec des heures d'échanges que Catel a nourri son imagination créatrice pour réaliser cette biographie d'une grande dame du féminisme, dont le très mythique "Ainsi soit-elle", écrit en 1975 n'a malheureusement pas pris une ride. Offrez donc cette bande dessinée aux jeunes filles, aux jeunes femmes - et à leur compagnons - pour leur faire toucher du doigt l'actualité de la défense du droit des femmes, le plaisir de la sororité, les vaisseaux du coeur, les joies de la liberté et la jubilation de l'intelligence. N'hésitez pas à y ajouter une édition d' "Ainsi soit-elle" !

Pour ceux et celles qui préfèrent une bande dessinée plus traditionnelle dans son format d'album, et radicalement humoristique, je vous invite à découvrir Savoir-vivre ou mourir, le livre de Catherine Meurisse qui croque avec humour les enseignements dispensés à l'académie du savoir-vivre de la baronne Nadine de Rothschild, à l'usage d'un certain (autre) monde...

http://boutique.charliehebdo.fr/edition-les-echappes/savoir-vivre-ou-mourir.html

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Rédigé par Olympe

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