Publié le 6 Décembre 2013

«Je me souviens»

C'est avec la devise du Québec que je titre ce billet qui vise à rappeler à certain-e-s et apprendre aux autres qu'il y a 24 ans aujourd'hui, Marc Lépine, abattait 14 étudiantes à l'École polytechnique de Montréal avant de se suicider. Son inscription dans cette école lui ayant été refusée parce qu'il n'avait pas validé les enseignements suivis, il en tenait les femmes pour responsables.

(pour en savoir plus sur la personnalité de l'auteur de cette tuerie - nourri d'une éducation machiste et violente - et les éléments biographiques qui l'ont conduit à cette haine meurtrière, cf le billet d'Hélène Zanier sur le blog des verts de Bagnolet)

http://www.bagnoletenvert.com/article-6-decembre-1989-massacre-a-polytechnique-montreal-la-haine-du-feminin-121464578.html

Chaque année, des féministes organisent un rassemblement, place du Québec à Paris, le soir du 6 décembre, pour que nous nous souvenions de ces 14 jeunes femmes auxquelles il a volé leurs vies... et que le machisme - cette forme de misogynie arrogante et violente qui confine parfois à la haine et à la folie - continue à tuer tous les jours dans un monde encore profondément inégalitaire (contrairement au féminisme que nous aimerions tous les jours plus fort pour instaurer une mixité réellement égalitaire, non violente et collaborative plutôt que compétitive.).

Curieusement, juste avant de rédiger cette chronique, j'ai découvert sur arte7 l'entretien de Corine Pelluchon avec Raphaël Enthoven dans l'émission Philosophie...

http://www.arte.tv/guide/fr/049476-008/philosophie?autoplay=1

... dans laquelle ils s'entretiennent du livre de Corine : "Tu ne tueras point" (aux éditions du Cerf) dans lequel elle développe une réflexion sur le meurtre, cet acte qui porte la volonté d'anéantir l'autre en coupant net le fil de sa vie.

"... en faisant de l'expérience de mon rapport à l'autre la source de l'éthique, la description du meurtre, qui renvoie à la volonté d'anéantir l'autre comme tel, permet de dégager l'essence de la violence qui est un faire taire. Il y a donc dans le "tu ne tueras point" plus qu'une prohibition de l'homicide volontaire. Affirmer l'actualité de cet interdit, c'est rappeler le sens des crimes imprescriptibles tout en invitant à prendre la mesure de ce qu'impliquent les guerres qui ne sont pas des génocides.
C'est aussi préconiser des solutions adaptées aux problèmes qui se posent au début et à la fin de la vie, comme on le voit avec l'avortement, le suicide assisté et l'euthanasie. Enfin, c'est reconnaître que le droit absolu que nous nous octroyons sur les animaux relève d'une tran
sgression."

Dans une époque qui à la fois sacralise la vie et en fait trop souvent bien peu de cas, (vis à vis des animaux bien sûr mais aussi des femmes, comme par exemple dans le cas des avortements féminicides en Chine ou en Inde, avortements qui ne visent pas à éviter une grossesse indésirable mais le développement d'un embryon féminin) Corine Pelluchon nous met face à nos responsabilités individuelles en nous invitant à modifier nos points de vue pour approfondir notre réflexion sur la question du vivant et du meurtre qui lui est trop facilement infligé - sans même en avoir vraiment conscience parfois lorsqu'il s'agit d'animaux - appréhendés non plus comme des êtres vivants mais comme des choses. Une réflexion très utile aussi pour penser les lois à venir sur les questions de bioéthique et les limites de la vie.

Autre question d'éthique sur laquelle nous avançons pas à pas, l'abolition du proxénétisme et la lutte contre la marchandisation du sexe des femmes. Une loi vient d'être votée en France qui devrait permettre de lutter plus efficacement contre l'esclavage sexuel en mettant le client face à ses responsabilités de prédateur. Par contre en Allemagne le buiseness du sexe ne cesse de se développer, libre de toute règlementation contraignante et sans risque de contrôles qui nuiraient à ses bénéfices. Pour en savoir plus, je vous recommande l'article d'Euterpe :

http://lesaventuresdeuterpe.blogspot.fr/

et la pétition du magazine allemand Emma

http://www.emma.de/unterzeichnen-der-appell-gegen-prostitution-311923

Je terminerai ce billet avec une touche plus légère et joyeuse en vous parlant des Vanités de Nelly Trumel, ces superbes natures mortes de fruits et de légumes que vous pouvez découvrir jusqu'au 31 janvier 2014, à l'atelier 29, 29 passage Verdeau à Paris (9ème). Nelly court les marchés pour trouver les modèles qu'elle fait poser dans son atelier avec délicatesse et patience pour notre plus grand plaisir : de belles poires aux rondeurs pulpeuses et aux rougeurs à peine venues ont déjà été croquées par un-e gourmand-e, tandis que des piments verts rougissent doucement en attendant leur tour. Pommes, raisin, cerises et citrons nous offrent leurs carnations acidulées ou sucrées tandis que champignons et marrons fleurent bon le sous-bois et déclinent les couleurs de l'automne dans une lumière flamande. Et bien sûr toujours des pommes de terre, parce que "ça germe"... Allez donc faire votre marché à déposer au pied du sapin, et découvrir les petits et grands tableaux de Nelly qui ne se prend pas pour Eve en nous invitant à croquer ses sujets, parce que Nelly, c'est une femme libre...

http://www.nellytrumel.fr/

«Je me souviens»

Voir les commentaires

Rédigé par Olympe

Repost 0

Publié le 29 Novembre 2013

Avancer vers l'égalité femmes-hommes...

Je peine à nourrir ce blog, occupée sur plusieurs fronts, pourtant presque chaque jour m'apporte des informations et réflexions que je voudrais partager...

En cette période où les violences faites aux femmes remontent à la surface comme un cadavre mal lesté du fond d'un lac, en femme d'images, c'est d'abord des films que je vous proposerai de voir pour nourrir vos réflexions sur le sujet...

D'abord, à voir très vite pour qu'il ne disparaisse pas de suite des écrans :
Wajma, une fiancée afghane de Barmak Akram, sorti cette semaine,
quand une jeune afghane de Kaboul se laisse aller à l'amour et se retrouve enceinte...

Superbe film, tout en nuances et en complexité, à voir avec vos ados, pour mesurer le chemin parcouru par les femmes françaises ces 40 dernières années !

Un autre très beau film qui aborde les violences conjugales, vues par les yeux des enfants (10 et 7 ans environ) dans un milieu aisé - aucun misérabilisme, un film sensible et poignant, sans manichéisme non plus. C'est le film très autobiographique d'une femme qui a beaucoup réfléchi à toutes ces questions après les avoir vécues. Evidemment il n'a pas fait la une des journaux, aucune télé n'a voulu le coproduire... il a même eu une interdiction "au moins de 12 ans" qui n'a pas aidé le film... quand on pense à toutes les films violents que les mômes peuvent ingurgiter... Le paradis des bêtes de Estelle Larrivaz Année : 2012.

Enfin, alors qu'à l'assemblée le débat autour de l'abolition de la prostitution divise, pour alimenter votre réflexion, vous pouvez aussi découvrir l'excellent documentaire canadien d'Eve Lamont "L'imposture" et les travaux de l'anthropologue Rose Dufour. Vous vous rendrez compte à quel point la prostitution est d'abord et toujours (quelles qu'en soient les modalités) une infinie violence faite aux femmes les plus vulnérables - ayant souvent subi elles-mêmes des violences dans l'enfance. je vous invite à voir le spot de Patric Jean sur la question et à signer la pétition de Zéro macho sur le site

http://zeromacho.wordpress.com/

La prostitution n'est ni une fatalité ni une activité "économique" comme une autre, c'est une forme de viol "consenti" et plus ou moins toléré par les états, les prostituées agissant presque toujours sous une contrainte féroce - souvent économique, mais ni par désir ni par plaisir... Dans la quasi totalité des cas il y a coercition, coups, viols et/ou menaces de mort (sur leurs familles aussi). Leurs vies leur sont volées, d'ailleurs leur espérance de vie est la même que celle des SDF, moins de 50 ans...

Pour terminer, quelques propositions de livres à lire (et partager)pour alimenter débats et réflexions sur le sort des femmes et ses répercussions dans nos sociétés :

"L'histoire de la misogynie" d'Alice Gargam et Bertrand Lançon

le Hors série d'Alternatives Economiques : Femmes-hommes, l'égalité en action.

(chiffres et d'infos pratiques à l'appui)

Et un livre très utile aux parents, aux enseignants et aux éducateurs, en particulier de petites et jeunes filles (et garçons par ricochet) de Tanith Carey:

Stop à l'hypersexualisation - protégeons nos filles aux éditions de l'instant présent (et chez Violette and co)

Vous trouverez un excellent commentaire très détaillé de ce livre sur

lesvendredisintellos.com/ 2013/ 09/ 07/ stop-a-lhypersexualisation-protegeons-nos-filles/

A suivre...

Avancer vers l'égalité femmes-hommes...
Avancer vers l'égalité femmes-hommes...

Voir les commentaires

Rédigé par Olympe

Repost 0

Publié le 26 Septembre 2013

Un tribunal Pénal pour la RDC

Avec Maître Rety et 51 autres marraines - dont Geneviève Fraisse, Andrée Michel, Gisèle Halimi Rama Yade, Françoise Héritier, Susan George ou Thérèse Clerc, nous avons lancé une pétition demandant la création d'un Tribunal pénal international pour la RD Congo afin d'éradiquer les viols comme arme de guerre en RDC. Viols qui sont accompagnés d'actes de barbarie innommables visant à la destruction complète des femmes qui les subissent.

Il existe déjà deux tribunaux créés par le Conseil de sécurité des Nations unies (l'un pour le Rwanda et l'autre pour l'ex Yougoslavie). Les deux ferment leurs portes en 2014. Nous demandons que le tribunal pour la RDC soit créé en succession du Tribunal pour le Rwanda siégeant à Arusha.

http://www.change.org/fr/p%C3%A9titions/pour-un-tribunal-p%C3%A9nal-international-pour-la-rdc-en-succession-du-tpir-qui-ferme-en-2014

Afin de vous pouvoir relayer à votre tour cette pétition pour qu'elle obtienne gain de cause, vous êtes invités à venir rencontrer les marraines et les porteurs du projet le

Samedi 5 octobre 2013 à 13 heures

Salle Jean Dame

17 rue Léopold Bellan, 75002 Paris

Metro sentier-bourse

Les violences faites aux femmes restent à la base de tous les processus de domination, et parmi les plus difficiles à faire reconnaître dans de trop nombreux pays qui les tolèrent voire les encouragent en ne poursuivant pas leurs auteurs ou en les dédouanant de leurs actes, voire en punissant même parfois les femmes qui en sont victimes - obligées d'épouser leurs violeurs ou condamnées pour "adultères" ou "débauche". Prafois elles ne peuvent même pas faire enregistrer leurs plaintes. Les femmes restent trop souvent considérées par les hommes comme des "biens" à s'accaparer, à vendre ou à échanger, des êtres inférieurs dont le statut légitime qu'on pense à leur place et qu'on décide de ce qui est bon pour elles. La soumission à la volonté masculine restant leur première obligation, elles payent parfois très cher toute volonté d'émancipation ou de rébellion. Ou tout simplement de liberté de pensée et d'expression qui attire menaces ou violences comme un triste fait divers nous l'a récemment rappelé en France.

Je viens souvent ici vous entretenir de ce qui se passe ici ou ailleurs et le temps me manque cruellement pour faire écho à toutes les questions ou événements importants sur le front féminin.

Au rang des bonnes nouvelles, deux libérations, celle d'Amina en Tunisie, et celle de Nasrin Sotoudeh en Iran, cette avocate des droits humains dont j'avais déjà eu l'occasion de parler ici, qui croupissait dans les geôles iraniennes depuis 2010.

Nous pouvons aussi nous réjouir de la publication en France du rapport parlementaire de Maud Olivier - députée d e l'Essonne : " Pour lutter contre le système prostitueur" , et espérer qu'une proposition de loi abolitionniste sera présentée puis adoptée et mise en oeuvre. A l'échelle mondiale, la prostitution est l'une des premières violences faites aux femmes, sous prétexte d'un rapport marchand "consenti".

Je conclurai ce court billet avec le rappel de la lutte des "femmes de réconfort", ces coréennes réquisitionnées par l'armée japonaise et mises à la disposition de ses soldats pendant la dernière guerre mondiale. Depuis 1992, tous les mercredis, les survivantes manifestent devant l'ambassade du Japon qui refuse de reconnaître ce crime de guerre...

L'une d'entre elle était à Paris la semaine dernière, une manifestation de soutien a eu lieu sur l'esplanade des droits de l'homme.

Il faut que justice leur soit rendue, aux yeux du monde entier, afin que dans tous les pays où sévissent des conflits aujourd'hui, le corps des femmes ne continue pas à être une prise de guerre ou le "réconfort "du combattant - revendiqué aujourd'hui pour des combattants syriens... Violer une femme c'est lui faire la guerre, vouloir la détruire, la nier dans son altérité et dans son humanité comme on veut détruire ses ennemis.

On aimerait voir se développer dans le monde une culture de paix, si les humains apprenaient enfin à se faire l'amour, ils en oublieraient sans doute de se faire la guerre, encore faudrait-il que la sexualité soit vécue comme un échange entre deux alter-égaux et non comme un rapport de domination ou la satisfaction d'un désir égoïste ou d'une pulsion "irrépressible"...

Voir les commentaires

Rédigé par Olympe

Repost 0

Publié le 3 Août 2013

Elles sont encore si nombreuses de par le monde à avoir besoin que nous fassions souffler ce vent, en brise ou en tempête, voire même en ouragan ! Trop nombreuses à ne pouvoir compter que sur d'autres femmes (et aussi des hommes) - parfois du bout du monde, qui ont la chance de vivre dans un pays en paix, pour être défendues face aux injustices que leur font subir les hommes.

Aussi je vous invite à sortir un moment de la torpeur estivale pour réfléchir et partager ces informations...

Une beaucoup trop grande partie de notre moitié du ciel est actuellement victime de violences et d'agressions liées à des conflits armés. Les infos nous parlent des combattants, donnent la parole aux belligérants, mais nous informent assez peu sur le sort des femmes et des enfants... Ils sont victimes, déplacés, tués, blessés... mais ont rarement une identité, une volonté, une opinion audible sur ces conflits.
Ils sont loin, on n'y peut rien !

Peut-être que si parfois, par exemple en faisant pression sur nos politiques pour que ces questions fassent partie des débats, des conciliations, des traités de paix... Que le respect des droits humains et en particulier ceux des femmes soit une condition centrale à toute aide internationale et support logistique... Que les femmes qui sont un jour des victimes puissent espérer des réparations pour les injustices et dommages subis, que ceux-ci ne soient pas passés à la trappe de l'histoire - tout en faisant le terreau des prochains conflits...

Je commencerai par attirer votre attention sur la pétition qui vient d'être mise en ligne à l'initiative de Maître Hamuli Rety, demandant la création d'un Tribunal pénal international pour la RD Congo afin d'éradiquer les viols comme arme de guerre en RDC. Avec les 51 autres marraines de cette pétition, je souhaite qu'un tribunal pour la RDC soit créé en succession au Tribunal pour le Rwanda siégeant à Arusha. "Ce tribunal bénéficierait de tous les moyens et archives judiciaires. Il n'y aurait donc pas des nouveaux frais d'installation. Le tout est question de volonté politique."

Dans ce pays les femmes ont été soumises à des violences d'une barbarie insoutenable, des sévices et des tortures dont je vous épargnerai la description mais qui doivent non seulement nous indigner mais nous faire agir !

http://www.change.org/fr/p%C3%A9titions/pour-un-tribunal-p%C3%A9nal-international-pour-la-rdc-en-succession-du-tpir-qui-ferme-en-2014

Une information qui n'a pas fait la une de notre presse (relatée par le Washington Post) mais devrait susciter aussi des réactions pour faire abolir cette loi inique...

Au Zimbabwe, un des pays les plus corrompus ou le revenu annuel moyen par habitant est de 150 $, les femmes qui crient pendant leur accouchement sont taxées de 5 $ d'amende par cri poussé ! (pour éviter "les fausses alertes") cf le rapport de Transparency International qui lutte contre la corruption.

http://www.transparency.org/gcb2013/report

Une drôle de manière de remplir les caisses de l'état ! Cela a pour conséquence d'éloigner les femmes des maternités et d'augmenter la mortalité périnatale ! N'hésitez pas à manifester votre soutien aux mères du Zimbabwe....

Ambassade du Zimbabwe à Paris,
10, rue Jacques BINGEN 75017 Paris
01.56.88.16.00 Fax 01.56.88.16.09
zimparisweb@wanadoo.fr

Enfin je terminerai sur un triste anniversaire qui ne fera sans doute pas non plus la une de la presse.

Il y a 10, Marie Trintignant disparaissait, victime des violences de son compagnon, laissant 4 enfants et des parents brisés.

Le dimanche 4 août à 17h, à l'appel de l'association " Encore féministes ! ", vous êtes invités à déposer des fleurs sur la tombe de Marie, au cimetière du Père-Lachaise, dans la 45ème division, .

« Le féminisme n‚a jamais tué personne, le machisme tue tous les jours » (Benoîte Groult)

Les violences conjugales tuent chaque année de nombreuses femmes en Europe,

Interrogeons-nous sur l'importance de la justice et des médecins sur ces questions, à l'heure où sort une nouvelle édition du livre "Bertrand Cantat, Marie Trintignant : l'amour à mort", de Stéphane Bouchet et Frédéric Vézard. Ils y publient l'intégralité d'un message téléphonique que Krisztina Rady (l'épouse de Cantat avec laquelle il est retourné vivre après sa sortie de prison et qui s'est suicidée en 2010, apparemment sans qu'il y ait d'enquête ?) a laissé sur le répondeur de ses parents, à Budapest, après une nouvelle dispute avec lui. Dans cet enregistrement de plus de 7 minutes, long monologue en hongrois, Krisztina raconte : "Hier, j'ai failli y laisser une dent (...) Il a attrapé mon téléphone, mes lunettes, il m'a jeté quelque chose. Mon coude est complètement tuméfié, un cartilage est même cassé, mais cela n'a pas d'importance tant que je pourrai encore en parler. (...) Ce que je ressens est difficile à imaginer : Bertrand est fou, il croit que je suis le grand amour de sa vie et que, mis à part quelques dérapages, tout va bien".

Comment se fait-il que personne ne lui soit venue en aide pour lui éviter d'en arriver là ? Il devait forcément y avoir des personnes qui savaient... Quand va-t-on arrêter de valoriser et d'excuser la violence des hommes ? puis de la leur reprocher -parfois très mollement, quand elle déborde des cadres que la société tolère ?

Et n'oubliez pas Amina, qui est toujours en prison...

Vigilance, empathie et solidarité !

Voir les commentaires

Rédigé par Olympe

Repost 0

Publié le 1 Juin 2013

Soyons toutes des femen...

Notre corps est politique, il reste l'enjeu central de nombre de batailles présentes et de combats à venir.

Si quelques uns ont déjà été gagnés, chaque jour apporte son lot de colère devant l'injustice et de frustration face à notre impuissance à faire respecter le droit international, partout bafoué - surtout au féminin.

Aux Galeries Lafayette le corps des femmes semble une marchandise comme les autres, attribut d'un bétail à exploiter sans limite. Nous nous sommes rassemblés il y a quelques jours à Paris pour protester contre des "techniques de vente" offensives à l'occasion de l'ouverture du nouveau rayon lingerie. Dans cet espace luxueux et affriolant, le but était d'attirer des clients masculins à l'occasion de la fête des mères (mais oui !), en disséminant dans le magasin des mannequins tombant soudainement les habits et se montrant en sous-vêtements - les marques tatouées sur la peau, et en proposant des séances de strip-tease...(et pourquoi pas une pipe ou une passe ? Si pour vendre des articles de mode féminine on prétend stimuler le désir sexuel des hommes, pourquoi ne pas le satisfaire ?)

Notre corps est politique ! Dénudés par certains ou dissimulés par d'autres, les corps des femmes ne sont trop souvent que les outils d'une domination masculine brutale et d'un plaisir de prédateurs et non d'amoureux... Tous, ils s'arrogent le droit de disposer de notre intimité, de notre vie, de notre liberté... mercantiles ou prétendument religieux, leurs buts visent l'aliénation des femmes à leur pouvoir et à leurs désirs.

Au Salvador - qui criminalise l'avortement, Beatriz, 22 ans, risque la mort parce que la poursuite de sa grossesse met sa vie en danger, Amnesty a lancé une pétition pour tenter la sauver en faisant pression sur son gouvernement :

takeaction.amnestyusa.org/siteapps/advocacy/ActionItem.aspx?c=6oJCLQPAJiJUG&b=6645049&aid=519897&msource=W1305EAWMN2

Dans le même temps en France, les intégristes catholiques continuent à occuper l'espace public et à venir prier dans la rue tous les mois près de l'hôpital Tenon, pour discréditer le droit - acquis (?) à l'avortement, sous la protection de la police qui devrait légalement leur faire quitter les lieux...

La LDH a mis en ligne une pétition pour le droit à l'avortement et contre les intégrismes :

http://www.ldh-france.org/section/paris20/2013/05/10/petition-contre-les-integristes-et-pour-le-droit-a-l-ivg/

En Tunisie, Amina est retenue en prison et risque une longue peine de détention parce qu'elle proclame haut et fort son désir de liberté en luttant contre l'intégrisme religieux avec les armes à sa portée. Elle l'a d'abord écrit sur son corps nu et publié sa photo sur facebook, puis taggué sur le muret d'un cimetière pour protester contre un rassemblement salafiste (officiellement interdit) à Kairouan...(en y écrivant femen, elle se retrouve accusée de profanation de tombeau !)

Les femmes qui utilisent leurs corps pour réclamer la justice et contester l'ordre établi sont insupportables à ceux qui prétendent l'imposer - par la force s'il le faut. On les moque ou les maltraite, mais toujours on tente de les neutraliser, de les faire taire ou disparaître.(Rappelons-nous les paysans sans-terre au Mexique en 2006. Surexploités, après des années de protestations ignorées de tous, hommes et femmes de tous âges ont manifesté nus sur l'Avenue Reforma de Mexico pendant plusieurs semaines, sous les quolibets ou l'indifférence du plus grand nombre qui tentait de les rendre invisibles ainsi que leurs revendications de justice ...)

A ceux qui ne l'auraient pas encore vu, je ne peux que conseiller le très éclairant documentaire de Caroline Fourest et Nadia el Fani sur le mouvement des Femen.

https://www.youtube.com/watch?v=hfaMWQBi-E0

Elles rendent justice au combat courageux de ces jeunes femmes contre une domination masculine arrogante et violente qui s'appuie sur la maffia, la corruption ou les pouvoirs religieux pour soumettre le corps des femmes à leurs lois et à leurs profits. Leurs seins sont leurs porte-paroles, leurs corps nus dérangent dans l'espace public...Venues de l'Est, les femen essaiment sur tous les continents tant les luttes des femmes pour la justice et la liberté doivent parfois se radicaliser pour être connues, soutenues, gagnées...(leur site a été récemment piraté par les islamistes que la vue d'un corps de femme libre enrage, il reste pour le moment la page face book USA)

Amina a besoin d'une immense mobilisation internationale pour échapper à ses geoliers qui pourraient bien devenir ses bourreaux...

signez et faites signer la pétition

http://www.avaaz.org/fr/petition/FREE_AMINA_LIBEREZ_AMINA

(pour suivre l'évolution de la situation d'Amina : http://freeamina.blogspot.fr/)

Restons mobilisé(e)s !

Soyons toutes des femen...

Voir les commentaires

Rédigé par Olympe

Repost 0