Publié le 23 Octobre 2012

Décidément en ce moment les évènements me forcent à y revenir souvent...
mais je tenais à partager avec vous quelques informations et actions en cours.

D'une part, ne lâchons pas nos étoiles russes ! Si l'une a retrouvé son firmament, les deux autres sont toujours dans les geôles d'un pouvoir tout sauf féministe et démocratique. Le fait du prince envoie sous les verrous (au mieux), ceux qui ont le malheur de lui déplaire, même avec une chanson...

donc pensez à signer cette pétition pour demander la libération des deux Pussy Riot encore détenues

http://www.amnesty.fr/AI-en-action/Protegeons-les-personnes/Personnes-en-danger/Actions/Russie-liberez-les-2-Pussy-Riot-encore-detenues-6489


Questions toiles, je vous recommande Ombline de Stéphane Cazes, un film porté tout en force et fragilité par Mélanie Thierry qui nous fait sentir et mesurer sans pathos la violence faite par notre système pénitentiaire à des personnes souvent déjà très abimées par la société. (la majorité des détenu(e)s de nos prisons (4% de femmes environ) ont des origines sociales des plus modestes voire très défavorisées.) Comment peut-on encore enfermer, parfois pour longtemps, des femmes enceintes ou accompagnées de jeunes enfants qui de fait subissent aussi la peine et engramment déjà un fort traumatisme infantile. Comment notre société qui se pense si "évoluée", n'est-elle pas capable d'imaginer et mettre en place des mesures actives - et non passives et coercitives, qui visent réellement à reconstruire et (ré)insérer les personnes tombées sous le coup de la loi ?

Vous pouvez également voir Khaos, un documentaire d'Ana Dumitrescu réalisé dans l'urgence et avec très peu de moyens pendant les premiers mois de cette année 2012, pour rendre compte des souffrances d'un peuple mis à genoux par les instances financières internationales.
Dans une suite de portraits sans fard, nous voyons les effets destructeurs de l'austérité et de la récession économique sur la vie quotidienne de millions de gens privés de moyens d'existence et parfois de tout espoir. Est-ce un portrait de l'Europe à venir ? Comment peut-elle travailler à détruire ses propres populations ?

On constate un recul de plusieurs dizaines d'années en matière de progrès social (la suppression des conventions collectives par exemple en matière de droit du travail qui se transforme en loi de la jungle...), un pays où le nombre de suicides dus au désespoir total ne cesse d'augmenter, où des enfants ont faim, où des gens vivent dans la rue faute de foyer et de services sociaux... Les grecs n'attendent plus rien de leur état qui a perdu toute souveraineté et qui est maintenant entre les mains des banquiers qui dépècent un pays où de larges étendues urbaines à l'abandon se dégradent très vite. Presque des images de guerre parfois, de guerre économique en tous cas.
La solidarité réinvente les soupes populaires, certains se replient sur les campagnes pour y (ré)inventer de nouveaux modes de vie avec davantage de frugalité...et un retour à de plus saines pratiques agricoles (sur ces questions ne ratez pas
Les Moissons du futur de Marie-Monique Robin.)

Enfin toujours sur vos écrans, sort en ce moment le documentaire d'Hélène Harder, Ladie's turn qui nous fait vivre le défi d'un tournoi de foot féminin au coeur des quartiers dans un Sénégal qui a parfois du mal à abandonner les vieux stéréotypes masculins qui cantonnent encore trop souvent les femmes dans les rôles traditionnels d'épouses et de mères... Elles doivent se battre pour pouvoir pratiquer dignement le sport qu'elles aiment alors que n'importe quel garçon peut passer son temps à taper le ballon avec ses copains...

PROJECTION LE 25 OCTOBRE A PARIS
à 20h au Nouveau Latina
20 rue du temple dans le 4ème, en présence de la réalisatrice

Pour terminer avec toutes ces femmes en résistance, je vous annonce la sortie d'un nouveau magazine qui rend compte de leurs actions tout autour du globe, qu'elles résistent contre les violences, la domination masculine, l'injustice, la corruption, la pauvreté ou l'analphabétisme...
http://femmesenresistancemag.wordpress.com/

...abonnez-vous pour que ce magazine puisse exister remplir sa mission en nous informant des luttes des femmes qui avancent de par le monde..les femmes ne sont pas que des victimes, ce sont d'abord et surtout des actrices engagées dans l'évolution du monde vers davantage de paix et de justice . Ce changement passera par elles ou ne se fera pas...ce dont l'humanité pourrait bien ne pas se remettre...

Enfin pour clore ce billet sur une note optimiste, et en musique, je vous propose de découvrir les Rimes féminines de Juliette...
http://www.youtube.com/watch?v=zf709RqaKYg

 

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Rédigé par Olympe

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Publié le 16 Octobre 2012

C'était l'un des slogans de la manifestation d'hier soir au coin de la rue de la Paix à Paris, le rassemblement n'ayant pu se tenir devant le ministère de la justice comme prévu...


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 De nombreuses associations féministes et quelques élu(e)s étaient présentes pour dénoncer un déni de justice fait aux jeunes femmes violées de multiples fois à Fontenay et dont le procès des violeurs vient de s'achever à Créteil avec des peines prononcées peut-être moins graves que pour un vol de bicyclette...ou de voiture.

 

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On se demande si en France il ne serait pas plus grave de s'en prendre à la propriété privée qu'aux corps des femmes...


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Les agressions sexuelles contre les femmes ne rencontrent encore trop souvent que ...le silence !
comme nous l'ont magistralement mis en scène les militantes de La Barbe qui avaient troqué leurs postiches contre des sparadraps...

 

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Il est vrai que l'usage abusif qui est fait par la publicité et les médias de l'image du corps dénudé et aguicheur des femmes dans l'espace public tend à imprimer dans certains cerveaux masculins particulièrement faibles l'idée que les femmes sont des objets de consommation disponibles pour la satisfaction de leurs pulsions sexuelles exacerbées.


je vous rappelle les coordonnées de celles qui mettent toute  leur vigilance à traquer les messages publicitaires dégradants pour les femmes - et ils sont nombreux...
www.chiennesdegarde.com/


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Toutes les femmes (ou presque) s'étant trouvées un jour en danger face à une intention, une tentative ou même un viol, devraient s'unir autour de ce combat contre les violences sexuelles. D'autant que mères ou grands-mères, elles trembleront aussi pour leurs filles ou petites-filles dès que celles-ci deviendront femmes - et même avant.

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La barbarie des viols à répétition subis par Nina à Créteil pose des questions fondamentales sur l'état des relations femmes/hommes dans notre pays. Il ne s'agit pas d'actes d'un individu isolé, potentiellement bête et cruel, mais de ceux d'un groupe de mâles en rut sans une once de respect ou d'humanité pour une femme qu'ils ont détruit jour après jour sans un brin de mauvaise conscience ni le moindre remord...

Il ne s'agissait pas de jeunes hommes souhaitant une relation amoureuse avec une femme, mais bien d'animaux déchaînés, capables de labourer à la hâte le même corps les uns derrière les autres... manifestant une volonté de soumettre et d'avilir une jeune fille à leur "toute puissance" mâle. Comment la société qui les a vus naître les a-t-elle accueillis et éduqués, quelles violences leur fait-elle subir pour qu'ils aient de tels comportements ?
Dans les sociétés traditionnelles, le jeune homme s'appliquait à construire sa vie, à marcher dans les traces de son père, à perpétuer les traditions de son peuple, à fonder une famille pour prendre sa place d'adulte dans la société et dans la succession des générations...

Aujourd'hui des milliers de jeunes gens (sur toute la planète) - filles et garçons, sont de fait exclus de la société dans laquelle ils sont nés et où ils peinent à trouver leur place. Une éducation médiocre, pas de travail, donc pas de logement indépendant, et par conséquent pas de possibilité réelle de vivre sa vie, fonder une famille, de prendre sa place dans le groupe social et construire son avenir. Ils ne sont pas épaulés et encadrés par les générations qui les ont mis au monde, ils sont même en conflit ouvert avec elles parfois. Si les filles s'intégreront bon an mal an par la maternité qui pourra être leur seul objectif, les garçons resteront trop souvent sur le carreau et ne sauront plus comment "devenir des hommes" autrement que par un déchaînement d'une violence qu'ils croient "virile" et qui est plein de haine - des femmes, du monde, de soi...

A une autre époque ou en d'autres lieux, leurs énergies juvéniles - et belliqueuses, auraient été canalisées par une guerre, un emploi de mercenaire ou de soudard d'un quelconque groupe armé (qui ne manquent pas aujourd'hui de par le monde, dans des endroits où les cris des femmes sont encore peu entendus)

 

Pour qu'en France ils soient mieux entendus et pris en compte pas des lois soutenues par des mesures pratiques, je vous invite à signer la pétition d'Avaaz
http://www.avaaz.org/fr/rape_impunity_in_france/?byIFqab&v=18704


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Je n'excuse nullement les tortionnaires de ces jeunes filles (ni les autres violeurs), mais il me semble que la question des violences faites aux femmes ne pourra pas être traitée efficacement sans prendre à bras le corps un ensemble de problèmes sociaux et culturels qui passent par une réflexion sur l'éducation, l'usage des images du corps des femmes dans l'espace public (en particulier l'omniprésence de la pornographie qui la légitime et la banalise comme modèle des relations sexuelles entre les femmes et les hommes), la formation et le partage du travail afin que chacun puisse trouver une place respectée et respectable dans le monde dans lequel il est né.
Nous vivons dans une société qui demande aux femmes de faire des enfants auxquels elle ne sait plus toujours proposer un rôle et un avenir décents. Si nous ne sommes plus obligés - et c'est souvent heureux pour les femmes, de perpétuer des modèles traditionnels, encore faudrait-il que nous puissions en inventer et mettre en oeuvre de nouveaux qui fassent appel au meilleur de l'humain, et pas au pire...

Pour conclure, merci à tous les hommes qui étaient là hier soir et manifestaient leur refus de considérer les femmes comme des objets sexuels à soumettre ou à acheter, nous souhaitons longue vie et surtout qu'elle grandisse, à l'association Zéro macho qui milite contre la prostitution.
www.zeromacho.eu/


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C'est en visant l'harmonie entre hommes et femmes que les violences pourront diminuer, pas en édifiant des clôtures entre les deux...

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Et enfin, réfléchissons à l'éducation donnée aux petites filles et apprenons leur à ne pas être soumises et à savoir dire non avec force... au besoin en leur faisant pratiquer des arts martiaux, d'autodéfense au moins - et surtout à ne pas se considérer d'abord sous l'angle du désir masculin, mais comme des êtres humains libres et autonomes.


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Comment des adolescentes peuvent-elles vivre un tel calvaire sans avoir la force de se rebeller ou de fuir, ni avoir autour d'elles des oreilles adultes en lesquelles elles aient confiance pour être entendues et défendues ? Une horreur pareille n'a pas pu avoir lieu si longtemps sans que ça se dise et se sache... Pourquoi personne n'a rien fait ? Pourquoi notre société est-elle si barbare ?

je livre ces lignes de Brecht à votre méditation :

Oh, malheureux !

On fait violence à votre frère, et vous fermez les yeux !

Le blessé pousse un grand cri et vous gardez le silence ?

La brute rôde et choisit sa victime

Et vous dites : il nous épargne, car nous ne manifestions pas de mécontentement.

Quelle est donc cette ville, quels gens êtes-vous donc !

Quand une injustice arrive dans une ville, il faut qu'il y ait une émeute

Et là où il n'y a pas d'émeute, mieux vaut que la ville périsse

Par le feu avant que la nuit tombe !

 

La bonne Âme du Se-Tchouan, Bertolt Brecht

©Arche Éditeur Paris 1975 (traduit de l'allemand par Jeanne Stern)


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Rédigé par Olympe

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Publié le 12 Octobre 2012

Même si le temps me manque en ce moment pour développer tous les sujets qui le demanderaient concernant le sort des femmes dans le monde - et ils sont nombreux, je veux partager ici avec vous deux évènements qui se sont passés cette semaine. Je ne doute pas qu'ils alimenteront votre réflexion.


Lundi à Paris, Djemila Benhabib recevait le prix international de la laïcité 2012. Djemila travaille depuis des années sur l'importance de la laïcité dans la société pour que soit respecté ou rendu possible le droit des femmes à l'émancipation. Dans les années 1990,elle a du quitter l'Algérie du GIA qui assassinait les femmes libres qu'il ne réussissait pas à soumettre par l'intimidation ou la violence, et après un passage en France elle s'installera au Québec où elle a poursuivi ses études de sciences politiques. Elle travaille maintenant sur ces questions pour le gouvernement canadien. Partout elle doit faire face aux mêmes interrogations et à un retour en force du religieux qui tente d'interdire, réduire ou supprimer le respect pour les femmes des premiers articles des droits de l'homme et du citoyen de 1948.

Je la cite : " (...) Cette confrontation vient mettre à nu la nature profonde entre deux visions du monde antagoniques, l’une mettant l’individu et ses préoccupations au centre de la cité, faisant de lui un acteur de changement et l’autre mettant la Cité sous la tutelle de communautés assujetties chacune à son propre dieu, faisant de lui le régisseur de nos consciences et ouvrant la porte à une surenchère entre tous les Dieux possibles et inimaginables.

Cette prolifération des religions s’illustre notamment par un exemple évocateur, où les débats à Queen’s Park, le parlement provincial de l’Ontario, sont précédés chaque jour par la récitation intégrale de 8 prières ! En effet, depuis 2008, on a décidé de conserver le Notre Père et d’y ajouter d’autres prières : autochtone, bouddhiste, hindouiste, musulmane, juive, baha’ie et sikhe. Par comparaison, au Québec, depuis 1976, les travaux à l’Assemblée nationale débute par une minute de silence c’est-à-dire un moment de recueillement.

Même la secte des mormons en Colombie britannique défie le Code Criminel en revendiquant la polygamie au nom de leur liberté de religion. En 2010, deux polygames mormons, qui avaient respectivement 19 et 3 épouses, ont soutenu que la loi violait leur liberté de religion, ont décidé de contester l’article 293 du Code criminel devant la Cour suprême de la Colombie-Britannique pour demander que la polygamie soit décriminalisée. Fait sidérant, croyez-le ou pas, les mormons prétendent que la polygamie est avantageuse pour les femmes. D’ailleurs, des universitaire femmes de l’université montréalaise de McGill sont venues appuyer leurs propos !

On devine à travers tous ces exemples, un lien évident entre les droits des femmes et la laïcité. Le féminisme ne s’inscrit pas dans le vide et ne prend pas racine dans le néant. Il se projette dans un espace temps bien défini dans lequel s’articule toutes ces problématiques sociétales. Ces convulsions s’enracinent également dans un contexte international marqué par le retour du religieux aussi bien à l’échelle des pays pris individuellement qu’à l’échelle des institutions onusiennes. 

Je réalise, jour après jour, le degrés des préoccupations communes des citoyens du monde. Ici comme ailleurs, le débat est marqué par la présence d’éléments récurrents et de questionnements déterminant pour l’avenir :

Quelle étendue donner à la liberté religieuse ? quel contenu donner à la laïcité, quels gestes poser face à l’exacerbation des particularismes et à la montée des communautarismes ? quelles balises établir pour consolider le vivre ensemble ? "

 

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Mardi, Malala, une écolière de 14 ans qui avait selon eux le tort de revendiquer l'accès à l'éducation pour les filles, était victime d'une tentative d'assassinat par les taliban au Pakistan. Je vous rapporte l'information diffusée par France 24 :

" C'est presque un miracle. L'adolescente blogueuse pakistanaise de 14 ans Malala Yousafzai a survécu, ce mardi 9 octobre, à une tentative d'assassinat revendiquée par les Talibans. Son crime ? Avoir dénoncé leurs atrocités et fait campagne pour le droit des femmes à l'éducation dans le nord-ouest du pays. 

« C'est une fille à la mentalité occidentale qui passe son temps à nous dénoncer. Quiconque critiquera les Talibans subira le même sort », a expliqué Ehsanullah Ehsan, le porte-parole du Mouvement des Taliban du Pakistan (TTP), principal groupe rebelle du pays et allié d'Al-Qaïda. 

« Nous l'avions prévenue plusieurs fois qu'il fallait qu'elle cesse de parler contre les Talibans, qu'elle arrête de soutenir les ONG occidentales et qu'elle prenne le chemin de l'islam », a-t-il ajouté. 

 

Prise pour cible à la sortie de l'école

L'attaque avait eu lieu mardi, à la sortie de son école de Mingora, la principale ville de la région de Swat, au nord-ouest du Pakistan. Malala Yousafzai a été blessée au crâne et à l'épaule. « Malala montait dans l'autobus scolaire après sa journée de classe lorsque deux hommes armés ont ouvert le feu sur elle. Elle a été blessée », a déclaré à l'AFP un responsable de la police locale, Rasool Shah.

 

« Une balle a heurté son crâne, mais son cerveau n'a pas été touché. Elle est hors de danger », a d'abord affirmé le docteur Taj Mohammed, de l'hôpital Saidu Sharif de Mingora. Mais les nouvelles étaient moins rassurantes en début de soirée, un médecin de l'hôpital militaire de Peshawar, où la jeune blogueuse a été transférée, estimant qu'elle se trouvait dans un état « critique ».

 

Malala Yousafzai s'est fait connaître du public en 2009, grâce à son blog « Le Journal d'une écolière pakistanaise », hébergé sur le site en langue ourdou de la chaîne britannique BBC. Âgée d'à peine 11 ans, la fillette racontait, sous le pseudonyme de Gul Makai, son quotidien dans la vallée de Swat, tombée brièvement entre les mains des Talibans.

 

« Aujourd'hui, c'était notre dernier jour d'école. Nous avons décidé de jouer un peu plus longtemps dans la cour de récréation », avait raconté la fillette dans l'un des billets de blog, lorsque les Talibans avait banni l'éducation pour les filles, précise la BBC. « Je suis persuadée que l'école rouvrira un jour, mais, en quittant les lieux, j'ai regardé le bâtiment comme si je n'allais jamais y revenir. »

 

Figure de proue du droit des enfants

L'an dernier, Malala Yousafzai a reçu le premier prix national pour la paix créé par le gouvernement pakistanais. L'adolescente avait également fait partie des nominés pour le prix international des enfants pour la paix, attribué par la fondation néerlandaise Kids Rights.

« Les habitants de la vallée de Swat ne sont pas des terroristes », avait déclaré Malala Yousafzai à la chaîne Al-Jazira, en 2010, (Lire la video) alors que les Taliban s'étaient retirés de la région. « Si on ne donne pas de stylos à cette jeune génération, les terroristes leur donneront des armes ».

 

L'an dernier, deux autres militants pour l'éducation des femmes ont été tués par des activistes pakistanais, d'après Amnesty International. Pour l'ONG, citée par le magazine américain « Time », le gouvernement pakistanais doit démontrer par ses actions sa détermination à fournir aux filles, mais aussi aux femmes, les mêmes chances qu'aux garçons et aux hommes, malgré les menaces ». 

 

On pourrait évoquer aussi les déclarations récentes de certains membres de l'église catholique contre le mariage pour tous ou contre l'avortement ou la contraception pour se rappeler que les religions sont généralement prosélytes et soucieuses d'imposer leurs dogmes aux lois nationales, et qu'au coeur de leur pouvoir se tient presque toujours la maîtrise du corps des femmes (par les hommes bien sûr qui sont généralement les seuls interprètes autorisés de la parole de leur dieu).

Lorsque les religions se sentent puissantes ou dominantes elles revêtent facilement les habits de la théocratie - plus ou moins "éclairée", dont seule une laïcité vivante et assumée peut nous protéger. Il a fallu la loi de 1905 pour qu'on cesse vraiment de prendre la France pour la fille aînée de l'église (catholique). Et en 2007, le président de la république française d'alors déclarait encore que

“ l'instituteur ne pourra jamais remplacer le curé ou le pasteur ”, alors que c'est bien par là que commence la laïcité, en assurant à tous une éducation éclairée par la raison, éducation qui vise l'émancipation de l'individu et le développement de son libre-arbitre et de ses facultés, à l'écart des croyances magico-religieuses qui apportent (ou imposent) leurs propres conceptions du monde, de sa création et de son évolution. Qu'ensuite son libre arbitre lui fasse embrasser l'une ou l'autre des nombreuses religions professées sur la planète doit être son droit le plus élémentaire, à condition qu'il ne tente pas de l'imposer aux autres par la force ou en essayant de détourner la loi à son profit comme le montre l'exemple des mormons polygames au Canada.


Femmes de tous pays, veillons au respect de la laïcité...et de la liberté de conscience, elles sont garantes de nos droits et de notre émancipation des tutelles masculines. Et cela commence par l'accès à une éducation de qualité pour toutes les petites filles de la planète !   

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Rédigé par Olympe

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Publié le 1 Octobre 2012

Je vous invite à l'être pour aller jusqu'à Epinay/Seine (93) écouter ces femmes qui nous font face pour nous faire entendre leurs mots et ceux qui les touchent, leurs espoirs et leurs colères, leurs joies et leurs peines...

 

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Rédigé par Olympe

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