Publié le 20 Janvier 2013

A une époque où les technologies numériques nous déversent "en temps réel" une masse d'informations exponentielles, ce serait un travail surhumain de les trier, vérifier, approfondir, méditer, hiérarchiser et partager avec un public qui connaît les mêmes difficultés à trier ses sources en fonction de ses centres d'intérêts et de ses options en tant que citoyen. La vie n'est pourtant pas dans l'information qui se propage comme un virus en semant l'addiction - rester connecté, à n'importe quoi, mais connecté en continu...

 

Poursuivre ce blog relève donc d'un équilibre toujours précaire.

J'évite de revenir sur ce qui occupe déjà les unes médiatiques et les grands réseaux sociaux pour glaner sur les chemins de traverse, dans les librairies, bibliothèques ou sites militants de la cause des femmes et de l'émancipation humaine. Là où les droits humains sont bafoués ceux des femmes le sont généralement doublement, en leur qualité de femmes.

 

Aujourd'hui je ferai court pour vous encourager à lire - et faire lire aux adolescent(e)s, pour créer du débat avec eux, le très concis "féministe encore et toujours" de Françoise Picq - docteur en sciences politiques et chercheuse en sciences sociales. Vingt cinq pages essentielles pour démarrer une réflexion sur l'histoire des femmes depuis la révolution française - de leurs droits et  de leur mise en oeuvre, avec des jeunes filles qui sont trop nombreuses aujourd'hui à valider et reconduire, sans y réfléchir, des stéréotypes sexistes dont elles ont ou auront aussi à souffrir.

Réactualiser l'importance des idées et des luttes de Condorcet, Olympe de Gouges ou Simone de Beauvoir reste à faire non seulement auprès des adolescents (et d'abord de chaque enfant qui nait), mais souvent aussi auprès de leurs éducateurs et enseignants...

 

Pour réenclencher une dynamique positive de l'émancipation féminine, émancipation qui passe à la fois par la liberté individuelle fondamentale de prendre sa vie en main (et de disposer de son propre corps) et non de la subir, et par des libertés collectives qu'il faut défendre et apprendre à articuler aux premières (comme les usages des réseaux sociaux par exemple sur lesquels les femmes sont trop souvent humiliées), il est nécessaire que le débat inclue aussi les garçons et que les idées reçues distillées dès la petite enfance soient non seulement déconstruites mais combattues ensemble... Qu'ils apprennent ensemble à refuser de les colporter et de ne voir les femmes que comme des objets (de désir, de consommation, de soumission - pornographique ou domestique...à l'usage des sujets masculins) mais bien comme des sujets autonomes qui construisent ensemble une relation d'égalité en toute liberté ! Les deux sexes ont tout à gagner de ces libertés nouvelles d'être d'abord un être humain qui pense et qui aime librement avant d'être femme ou homme.

Cette liberté reste à conquérir pour chacun dans tous ses choix de vie, scolaires & professionnels, amoureux, sexuels, religieux... chacun doit pouvoir se forger son identité propre sans qu'elle lui soit imposée par l'autre sexe ou le poids de traditions issues de la nuit des temps...

 


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Pour terminer, une information qui vous aura peut-être échappée et qui m'a éberluée (après mon précédent article), Frédéric Taddéi a été nommé membre du Haut Conseil à l'égalité entre les femmes et les hommes, des  membre nommés à raison de leur compétence et de leur expérience dans les domaines des droits des femmes et de l'égalité entre les femmes et les hommes...

à suivre ... de près !

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Rédigé par Olympe

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Publié le 9 Janvier 2013

2012 s'est envolée sans que je trouve le temps de vous faire part de toutes les informations et nouvelles - bonnes ou mauvaise, qui arrivaient de toutes parts.

Certaines ont connu un grand écho médiatique d'autres moins...

Plusieurs rencontres ont été organisées en décembre pour débattre de l'éducation à l'égalité Filles/Garçons, qui serait à mettre en oeuvre dès la naissance...(ça fait quand même plus de 40 ans qu'on en parle ! cf "Du côté des petites filles", d'Elena Gianini Belotti aux éditions des femmes, qui n'a malheureusement pas vieilli)

Il faut dire que les obstacles sont nombreux et les préjugés tenaces, même les plus archaïques, sur une infériorité - ou tout au moins une faiblesse biologique des femmes, ou sur leurs préférences culturelles miraculeusement "instinctives". Préférences qui les font "jouer" à faire le ménage ou la cuisine, dorloter un poupon au sourire niais ou s'abîmer dans la contemplation de leur image qu'elles n'auront de cesse "d'améliorer" et de transformer pour plaire davantage aux garçons - ce qui doit être bien sûr devenir leur premier souci dans la vie. Il n'est qu'à consulter les sites ou catalogues de jouets qui ont approvisionné les sapins de Noël pour mesurer les différences d'intérêt éducatif et pédagogique entre une bonne partie des jouets vendus aux filles et ceux proposés aux garçons... Imitation domestique, dévouement mais aussi narcissisme et préoccupations consuméristes sont dévolus aux fillettes auxquelles on vend également des mondes "féériques" frelatés sans rapport avec la vie (de femme) qui les attend...

Bien sûr les garçons n'échappent pas non plus à un formatage qui les pousse encore trop souvent à développer à l'excès leur agressivité et une volonté de puissance qui rendra parfois difficiles leurs relations avec les filles puis avec les femmes qui ne seraient là que pour les servir ou les admirer. Ils sont sujets, elles sont objets...de leur dédain avant de devenir celui de leurs désirs parfois tellement "impérieux" ou "incontrôlables" qu'ils les conduiront au harcèlement voire au viol...

 

(Pour méditer sur l'égalité F/G chez les ados, voir ou revoir "La journée de la jupe" - porté par une Adjani magnifique, entourée de jeunes formidables dans ce film qui montre combien il est impossible pour de très nombreuses adolescentes d'aujourd'hui de porter simplement une jupe au quotidien alors que les poupées mannequins de leur enfance en portaient des plus courtes qui soient et que le pantalon était interdit à leurs grands-mères...Toute manifestation de féminité est considérée par nombre de garçons comme une invitation au sexe ou une provocation à réprimer.)

 

Une campagne contre le harcèlement sexuel au travail (malheureusement cela ne concerne pas les collégiennes) vient d'être lancée par le gouvernement.

Rendre visibles et sensibles les souffrances qu'il entraîne est un premier pas, mais travaillons à son éradication en inventant de nouveaux modèles d'éducation plutôt qu'à sa répression quand les préjugés qui le favorisent sont ancrés dans certaines têtes masculines un peu faibles.


 08.jpg

 

Préjugés qui conduisent aussi certains hommes à la volonté de puissance très développée à s'opposer à l'avènement de la parité en politique, en refusant le non-cumul des mandats.

Je vous engage à signer la pétition des Marianne de la République  pour que soit votée et APPLIQUEE une loi en ce sens. Par exemple en ne permettant pas de payer pour s'en exempter !

 

http://www.change.org/fr/p%C3%A9titions/la-limitation-du-cumul-des-mandats-c-est-maintenant

 

Décembre a aussi vu Frédéric Taddéi faire sans vergogne la promotion du proxénétisme sur France 3.

De nombreuses féministes ont décrypté finement cette émission, comme Sophie Péchaud

présidente de l'AVFT, à lire sur :

http://sandrine70.wordpress.com/2012/12/18/ce-soir-plus-jamais-par-sophie-pechaud-de-lavft/

ou Thalia Breton d'Osez le féminisme :

http://leplus.nouvelobs.com/contribution/736763-dodo-la-saumure-invite-chez-taddei-sur-france-3-une-interview-honteuse.html

 

Sans doute que certains font déjà campagne pour la légalisation du proxénétisme, la prostitution étant somme toute "le plus vieux métier du monde" (encore une idée reçue bien ancrée), et "un métier comme les autres"... A ceux qui en seraient convaincus je propose des stages d'insertion sur le terrain - pour eux-mêmes d'abord, puis pour leurs proches des deux sexes.

Pour méditer sur cette question, je vous invite à lire "Putain", l'autobiographie sans complaisance de Nelly Arcand (disponible en livre de poche) . Je me souviens aussi avoir lu lors de sa parution au Mercure de France en 1981  "Moi, Christiane F., 13 ans, droguée, prostituée..."- très claire sur les réalités destructrices d'un monde duquel on ne sort pas indemne (quand on arrive à en sortir).

Et pour faire progresser le débat public sur ces questions, j'invite à nouveau les hommes à s'engager en signant la pétition de l'association "Zéro macho" ...

 

http://zeromacho.wordpress.com/

 

Je terminerai sur une note d'optimisme en vous annonçant que le prix Artemisia 2013 (pour la promotion de la Bande Dessinée féminine) vient d'être remis à Jeanne Puchol pour son album Charonne-Bou Kadir aux éditions Tirésias. Les femmes aussi ont du talent, de l'esprit et des convictions à défendre pour un monde meilleur... Sachons les soutenir et les encourager !

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Rédigé par Olympe

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Publié le 23 Novembre 2012

A vos baskets, gants et bonnets...
allez donc courir ou marcher ce dimanche à la 3ème Mirabal,
c'est pour la très bonne cause !


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Et si vous ne pouvez pas y aller, il ya aussi une manifestation contre les violences faites aux femmes, Bastille (14h30)/place Vendôme ce dimanche...
Dans tous les cas, prenez la parole et ouvrez le débat contre ces violences omniprésentes - qu'elles soient verbales, physiques ou mentales,  et encore trop souvent meurtrières...

 

WafficheVF2012.jpg

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Rédigé par Olympe

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Publié le 19 Novembre 2012

Pour intituler ce billet, je paraphrase le titre du beau documentaire de Pascale Diez, Par les yeux des filles. Son film, réalisé avec des cristoliennes de tous âges, s'attache à faire entendre la parole des femmes sur cinq sujets qui les touchent, dont le travail, l'amour, la politique...
Je retiens ici le commentaire de l'une d'entre elles qui dit que
quand un homme pense à la place d'une femme et bien, il pense mal... Si on ne peut que souscrire à cette assertion, on ne peut aussi que constater qu'encore trop souvent les hommes pensent et parlent à la place des femmes. Qu'ils rédigent ou appliquent les lois, prennent ou accaparent les pouvoirs, les lieux de production ou les terres - encore trop souvent par la force, interprètent ou écrivent les textes religieux, dessinent le visage du monde de demain... C'est souvent en ignorant les femmes, voire contre elles, qu'ils décident et organisent la marche du monde.
Des hommes encore qui décident comment le corps des femmes sera mis au service de la société  marchande globalisée, dans la publicité, la pornographie voire même la prostitution qui s'organise en réseaux transnationaux. Des hommes qui décident de leurs conditions de travail et de rémunérations, au mépris souvent de leurs compétences, qualités et besoins spécifiques. La maternité par exemple, qui devrait d'abord être pensée comme une expérience existentielle fondamentale, est transformée en service monnayable et vue comme un obstacle à la bonne marche et à la rentabilité des entreprises. Elle doit donc être asservie à la production et non la production adaptée aux besoins des femmes...

Ce sont le plus souvent des hommes qui décident aussi de ce qu'elles seront autorisées ou pas à faire de leurs vies et de leurs corps (éducation, travail, autonomie, mariage, [homo]sexualité, avortement, divorce...) en définissant les territoires qui leur seront réservés ou imposés....

Si les philosophes des Lumières ont entrouvert le monde des idées et de la science (aux hommes et) aux femmes dont certaines ont pu s'emparer dans les siècles suivants, j'ai parfois l'impression que notre époque - pétrie d'ambiguïtés et de contradictions inconciliables, tente aujourd'hui de redessiner les territoires et libertés accessibles aux femmes sous couvert du religieux, de la croyance et de la tradition et non plus de la raison, de l'égalité et de l'humanisme.
La laïcité est sans doute le premier outil de l'émancipation des femmes, et aujourd'hui il est attaqué de toutes parts. La connaissance est ravalée partout au niveau de la croyance à laquelle certains voudraient redonner la prééminence. La tentation de l'obscurantisme est grande et trop peu nombreux sont ceux qui osent défendre l'esprit des Lumières qui les a nourris, celui d'une liberté et d'une éducation qui se voulaient universelles et visaient à élargir toujours davantage les champs de la connaissance en déconstruisant les croyances, idéologies ou coutumes archaïques.

Devant le chaos du monde, les Lumières semblent donc parfois vaciller ou s'éteindre pour laisser place à un relativisme absolu qui permet aux pires injustices de prospérer sous couvert de "nécessités économiques" ou de "lois du marchés" devant lesquelles les individus se sentent impuissants quand leur tissu social est déchiré voire mis en lambeaux. Alors partout les sectes prospèrent (des Etats-Unis à l'Afrique en passant par l'Europe) et le religieux masque l'incurie, la violence et l'avidité criminelle des hommes derrière la volonté d'un dieu, comme
Richard Mourdock, un politicien américain républicain pour qui une grossesse issue d'un viol est "une volonté de Dieu" - après que Todd Akin ait affirmé que le corps d'une femme pouvait éviter la grossesse en cas de "viol forcé".(qu'il doit opposer au "viol consenti"...)  
Ces bien mal pensants mélangent la connaissance et la croyance et faute d'être capables d'assimiler des connaissances historiques et médicales qui contredisent leurs préjugés, je leur conseille de prendre connaissance du remarquable travail photographique de
Jonathan Torgovnik qui a réalisé une série de portraits de femmes rwandaises ayant subies des viols en 1994. Non seulement il les a photographiées avec les enfants issus de ces viols, mais il donne à entendre leurs témoignages sur ce qu'elles ont vécu. L'horreur et l'ignominie affleurent dans chacun d'entre eux et on ne peut qu'être bouleversés par les indicibles et irréparables souffrances qu'elles ont endurées, en charge d'enfants qu'elles ne parviennent pas toujours à aimer tant les circonstances de leur conception sont épouvantables et leurs grossesses réprouvées par la société dans laquelle elles vivent. Dans (presque ?) tous les pays du monde, les femmes victimes de viols sont aussi victimes de l'opprobre sociale qui les amène souvent à taire ce qu'elles ont subi plutôt qu'à saisir la justice, mais qu'une grossesse (non désirée) met au vu et au su de tous faute d'avoir pu recourir à son interruption.
(http://www.torgovnik.com/pages/gallery/39)


En gardant donc en point de mire le respect universel - non négociable, des droits humains, je souscris au principe de Caroline Fourest pour qui la boussole reste toujours orientée vers ceux des femmes, de leurs droits, de leur liberté et de leur intégrité physique et morale. Et je tiens dans ce billet à lui adresser un message de ce soutien suite à l'agression subie (ainsi que les membres de Femen) ce week-end lors de la manifestation contre le mariage pour tous, qu'elle couvrait en tant que journaliste - journaliste investiguant particulièrement sur les questions liées aux intégrismes religieux. (Ce sont des intégristes catholiques qui avaient appelé à manifester).

A ceux qui prétendent que le mariage homosexuel est "contre nature" je rappelle que le mariage n'est en rien une manifestation naturelle de notre classe de mammifère un peu particulière, mais bien une institution humaine créée pour mettre en oeuvre un certain ordre social, assurer aux plus riches des droits pour leurs héritiers et maintenir les femmes sous domlnation masculine puisque pendant des siècles le mariage les a maintenues en France dans un statut de mineures devant la loi, inféodées qu'elles étaient à leurs époux après l'avoir été à leurs pères.
Si après 68 les luttes libertaires revendiquaient plutôt la suppression du mariage, symbole de l'oppression petite-bourgeoise des femmes, notre époque plus conservatrice défend cette institution tout en souhaitant la rénover. Elle constitue aussi pour certain(e)s un repère dans une époque qui semble en manquer parfois cruellement et nous livrer à l'arbitraire économique, social et politique.
Si le mariage est vu aujourd'hui par nos concitoyens avant tout comme une institution permettant de revendiquer publiquement son engagement amoureux et de le sceller par un contrat social à long terme qui en protège les deux parties, il doit bien être accessible à tous, qu'elle que soit son orientation sexuelle. L'amour est d'abord une construction relationnelle avec une personne, c'est un choix - ou une aventure, qui relève de nos libertés et préférences individuelles, et nul n'a le droit d'en décider à la place d'autrui. Cette loi permettra peut-être à certains de voir reconnaître la légitimité de sentiments qu'ils vivent le plus souvent clandestinement puisque des études estiment qu'environ les 2/3 des homosexuels cachent leurs préférences amoureuses - au moins à leur environnement professionnel et parfois social et familial. Faire tomber un pan de l'hypocrisie sociale vieux de quelques siècles va certainement modifier un peu le visage de notre société, mais on ne peut que s'en réjouir et il semble assez stupide de prétendre que ce nouveau droit va créer des "vocations"...

Pour conclure sur ces deux sujets, deux livres à lire, méditer et partager,

"Le bleu est une couleur chaude", la très belle et sensible bande dessinée de Julie Maroh chez Glénat qui permet d'accompagner les adolescent(e)s dans leur questionnements identitaires en rappelant à tous que l'homosexualité n'est ni un crime ni une maladie et que l'homophobie est une forme de racisme aussi intolérable que les autres et qui, comme telle, doit être combattue avec la même force par tous les défenseurs des droits humains. Elle génère souffrances et violences pour les (jeunes) gens qui la subissent, et entrave leur développement, les conduisant parfois au suicide.

Enfin puisque que nous approchons du 25 novembre, journée dédiée à la lutte contre les violences faites aux femmes (toute l'année elles), je vous recommande aussi le livre de Philippe Brenot, "Les violences ordinaires des hommes envers les femmes", chez Odile Jacob. Psychiatre et thérapeute, il analyse leurs mécanismes et ouvre des pistes pour les combattre, en commençant par l'instauration d'une attitude égalitariste dès le plus jeune âge et un refus de toute violence verbale et physique chez les enfants à l'égard de leurs camarades. Les violences des adultes résultent le plus souvent de comportements enracinés dans l'enfance, de modèles parentaux, d'un déficit de paroles et surtout de l'absence de prise en compte de la différence de l'autre féminin qui est inféodé à une volonté de puissance androcentriste qui supporte mal d'être entravée ou remise en cause. En tout état de cause ces violences ne cesseront pas tant qu'un travail sur une mixité égalitaire et pacifique ne sera pas fait dès le plus jeune âge. On ne fait que subir de la part des adultes des comportements qui ont été mis en place dans l'enfance mais qui, comme le rapporte fort à propos Philippe Brenot, peuvent être désappris comme ils ont été appris. A condition de les reconnaître et de ne pas se cacher derrière une personnalité immuable, "je suis comme ça et n'y peut rien..."
Quoiqu'il en soit tous les milieux sont concernés, riches ou pauvres ,lettrés ou ignorants, nous connaissons tous une femme qui subit des violences ou un homme qui en inflige...voire même les deux comme le raconte avec beaucoup de sensibilité Yves Jamait dans sa chanson Je passais par hasard...
 http://www.youtube.com/watch?v=z_DSNRzujTw

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Rédigé par Olympe

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Publié le 23 Octobre 2012

Décidément en ce moment les évènements me forcent à y revenir souvent...
mais je tenais à partager avec vous quelques informations et actions en cours.

D'une part, ne lâchons pas nos étoiles russes ! Si l'une a retrouvé son firmament, les deux autres sont toujours dans les geôles d'un pouvoir tout sauf féministe et démocratique. Le fait du prince envoie sous les verrous (au mieux), ceux qui ont le malheur de lui déplaire, même avec une chanson...

donc pensez à signer cette pétition pour demander la libération des deux Pussy Riot encore détenues

http://www.amnesty.fr/AI-en-action/Protegeons-les-personnes/Personnes-en-danger/Actions/Russie-liberez-les-2-Pussy-Riot-encore-detenues-6489


Questions toiles, je vous recommande Ombline de Stéphane Cazes, un film porté tout en force et fragilité par Mélanie Thierry qui nous fait sentir et mesurer sans pathos la violence faite par notre système pénitentiaire à des personnes souvent déjà très abimées par la société. (la majorité des détenu(e)s de nos prisons (4% de femmes environ) ont des origines sociales des plus modestes voire très défavorisées.) Comment peut-on encore enfermer, parfois pour longtemps, des femmes enceintes ou accompagnées de jeunes enfants qui de fait subissent aussi la peine et engramment déjà un fort traumatisme infantile. Comment notre société qui se pense si "évoluée", n'est-elle pas capable d'imaginer et mettre en place des mesures actives - et non passives et coercitives, qui visent réellement à reconstruire et (ré)insérer les personnes tombées sous le coup de la loi ?

Vous pouvez également voir Khaos, un documentaire d'Ana Dumitrescu réalisé dans l'urgence et avec très peu de moyens pendant les premiers mois de cette année 2012, pour rendre compte des souffrances d'un peuple mis à genoux par les instances financières internationales.
Dans une suite de portraits sans fard, nous voyons les effets destructeurs de l'austérité et de la récession économique sur la vie quotidienne de millions de gens privés de moyens d'existence et parfois de tout espoir. Est-ce un portrait de l'Europe à venir ? Comment peut-elle travailler à détruire ses propres populations ?

On constate un recul de plusieurs dizaines d'années en matière de progrès social (la suppression des conventions collectives par exemple en matière de droit du travail qui se transforme en loi de la jungle...), un pays où le nombre de suicides dus au désespoir total ne cesse d'augmenter, où des enfants ont faim, où des gens vivent dans la rue faute de foyer et de services sociaux... Les grecs n'attendent plus rien de leur état qui a perdu toute souveraineté et qui est maintenant entre les mains des banquiers qui dépècent un pays où de larges étendues urbaines à l'abandon se dégradent très vite. Presque des images de guerre parfois, de guerre économique en tous cas.
La solidarité réinvente les soupes populaires, certains se replient sur les campagnes pour y (ré)inventer de nouveaux modes de vie avec davantage de frugalité...et un retour à de plus saines pratiques agricoles (sur ces questions ne ratez pas
Les Moissons du futur de Marie-Monique Robin.)

Enfin toujours sur vos écrans, sort en ce moment le documentaire d'Hélène Harder, Ladie's turn qui nous fait vivre le défi d'un tournoi de foot féminin au coeur des quartiers dans un Sénégal qui a parfois du mal à abandonner les vieux stéréotypes masculins qui cantonnent encore trop souvent les femmes dans les rôles traditionnels d'épouses et de mères... Elles doivent se battre pour pouvoir pratiquer dignement le sport qu'elles aiment alors que n'importe quel garçon peut passer son temps à taper le ballon avec ses copains...

PROJECTION LE 25 OCTOBRE A PARIS
à 20h au Nouveau Latina
20 rue du temple dans le 4ème, en présence de la réalisatrice

Pour terminer avec toutes ces femmes en résistance, je vous annonce la sortie d'un nouveau magazine qui rend compte de leurs actions tout autour du globe, qu'elles résistent contre les violences, la domination masculine, l'injustice, la corruption, la pauvreté ou l'analphabétisme...
http://femmesenresistancemag.wordpress.com/

...abonnez-vous pour que ce magazine puisse exister remplir sa mission en nous informant des luttes des femmes qui avancent de par le monde..les femmes ne sont pas que des victimes, ce sont d'abord et surtout des actrices engagées dans l'évolution du monde vers davantage de paix et de justice . Ce changement passera par elles ou ne se fera pas...ce dont l'humanité pourrait bien ne pas se remettre...

Enfin pour clore ce billet sur une note optimiste, et en musique, je vous propose de découvrir les Rimes féminines de Juliette...
http://www.youtube.com/watch?v=zf709RqaKYg

 

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Rédigé par Olympe

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